Par John BAETE

Faut-il être un salaud pour être un bon entraîneur? Quand on voit le palmarès et les coups fourrés de Dick Advocaat, on doit dire oui. Idem avec un Alex Ferguson qui après l'élimination contre le Bayern Munich a lâché "C'est toujours comme ça avec les Allemands: ils donnent des coups, blessent nos joueurs et pleurent chez les arbitres. C'est comme ça qu'ils gagnent". Et José Mourinho, qui sue l'arrogance par tous les pores et insulte les journalistes.

En Belgique, mise à part l'une ou l'autre crise d'hystérie post-défaite, notre championnat est encore protégé de certains excès, heureusement.

Et puis, nous avons le cas Ariël Jacobs. Faux cynique, vrai marrant, activiste de l'humour anglais? En fait, le coach mauve échappe à bien des classifications, sauf sans doute à celle de véritable surréaliste de la communication. Dimanche, avant le match, il avait dit à la radio qu'il faisait peut-être trop beau pour jouer au foot....

Mais attention, son détachement n'est qu'apparent. Comme il sait être mauvais perdant, il se fait parfois dribbler par ses propres paroles. Remember son beaucoup puissance 3. Et quant on le pique, le gaillard est revanchard. C'est son côté sombre. Mais il n'est pas rigide non plus. Anderlecht sait d'ailleurs comment le faire plier. Ce fut le cas quand il a succédé à Frankie Vercauteren, alors que peu de temps avant, il disait qu'il ne deviendrait jamais T1 à Anderlecht. Cas identique en début de saison quand il a dit vouloir arrêter après l'Anderlecht-Standard pourri... peu après il resigne un contrat chez les Mauves.

Jacobs peut être imprévisible sous le stress mais il ne va jamais trop loin. Et ses doutes sont un signe d'intelligence. Il a aussi une très bonne mémoire. Il a donc retenu qu'il avait souvent été trop défensif lors des deux championnats remportés par le Standard. Marqué au fer rouche, il a donc décidé de jouer plus haut, de plus construire et d'enfin appliquer un jeu à la hauteur du passé du club.

Sans les piliers brisés qu'étaient Marcin Wasilewski, Jan Polak et Nicolas Frutos, il a courageusement reconstruit une équipe enfin jolie à voir jouer qui a révélé des Romelu Lukaku, Matias Suarez, Cheikh Kouyaté et Ondrej Mazuch, relancé un Lucas Biglia dans un rôle de régisseur. Et permis à Mbark Boussoufa de jouer sa meilleure saison. S'il avait été là à Hambourg, au match aller, peut être que les Mauves passaient un tour en plus en Europa League... Et comme preuve par l'absurde ultime du changement de philosophie de jeu, on retiendra les dribbles offensifs d'Olivier Deschacht et ses passements de jambes! Un grand cru mauve. On espère maintenant que le noyau restera... et se renforcera.

Dick Advocaat a dit qu'il ne partait pas pour l'argent en Russie mais parce que l'équipe russe est plus forte que la belge. Bref, sous prétexte de vouloir se trouver une justification morale, il avoue qu'il ne voulait pas risquer de perdre avec les Diables alors qu'il avait objectivement plus de chances de gagner avec les Russes. Le Hollandais est un boulimique arrogant. Un: il ne peut s'empêcher de coacher. Deux: il estime que la Russie et lui se méritent mutuellement.

Mais il ne faut pas jouer aux vierges effarouchées. Dès qu'Advocaat avait été contacté par l'Union belge, nous avions mis nos lecteurs en garde: le gaillard traînait une réputation avérée d'aventurier peu scrupuleux que nous avions décortiquée. L'article était titré "Tricky Dickie" (Dick le truqueur), surnom que les Australiens lui avaient donné après qu'il leur ait fait exactement le même coup qu'aux Diables Rouges. On a envie de l'appeler "Inglourious Basterd" (salaud sans gloire) pour paraphraser Tarentino (avec les fautes d'anglais respectées); mais il dirait que c'est un compliment parce que le qualificatif s'applique aux héros du film.

Par John BAETEFaut-il être un salaud pour être un bon entraîneur? Quand on voit le palmarès et les coups fourrés de Dick Advocaat, on doit dire oui. Idem avec un Alex Ferguson qui après l'élimination contre le Bayern Munich a lâché "C'est toujours comme ça avec les Allemands: ils donnent des coups, blessent nos joueurs et pleurent chez les arbitres. C'est comme ça qu'ils gagnent". Et José Mourinho, qui sue l'arrogance par tous les pores et insulte les journalistes.En Belgique, mise à part l'une ou l'autre crise d'hystérie post-défaite, notre championnat est encore protégé de certains excès, heureusement. Et puis, nous avons le cas Ariël Jacobs. Faux cynique, vrai marrant, activiste de l'humour anglais? En fait, le coach mauve échappe à bien des classifications, sauf sans doute à celle de véritable surréaliste de la communication. Dimanche, avant le match, il avait dit à la radio qu'il faisait peut-être trop beau pour jouer au foot.... Mais attention, son détachement n'est qu'apparent. Comme il sait être mauvais perdant, il se fait parfois dribbler par ses propres paroles. Remember son beaucoup puissance 3. Et quant on le pique, le gaillard est revanchard. C'est son côté sombre. Mais il n'est pas rigide non plus. Anderlecht sait d'ailleurs comment le faire plier. Ce fut le cas quand il a succédé à Frankie Vercauteren, alors que peu de temps avant, il disait qu'il ne deviendrait jamais T1 à Anderlecht. Cas identique en début de saison quand il a dit vouloir arrêter après l'Anderlecht-Standard pourri... peu après il resigne un contrat chez les Mauves. Jacobs peut être imprévisible sous le stress mais il ne va jamais trop loin. Et ses doutes sont un signe d'intelligence. Il a aussi une très bonne mémoire. Il a donc retenu qu'il avait souvent été trop défensif lors des deux championnats remportés par le Standard. Marqué au fer rouche, il a donc décidé de jouer plus haut, de plus construire et d'enfin appliquer un jeu à la hauteur du passé du club. Sans les piliers brisés qu'étaient Marcin Wasilewski, Jan Polak et Nicolas Frutos, il a courageusement reconstruit une équipe enfin jolie à voir jouer qui a révélé des Romelu Lukaku, Matias Suarez, Cheikh Kouyaté et Ondrej Mazuch, relancé un Lucas Biglia dans un rôle de régisseur. Et permis à Mbark Boussoufa de jouer sa meilleure saison. S'il avait été là à Hambourg, au match aller, peut être que les Mauves passaient un tour en plus en Europa League... Et comme preuve par l'absurde ultime du changement de philosophie de jeu, on retiendra les dribbles offensifs d'Olivier Deschacht et ses passements de jambes! Un grand cru mauve. On espère maintenant que le noyau restera... et se renforcera. Dick Advocaat a dit qu'il ne partait pas pour l'argent en Russie mais parce que l'équipe russe est plus forte que la belge. Bref, sous prétexte de vouloir se trouver une justification morale, il avoue qu'il ne voulait pas risquer de perdre avec les Diables alors qu'il avait objectivement plus de chances de gagner avec les Russes. Le Hollandais est un boulimique arrogant. Un: il ne peut s'empêcher de coacher. Deux: il estime que la Russie et lui se méritent mutuellement. Mais il ne faut pas jouer aux vierges effarouchées. Dès qu'Advocaat avait été contacté par l'Union belge, nous avions mis nos lecteurs en garde: le gaillard traînait une réputation avérée d'aventurier peu scrupuleux que nous avions décortiquée. L'article était titré "Tricky Dickie" (Dick le truqueur), surnom que les Australiens lui avaient donné après qu'il leur ait fait exactement le même coup qu'aux Diables Rouges. On a envie de l'appeler "Inglourious Basterd" (salaud sans gloire) pour paraphraser Tarentino (avec les fautes d'anglais respectées); mais il dirait que c'est un compliment parce que le qualificatif s'applique aux héros du film.