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C'est le pourcentage de joueurs de NBA, soit 108 sur 450 cette saison, qui n'étaient pas américains, mais originaires de 42 pays différents, un autre record. Mieux : tous ces étrangers (il y en avait au moins un dans chaque club) n'usent plus leur short sur le banc, comme c'était parfois le cas dans le passé. Au contraire : le Grec Giannis Antetokounmpo (Milwaukee Bucks), l'Australien Ben Simmons (Philadelphia 76'ers), le Camerounais Joel Embiid (Philadelphia 76'ers), le Letton Kristaps Porzingis (New York Knicks) et le nouveau prodige slovène Luka Doncic (Real Madrid) - qui sera probablement choisi dans le Top 3 à la prochaine draft - figureront dans x années parmi les figures marquantes de la NBA. Certains le sont d'ailleurs déjà.
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C'est le pourcentage de joueurs de NBA, soit 108 sur 450 cette saison, qui n'étaient pas américains, mais originaires de 42 pays différents, un autre record. Mieux : tous ces étrangers (il y en avait au moins un dans chaque club) n'usent plus leur short sur le banc, comme c'était parfois le cas dans le passé. Au contraire : le Grec Giannis Antetokounmpo (Milwaukee Bucks), l'Australien Ben Simmons (Philadelphia 76'ers), le Camerounais Joel Embiid (Philadelphia 76'ers), le Letton Kristaps Porzingis (New York Knicks) et le nouveau prodige slovène Luka Doncic (Real Madrid) - qui sera probablement choisi dans le Top 3 à la prochaine draft - figureront dans x années parmi les figures marquantes de la NBA. Certains le sont d'ailleurs déjà. Ils ont tous leur propre histoire, comme celle d'Antetokounmpo, fils d'immigrés nigérians qui ont grandi dans la misère à Athènes. Il vivait de petits boulots dans la rue et a appris les rudiments du basket dans un club de D2. Ou comme celle d'Embiid, qui n'a commencé le basket qu'à 15 ans, avant de quitter le Cameroun un an plus tard pour rejoindre un collège privé en Floride avec l'objectif de devenir professionnel. De zéro à héros : des histoires dont la NBA raffole et qui doivent inspirer d'autres joueurs à travers le monde. L'internationalisation se poursuit et ne semble plus connaître de limites. Ainsi, les Phoenix Suns viennent d'engager le coach serbe Igor Kokoskov (qui a conduit la Slovénie au titre de champion d'Europe, l'été dernier). Il est le premier headcoach de NBA qui ne soit pas né aux États-Unis. Lui et beaucoup d'autres coaches européens avaient déjà traversé l'Atlantique, mais pour remplir un rôle d'assistant. De plus en plus, les franchises de NBA envoient leur scouts à travers le monde à la recherche de nouveaux talents. Et ceux-ci sont de plus en plus appréciés. Ils se fraient un chemin dans le sillage des pionniers comme Drazen Petrovic, Vlade Divac, Arvydas Sabonis, Hakeem Olajuwon, Dirk Nowitzki, Yao Ming, Manu Ginobili, Pau Gasol et Tony Parker, qui ont ouvert la voie entre1990 et 2010. La marque NBA a explosé au niveau mondial après la démonstration de la Dream Team aux Jeux Olympiques de Barcelone en 1992, mais dans les années qui ont suivi, la plupart des étrangers arrivés en NBA ont encore été considérés comme trop tendres. Ce n'est plus le cas. Un quart de siècle plus tard, la NBA a elle-même ouvert la porte, en créant des Global Basketball Academies en Afrique, en Australie, au Mexique, en Inde et en Chine. Elle veut, de cette manière, recruter les plus grands talents - de 14 à 18 ans - et leur offrir une formation de pointe qui doit leur permettre d'évoluer, plus tard, dans la grande ligue. C'est le prolongement de Basketball Without Borders, une initiative temporaire à l'origine, mais dans laquelle elle s'investit désormais à temps plein. C'est aussi le cas de la G-League, organisée aux États-Unis et qui oppose des filiales des franchises de NBA. L'ancienne Development League a non seulement reçu une nouvelle dénomination avec l'arrivée du sponsor Gatorade, mais a aussi gagné en importance dans son rôle de compétition formatrice pour joueurs de collège américains et étrangers. L'introduction de contrats two-way permet désormais à des joueurs de G-League d'évoluer pendant 45 jours avec la maison mère, en NBA. Avec l'afflux de joueurs étrangers, la NBA s'implante aussi davantage sur le marché mondial. Beaucoup plus, en tout cas, que les autres grands sports américains, comme le football américain (NFL), le hockey sur glace (NHL) et le baseball (MLB). Des matches de saison régulière sont organisés à Londres (depuis 2011 déjà) et au Mexique, et des matches de preseason organisés en Europe et en Asie. Surtout en Chine, où l'on dénombre pas moins de 300 millions de basketteurs. En 2015, la NBA a conclu un accord d'une valeur de 670 millions d'euros avec Tencent, la troisième société d'internet du monde, afin qu'elle diffuse des images sur sa plate-forme online. Le projet NBA China, démarré il y a dix ans, vaut aujourd'hui 3,4 milliards d'euros. La NBA s'attaque désormais à un autre marché gigantesque : l'Inde. Ce pays a lui-même conquis une petite parcelle de NBA, depuis que le milliardaire Vivek Ranadive a racheté les Sacramento Kings en 2013. Ces échanges à l'échelle planétaire ne feront que s'accentuer au cours des prochaines années. C'est le nombre de suiveurs que compte la NBA sur les trois principaux réseaux sociaux (27,7 millions sur Twitter ; 35,2 millions sur Facebook ; 28,1 millions sur Instagram). Elle dépasse la NFL (59 millions) et la Premier League (76 millions). Aucune autre compétition n'est aussi active sur les réseaux sociaux. On ne doit donc pas s'étonner que l'âge moyen des téléspectateurs de matches de NBA aux États-Unis soit de 42 ans, pour 50 ans en NFL et 57 ans en MLB. La NBA incite même ses vedettes à raconter leurs anecdotes sur les réseaux sociaux, afin de toucher les (jeunes) fans de basket dans le monde entier. Une bonne stratégie de marketing ne s'appuie plus uniquement sur les victoires, mais sur de belles histoires. Les joueurs sont encouragés à se profiler comme des personnes multidimensionnelles. Des vedettes comme Russell Westbrook et James Harden sont devenues des icônes de la mode avec leurs tenues extravagantes. L'autre méga-vedette, le roi des trois points Stephen Curry, est, à sa manière, le gendre idéal. Il n'est pas pour rien le sportif préféré des Américains âgés de 12 à 17 ans, selon un sondage ESPN. Ces vedettes ont toutes leur propre profil et n'hésitent pas à donner leur avis sur des sujets de société ou politiques. Curry, Dwyane Wade, Kevin Durant et LeBron James, mais aussi de grands coaches comme Steve Kerr et Gregg Popovich, ont fait office de pionniers, en abordant des sujets comme les problèmes raciaux ou la détention d'armes. Régulièrement, ils font également la leçon au président Donald Trump. Stephen Curry et ses équipiers des Golden State Warriors ont même refusé l'invitation traditionnelle à la Maison Blanche après le titre de l'an dernier. Même si leur avis n'est pas partagé par tous les fans, la NBA ne les empêchera jamais de s'exprimer. La liberté de parole est sacrée. LeBron James et Cie sont devenus de véritables influenceurs. En s'exprimant sur des thèmes d'actualités, ils contribuent aussi à promouvoir la NBA. C'est le nombre de spectateurs qui ont franchi les portes d'une enceinte de NBA ; un chiffre en augmentation pour la quatrième saison d'affilée. Cela représente une moyenne de 17.978 spectateurs par match, et un nombre record de 741 matches à guichets fermés, pour un taux d'occupation de 95 %. Des chiffres que l'on doit, entre autres, au confort des sièges, à la qualité des animations, à la variété de l'offre horeca, aux dimensions de plus en plus impressionnantes des panneaux d'information et d'images, et à l'installation du wi-fi dans toutes les salles. Il y a quelques années, c'était encore perçu comme une menace - " Les fans regarderont plus leur smartphone que le match " - mais aujourd'hui, c'est devenu tout à fait normal. Plus les supporters partagent leur expérience sur les réseaux sociaux, mieux c'est. Grâce à des analyses très poussées et aux avis d'experts dans tous les domaines possibles, de la Silicon Valley à Wall Street, la NBA optimalise les expériences qu'elle offre aux fans. Avec, comme leitmotiv : ce n'est pas chaque minute, mais chaque seconde qui compte pour attirer l'attention du spectateur dans la salle. Récemment, un accord de collaboration a encore été annoncé avec Intel afin d'améliorer les expériences des fans via la technologie. Ce n'est pas un hasard si Intel a été choisi : c'est l'un des principaux partenaires de la NBA 2K League, une compétition d'e-sport qui a été lancée début mai. Un business florissant : la NBA a vu une opportunité et s'est empressée de la saisir. 17 des 30 clubs ont engagé des gamers professionnels. Une draft géante a même été organisée. Cette initiative-là doit aussi accroître l'intérêt pour la NBA. Les statistiques démontrent en effet que les jeunes gamers, qui se comptent désormais en millions, deviennent souvent des fans du vrai basket également. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, les amateurs de basket restent globalement fidèles à leur écran de télévision. Les quatre chaînes ( ABC, TNT, ESPN et NBA TV) qui retransmettent des matches de NBA enregistrent cette saison leurs meilleurs chiffres d'audience depuis cinq ans. Avec, surtout, une hausse substantielle au niveau de la tranche d'âge allant de 18 à 34 ans (plus 14%). Plus important encore : la hausse énorme (+ 63 % comparé à 2016-17) enregistrée dans les ventes du NBA League Pass qui permet, contre paiement, de regarder tous les matches (ou une sélection d'entre eux, ceux de votre équipe favorite par exemple) via livestreaming. Actuellement, la NBA teste également un format qui permet, lorsque le match est serré et donc passionnant, de regarder le dernier quart-temps pour le prix modique de 99 cents. La hausse du nombre de spectateurs et de téléspectateurs est, selon le grand patron Adam Silver, la conséquence de la stratégie adoptée par la NBA en matière de réseaux sociaux. La Ligue ne considère pas Twitter et Cie comme des concurrents, mais comme des associés pour leurs fidèles partenaires TV, susceptibles d'augmenter l'engagement des fans. La NBA fait même la promotion des courts résumés et des faits saillants diffusés sur YouTube, Facebook... - couplés, bien évidemment, à la publicité. Car, estime Silver : " Des snacks gratuits - la diffusion des faits saillants - mettent l'eau à la bouche des fans, qui auront envie de commander un repas complet, autrement dit, un match entier. " Malgré les changements rapides opérés dans le paysage médiatique, la retransmission des matches en direct s'effectuera toujours via les canaux traditionnels comme la télévision, dans cinq ou dix ans, pense Silver. Mais elle sera couplée aux réseaux sociaux et à diverses applications. Ce qui doit inciter, encore plus, à vouloir vivre un match en direct sur place, dans les salles. La NBA tente également d'augmenter les chiffres dans ce domaine. Pas seulement pour les spectateurs dans les salles, mais aussi pour les fans qui restent à la maison. Elle étudie la manière de reproduire au mieux, à la télévision, l'expérience que l'on vit lorsqu'on assiste à un match assis au premier rang d'une salle. En permettant, par exemple, d'entendre les conversations entre les joueurs, les coaches et les arbitres. Aujourd'hui, déjà, on peut regarder des matches NBA en réalité virtuelle dans 215 pays, avec des casques 360 degrés de Samsung ou Google. Cela doit inciter les gens à vouloir vivre l'expérience sur place, aux États-Unis. La NBA s'efforce aussi de rendre les matches plus vivants. En réduisant, par exemple, le nombre de temps morts autorisés sur un match : il est passé de neuf à sept par équipe, d'une durée d'exactement 75 secondes. Et la mi-temps dure désormais un quart d'heure, pas une minute de plus. La durée moyenne d'un match de NBA est désormais de 2 heures et 15 minutes, soit 8 minutes de moins qu'il y a quelques années. Une durée plus adaptée au consommateur moyen, plus jeune. À titre de comparaison : un match de base-ball dure, par exemple, 3 heures et 5 minutes ; et un match de football américain, 3 heures et 30 minutes, en ce compris les 70 ( ! ) messages publicitaires. Un autre pôle d'attraction réside dans la grande évolution subie par le jeu en lui-même. Une évolution initiée par le champion actuel, les Golden State Warriors. Des scores plus élevés, des tirs à trois points à profusion, un rythme plus rapide, des passes plus nombreuses... Bref, du basket à la Guardiola, beaucoup plus attractif que le jeu à la Mourinho du début des années 2000. En outre, le réservoir des joueurs de haut niveau est plus profond et plus large que jamais. C'est, selon le magazine économique Forbes, la valeur moyenne, en euros, des 30 franchises de NBA la saison dernière. Une valeur qui a triplé ( ! ) au cours des cinq dernières années et qui est 22 % plus élevée que la saison dernière. C'est moins que la valeur des clubs de NFL (2,1 milliards d'euros en moyenne, soit 50 % en plus), mais selon les observateurs, la NBA pourrait, à moyen terme, combler cet écart qui la sépare du football américain, sport dominant aux États-Unis. Aujourd'hui déjà, chaque franchise de NBA vaut au moins 1 milliard de dollars, environ 850 millions d'euros. En octobre 2017, les Houston Rockets ont même été vendus pour une somme record de 1,85 milliard d'euros. Et en avril 2018, l'oligarque russe Mikhail Prokhorov - qui est depuis 2010 le premier propriétaire non-américain d'une franchise NBA - a même vendu pour 1,95 milliard d'euros 49 % de ses parts des Brooklyn Nets à Joseph Tsai, cofondateur de la société chinoise d'e-commerce Alibaba. Avec une option pour acheter le reste en 2021 pour la même somme. Curieusement, selon Forbes, ce seraient les New York Knicks qui auraient la plus grande valeur marchande : 3 milliards d'euros. L'équipe est pourtant en déclin ces dernières années, mais New York reste, aux États-Unis, la plus grosse pomme dans laquelle on croque à pleines dents. Les Knicks profitent aussi de la rénovation du légendaire Madison Square Garden, estimée à 850 millions d'euros. Dans le classement de Forbes, ils figurent dans le Top 10 des clubs sportifs qui ont la plus grande valeur marchande, derrière les Dallas Cowboys (NFL, 3,5 milliards d'euros), les New York Yankees (MLB, 3,14 milliards), Manchester United (3,13 milliards), le FC Barcelone (3,09 milliards) et le Real Madrid (3,04 milliards). Les LA Lakers (2,8 milliards) figurent en neuvième position. C'est le deuxième club de NBA dans le classement. Eux aussi sont à la recherche de leur passé glorieux, mais ils représentent un grand marché. Rien qu'avec les accords conclus avec des chaînes de télé locales, les Lakers gagnent 10 à 15 fois plus que d'autres clubs représentant un plus petit marché. Leur position est cependant menacée par le champion, les Golden State Warriors, qui jouent la finale depuis quatre années consécutives. Ils valent pour l'instant 2,6 milliards d'euros, 19 % de plus que l'année passée. Grâce, en partie, à l'Oracle Arena qui affiche toujours sold out, et où 40.000 ( ! ) fans figurent sur une liste d'attente pour un abonnement. Cette salle a une capacité de 19.600 places et rapporte 3 millions d'euros à chaque match de play-offs. Les Warriors attendent l'ouverture, en 2019, de leur nouvel et hyper moderne Chase Center à San Francisco, de l'autre côté du Golden Gate Bridge, qui a coûté 850 millions. Cette nouvelle arène devrait encore booster davantage les entrées, même pour un petit marché comme Sacramento. Detroit et Milwaukee, également des petits marchés qui ont inauguré une nouvelle salle ces dernières années, en ont eux aussi profité. Ce sont les rentrées totales de la NBA dution de 25 % par rapport à la saison antérieure. Le bilan du champion, Golden State, affiche - comme celui des Knicks et des Lakers - un bénéfice de plus de 85 millions d'euros. Le bénéfice moyen des autres équipes (avant impôts) est de 43,5 millions d'euros. Les rares clubs qui ont enregistré un déficit d'exploitation (à cause, par exemple, d'une masse salariale trop élevée malgré le plafond salarial imposé) peuvent s'en sortir grâce à la répartition du jackpot total - un système communiste. Cette hausse importante (+ 25%) s'explique entre autres par les nouvelles salles, mais aussi par le nouveau contrat TV que la NBA a conclu en 2014 avec ESPN (Disney) et TNT (Time Warner). Pour s'offrir les droits de retransmission aux États-Unis, ces chaînes ont payé, pour la période allant de 2016-17 à 2024-25, quelque 2,2 milliards d'euros par saison, 186 ( ! ) % de plus que le contrat TV précédent (725 millions d'euros). Un accord juteux pour la NBA, avait-on dit en 2014, mais dix ans plus tard, vu le boom de la compétition, il apparaît que ce sont surtout les chaînes de télé qui ont fait une bonne affaire. À côté de cela, la NBA a aussi enregistré une augmentation de 25 % en matière de merchandising et de sponsoring, comme les petits logos de firmes qui apparaissent sur les maillots depuis la saison dernière. Ces sponsors maillots représentent une primeur, car c'était du jamais vu dans le passé. Une manne financière non négligeable. 19 équipes de NBA ont déjà apposé un petit logo, qui ne fait guère plus de 6,35 cm, sur leur maillot. Cela leur rapporte en moyenne 7,5 millions d'euros par saison. Les Golden State Warriors ont même reçu 50 millions pour trois ans de la firme japonaise d'e-commerce Rakuten (qui est également le sponsor maillot du FC Barcelone). Un jackpot encore plus lucratif sera actionné ces prochaines années. La Cour Suprême américaine a en effet supprimé une loi datant de 1992 qui interdisait les paris sportifs aux États-Unis. Actuellement, ils ne sont autorisés qu'au Nevada, où Las Vegas est la capitale du jeu. Si d'autres États les autorisaient également à l'avenir, la NBA percevrait encore beaucoup plus d'argent en publicité et sponsoring de la part des sociétés de paris. Elle voudrait en outre percevoir 1 % sur tous les paris, une integrity fee, afin de couvrir les frais de l'influence négative sur son intégrité. En échange de quelques dizaines de millions de dollars, le grand patron Adam Silver finira par accepter, malgré ses réticences actuelles. Il y a effectivement une raison pour laquelle la NBA n'arrêtera jamais de grandir... Par Jonas Creteur