Jeroen Straathof, qui dirige les patineurs belges présents aux Jeux Olympiques de Pékin, s'est montré satisfait que le Tribunal arbitral du sport (TAS) se soit prononcé dans l'affaire de la patineuse artistique Kamila Valieva avant le programme court prévu mardi. "Maintenant la situation est claire avant demain", a-t-il déclaré lundi.

Malgré un contrôle positif à une substance interdite en décembre 2021, le TAS a confirmé la levée de la suspension provisoire de l'adolescente de 15 ans par l'agence antidopage russe (Rusada), considérant que la priver d'épreuve avant même d'avoir examiné le fond de l'affaire lui causerait un préjudice "irréparable". Championne d'Europe et invaincue cette saison, Valieva, déjà en or dans la compétition par équipes à Pékin, est la grandissime favorite au sacre olympique dans une compétition qui verra la Belge Loena Hendrickx tenter de confirmer ses bonnes performances, notamment une 4e place à l'Euro et une 5e aux Mondiaux.

"Nous sommes évidemment concentrés sur les performances de Loena, nous voulons tout faire pour qu'elle puisse faire aussi bien que possible. Nous avons évidemment évoqué cette affaire, mais je suis heureux de voir que Loena se concentre davantage sur l'exécution de son programme court", a encore expliqué Jeroen Straathof, qui attend de voir la suite réservée au cas Valieva. En effet, le TAS ne s'est pas prononcé sur le fond de l'affaire mais bien sur la suspension provisoire de l'adolescente russe. "Sur base de faits très limités, il a été déterminé qu'aucune suspension provisoire ne devait être prononcée à l'encontre de l'athlète", a écrit le TAS dans son communiqué, s'appuyant notamment sur le fait que Valieva était une "personne protégée" au regard du code antidopage en raison de son âge (moins de 16 ans).

Selon Jeroen Straathof, toute l'agitation autour de cette histoire laissera des traces sur la jeune Valieva, pourtant impériale cette saison. "J'étais à l'entraînement de Loena Hendrickx ce lundi. C'était ensuite au tour de Valieva et j'ai pu constater toute l'attention médiatique portée à la patineuse. C'est clair que cela peut avoir un impact sur une jeune fille de 15 ans à peine. J'espère qu'elle sera bien entourée, comme nous encadrons bien Loena."

Loena Hendrickx, 23e à entrer sur la glace mardi lors du programme court

Loena Hendrickx a été versée dans le quatrième des cinq groupes de six patineuses. Selon le programme, elle effectuera son programme court sur le coup de 21h25 en Chine, soit 14h25 belges. L'Ukrainienne Anastasiia Shabalova ouvrira le bal à 18h (11h belges) alors que la Russe Kamila Valieva, invaincue cette saison et grandissime favorite à l'or olympique, figure dans le dernier groupe. La patineuse d'Arendonk, 22 ans, a démontré cette saison qu'elle était une candidate légitime au top 8. Cinquième des derniers Mondiaux et quatrième de l'Euro de Tallinn il y a un mois, elle a prouvé avoir les capacités pour lutter avec les meilleures, notamment en réalisation un nouveau record personnel au GP d'Italie début novembre avec la note finale de 219.05.

Loena Hendrickx sera la 23e patineuse à entrer sur la patinoire de Pékin ce mardi lors du programme court., iStock
Loena Hendrickx sera la 23e patineuse à entrer sur la patinoire de Pékin ce mardi lors du programme court. © iStock

Le CIO attendra avant de remettre les médailles

Le Comité international olympique (CIO) a annoncé lundi, après la décision rendue par le Tribunal arbitral du sport (TAS) autorisant la patineuse artistique russe Kamila Valieva à participer à l'épreuve individuelle des JO de Pékin malgré un contrôle antidopage positif, vouloir attendre une décision sur le fond de l'histoire avant de remettre les médailles de l'épreuve par équipes, remportée par la Russie et Valieva.

Si la Russe, également grandissime favorite au sacre olympique, venait à terminer sur le podium de l'épreuve individuelle, le CIO ne procédera pas non plus à la traditionnelle remise des médailles, estimant que c'était inapproprié et préférant attendre que le fond de l'affaire soit tranché, ce qui peut prendre plusieurs mois. Il le fera, en consultation avec les athlètes et les comités olympiques nationaux concernés, une fois l'affaire réglée. "Le CIO demande également à la fédération internationale de patinage (ISU) de permettre à la 25e classée du programme court de pouvoir disputer le programme libre si Mme Valieva venait à se qualifier pour celui-ci", a ajouté le Comité international olympique dans son communiqué.

Kamila Valieva a été testée le 25 décembre après une participation de la Russe à une épreuve à Saint-Pétersbourg mais l'annonce de sa positivité a été faite le mardi 8 février, soit au lendemain du sacre collectif russe.

L'AMA n'est pas satisfaite de la décision

L'Agence mondiale antidopage (AMA) a fait part de sa déception après la décision rendue lundi par le Tribunal arbitral du sport (TAS) autorisant la patineuse artistique russe Kamila Valieva à participer à l'épreuve individuelle des JO de Pékin, malgré un contrôle antidopage positif.

L'AMA, comme le Comité international olympique (CIO) et la fédération internationale de patinage (ISU), ont fait appel de la levée de la suspension par l'Agence antidopage russe (RUSADA) devant le TAS, estimant qu'elle était non conforme au Code mondial antidopage. "Il apparaît que le panel du TAS a décidé de ne pas appliquer les termes du Code, qui ne prévoient pas d'exceptions spécifiques en matière de suspensions provisoires pour les "personnes protégées", y compris les mineurs", a écrit l'instance dans un communiqué.

En effet, le TAS a appuyé son argumentaire sur le fait que Valieva était une "personne protégée" au regard du code antidopage en raison de son âge (moins de 16 ans) et que les règlements ne font pas état de suspension provisoire prononcée aux personnes protégées, statut qui implique des règles de preuve spécifiques et des sanctions allégées. L'AMA a aussi largement décrié le délai entre le test, effectué le 25 décembre après une participation de la Russe à une épreuve à Saint-Pétersbourg, et l'annonce de sa positivité mardi 8 février.

"Concernant l'analyse de l'échantillon de l'athlète, l'AMA attend de toutes les organisations antidopage qu'elles contactent les laboratoires avec lesquels elles travaillent pour accélérer l'analyse des échantillons liés à des athlètes qui s'apprêtent à participer à de grandes manifestations telles que les Jeux Olympiques ou Paralympiques, puis qu'elles mènent promptement la gestion des résultats de tout cas en résultant, pour faire en sorte que les cas soient réglés avant le début de la grande manifestation sportive en question."

L'AMA a aussi égratigné la RUSADA car, selon ses informations, elle n'avait "pas indiqué l'échantillon concerné comme étant prioritaire pour l'analyse quand le laboratoire antidopage de Stockholm l'a reçu". "Cela a fait en sorte que le laboratoire ne pouvait pas savoir que l'analyse de cet échantillon était prioritaire", a ajouté l'AMA.

"Déçus par le message envoyé", estime le Comité olympique américain

Le Comité olympique américain (USOPC) s'est dit "déçu" par la décision rendue lundi par le Tribunal arbitral du sport (TAS) autorisant la patineuse russe Kamila Valieva à participer à l'épreuve individuelle des JO de Pékin, malgré un contrôle antidopage positif.

"Nous sommes déçus par le message envoyé par cette décision. Les athlètes ont le droit de savoir qu'ils se battent avec les mêmes chances. Malheureusement aujourd'hui ce droit a été nié. Cela semble être un nouveau chapitre du mépris systémique et généralisé de la Russie pour un sport propre", écrit la présidente de l'USOPC, Sarah Hirshland dans un communiqué. De son côté, le Comité olympique russe (ROC) a qualifié la décision du TAS de "meilleure nouvelle de la journée".

"Tout le pays la soutient ainsi que toutes nos patineuses pour l'épreuve individuelle" mardi, a dit le ROC sur sa chaîne Telegram.

Jeroen Straathof, qui dirige les patineurs belges présents aux Jeux Olympiques de Pékin, s'est montré satisfait que le Tribunal arbitral du sport (TAS) se soit prononcé dans l'affaire de la patineuse artistique Kamila Valieva avant le programme court prévu mardi. "Maintenant la situation est claire avant demain", a-t-il déclaré lundi. Malgré un contrôle positif à une substance interdite en décembre 2021, le TAS a confirmé la levée de la suspension provisoire de l'adolescente de 15 ans par l'agence antidopage russe (Rusada), considérant que la priver d'épreuve avant même d'avoir examiné le fond de l'affaire lui causerait un préjudice "irréparable". Championne d'Europe et invaincue cette saison, Valieva, déjà en or dans la compétition par équipes à Pékin, est la grandissime favorite au sacre olympique dans une compétition qui verra la Belge Loena Hendrickx tenter de confirmer ses bonnes performances, notamment une 4e place à l'Euro et une 5e aux Mondiaux."Nous sommes évidemment concentrés sur les performances de Loena, nous voulons tout faire pour qu'elle puisse faire aussi bien que possible. Nous avons évidemment évoqué cette affaire, mais je suis heureux de voir que Loena se concentre davantage sur l'exécution de son programme court", a encore expliqué Jeroen Straathof, qui attend de voir la suite réservée au cas Valieva. En effet, le TAS ne s'est pas prononcé sur le fond de l'affaire mais bien sur la suspension provisoire de l'adolescente russe. "Sur base de faits très limités, il a été déterminé qu'aucune suspension provisoire ne devait être prononcée à l'encontre de l'athlète", a écrit le TAS dans son communiqué, s'appuyant notamment sur le fait que Valieva était une "personne protégée" au regard du code antidopage en raison de son âge (moins de 16 ans). Selon Jeroen Straathof, toute l'agitation autour de cette histoire laissera des traces sur la jeune Valieva, pourtant impériale cette saison. "J'étais à l'entraînement de Loena Hendrickx ce lundi. C'était ensuite au tour de Valieva et j'ai pu constater toute l'attention médiatique portée à la patineuse. C'est clair que cela peut avoir un impact sur une jeune fille de 15 ans à peine. J'espère qu'elle sera bien entourée, comme nous encadrons bien Loena." Le Comité international olympique (CIO) a annoncé lundi, après la décision rendue par le Tribunal arbitral du sport (TAS) autorisant la patineuse artistique russe Kamila Valieva à participer à l'épreuve individuelle des JO de Pékin malgré un contrôle antidopage positif, vouloir attendre une décision sur le fond de l'histoire avant de remettre les médailles de l'épreuve par équipes, remportée par la Russie et Valieva. Si la Russe, également grandissime favorite au sacre olympique, venait à terminer sur le podium de l'épreuve individuelle, le CIO ne procédera pas non plus à la traditionnelle remise des médailles, estimant que c'était inapproprié et préférant attendre que le fond de l'affaire soit tranché, ce qui peut prendre plusieurs mois. Il le fera, en consultation avec les athlètes et les comités olympiques nationaux concernés, une fois l'affaire réglée. "Le CIO demande également à la fédération internationale de patinage (ISU) de permettre à la 25e classée du programme court de pouvoir disputer le programme libre si Mme Valieva venait à se qualifier pour celui-ci", a ajouté le Comité international olympique dans son communiqué. Kamila Valieva a été testée le 25 décembre après une participation de la Russe à une épreuve à Saint-Pétersbourg mais l'annonce de sa positivité a été faite le mardi 8 février, soit au lendemain du sacre collectif russe. L'Agence mondiale antidopage (AMA) a fait part de sa déception après la décision rendue lundi par le Tribunal arbitral du sport (TAS) autorisant la patineuse artistique russe Kamila Valieva à participer à l'épreuve individuelle des JO de Pékin, malgré un contrôle antidopage positif. L'AMA, comme le Comité international olympique (CIO) et la fédération internationale de patinage (ISU), ont fait appel de la levée de la suspension par l'Agence antidopage russe (RUSADA) devant le TAS, estimant qu'elle était non conforme au Code mondial antidopage. "Il apparaît que le panel du TAS a décidé de ne pas appliquer les termes du Code, qui ne prévoient pas d'exceptions spécifiques en matière de suspensions provisoires pour les "personnes protégées", y compris les mineurs", a écrit l'instance dans un communiqué. En effet, le TAS a appuyé son argumentaire sur le fait que Valieva était une "personne protégée" au regard du code antidopage en raison de son âge (moins de 16 ans) et que les règlements ne font pas état de suspension provisoire prononcée aux personnes protégées, statut qui implique des règles de preuve spécifiques et des sanctions allégées. L'AMA a aussi largement décrié le délai entre le test, effectué le 25 décembre après une participation de la Russe à une épreuve à Saint-Pétersbourg, et l'annonce de sa positivité mardi 8 février."Concernant l'analyse de l'échantillon de l'athlète, l'AMA attend de toutes les organisations antidopage qu'elles contactent les laboratoires avec lesquels elles travaillent pour accélérer l'analyse des échantillons liés à des athlètes qui s'apprêtent à participer à de grandes manifestations telles que les Jeux Olympiques ou Paralympiques, puis qu'elles mènent promptement la gestion des résultats de tout cas en résultant, pour faire en sorte que les cas soient réglés avant le début de la grande manifestation sportive en question."L'AMA a aussi égratigné la RUSADA car, selon ses informations, elle n'avait "pas indiqué l'échantillon concerné comme étant prioritaire pour l'analyse quand le laboratoire antidopage de Stockholm l'a reçu". "Cela a fait en sorte que le laboratoire ne pouvait pas savoir que l'analyse de cet échantillon était prioritaire", a ajouté l'AMA.Le Comité olympique américain (USOPC) s'est dit "déçu" par la décision rendue lundi par le Tribunal arbitral du sport (TAS) autorisant la patineuse russe Kamila Valieva à participer à l'épreuve individuelle des JO de Pékin, malgré un contrôle antidopage positif."Nous sommes déçus par le message envoyé par cette décision. Les athlètes ont le droit de savoir qu'ils se battent avec les mêmes chances. Malheureusement aujourd'hui ce droit a été nié. Cela semble être un nouveau chapitre du mépris systémique et généralisé de la Russie pour un sport propre", écrit la présidente de l'USOPC, Sarah Hirshland dans un communiqué. De son côté, le Comité olympique russe (ROC) a qualifié la décision du TAS de "meilleure nouvelle de la journée". "Tout le pays la soutient ainsi que toutes nos patineuses pour l'épreuve individuelle" mardi, a dit le ROC sur sa chaîne Telegram.