Leader de la Jupiler Pro League et assuré de passer l'hiver européen au chaud, Anderlecht a d'ores et déjà réussi sa première partie de saison. Le directeur général du Sporting Herman Van Holsbeeck peut savourer sa revanche après avoir été conspué par les supporters lors de la journée portes ouvertes du club.

Anderlecht tête de liste en championnat et en Europa League, vous y auriez cru il y a trois mois ?

Honnêtement, non. Je pensais que l'équipe mettrait davantage de temps pour trouver ses marques. Mais dès le 5e match de la saison, au Club Bruges, j'étais fixé. Ce jour-là, nous n'avions peut-être pris qu'un seul et maigre petit point sur le terrain, mais moralement nous en avions engrangé trois, tant notre mainmise avait été totale devant une formation pourtant désignée comme favorite de la compétition. Cette performance nous aura boostés, au même titre que notre succès en déplacement au Lokomotiv Moscou.

Aux dires des anciens, Lucas Biglia et Guillaume Gillet, l'Anderlecht actuel est le meilleur qu'ils aient connu. Vous partagez cet avis ? Dans le passé, nous avons souvent été tributaires d'un seul joueur dans notre division offensive. A mes propres débuts, en 2003, c'était Aruna Dindane. Ensuite il y a eu Nicolas Frutos, Ahmed Hassan et, enfin, Mbark Boussoufa, qui s'était érigé en Mister 50 % des Mauves. Avec lui, l'équipe penchait à gauche. Aujourd'hui, le danger est réparti sur tout le front de l'attaque. Milan Jovanovic a repris le flambeau dans ce secteur, Dieumerci Mbokani s'avère tout aussi déterminant que Romelu Lukaku en pointe et, du côté droit, Guillaume Gillet est en état de grâce depuis plusieurs semaines. Sans compter une autre bonne surprise : Fernando Canesin.

Pourtant, le public vous avait réservé une bronca lors de la journée portes ouvertes ?

La direction aurait aimé pouvoir présenter Jova à cette occasion. Mais son employeur anglais n'était toujours pas disposé à nous faire une fleur, sur le plan financier. J'ai préconisé qu'on patiente, tout comme j'ai joué la montre dans le cas de Dieu. Au final, cette démarche nous aura permis d'économiser plusieurs centaines de milliers d'euros. Pour ne pas dire des millions. Je savais pertinemment bien ce que je faisais. Mais les fans, eux, n'étaient évidemment pas au parfum. J'en ai pris pour mon grade mais c'était le prix à payer si on voulait acquérir ces deux joueurs à des conditions raisonnables.

Le nom de Michel Verschueren a encore été scandé quelquefois après coup. Si j'ai été critiqué, au même titre que les autres décideurs, c'est peut-être à juste raison. Car nous avons sans doute minimisé les départs de Jelle Van Damme durant l'été 2010 ou de Mbark Boussoufa quelques mois plus tard. Le premier cas a eu une incidence sur notre parcours européen car tout porte à croire qu'avec son concours nous aurions franchi l'obstacle du Partizan Belgrade au dernier stade préliminaire de la Ligue des Champions. Et avec Bous jusqu'au bout, je n'ai pas l'impression que le titre nous aurait échappé. C'est la raison pour laquelle je me suis opposé avec véhémence au transfert de Roland Juhasz aux Glasgow Rangers. Car à quoi bon avoir une attaque à nouveau compétitive si on perd sa pièce maîtresse derrière ?

En échange de son maintien, vous lui auriez promis la liberté, en fin de saison, pour 2,5 millions d'euros. Exact ?

C'est vous qui le dites.

Si c'est vrai, vous ne trouverez jamais de solution de rechange aussi valable pour le même prix. Pourquoi ne pas le garder ?

Le Hongrois n'est pas encore parti. Mais s'il tient absolument à changer d'air après sept années de bons et loyaux services chez nous, on ne le retiendra pas. Il s'est montré d'une correction exemplaire envers nous en nous jurant fidélité malgré une offre très lucrative des Ecossais. Nous aurons la même attitude envers lui s'il a toujours envie de nous quitter en fin de saison. D'ici là, nous avons le temps de trouver une alternative.

Le club semble vouloir poursuivre sa route avec Ariel Jacobs. Cela n'a pas empêché le nom de Michel Preud'homme d'être cité. Et Nicolas Frutos ne serait pas opposé non plus à un retour ?

Pour l'instant, aucune modification n'est à l'ordre du jour. Mais peut-être l'un ou l'autre voudra-t-il emprunter un autre chemin, qui sait ? Filip De Wilde a fait comprendre qu'il ne restera pas éternellement entraîneur des gardiens et peut-être Daniel Renders a-t-il d'autres projets aussi.

Bruno Govers, Sport/Foot Magazine

Leader de la Jupiler Pro League et assuré de passer l'hiver européen au chaud, Anderlecht a d'ores et déjà réussi sa première partie de saison. Le directeur général du Sporting Herman Van Holsbeeck peut savourer sa revanche après avoir été conspué par les supporters lors de la journée portes ouvertes du club. Anderlecht tête de liste en championnat et en Europa League, vous y auriez cru il y a trois mois ? Honnêtement, non. Je pensais que l'équipe mettrait davantage de temps pour trouver ses marques. Mais dès le 5e match de la saison, au Club Bruges, j'étais fixé. Ce jour-là, nous n'avions peut-être pris qu'un seul et maigre petit point sur le terrain, mais moralement nous en avions engrangé trois, tant notre mainmise avait été totale devant une formation pourtant désignée comme favorite de la compétition. Cette performance nous aura boostés, au même titre que notre succès en déplacement au Lokomotiv Moscou. Aux dires des anciens, Lucas Biglia et Guillaume Gillet, l'Anderlecht actuel est le meilleur qu'ils aient connu. Vous partagez cet avis ? Dans le passé, nous avons souvent été tributaires d'un seul joueur dans notre division offensive. A mes propres débuts, en 2003, c'était Aruna Dindane. Ensuite il y a eu Nicolas Frutos, Ahmed Hassan et, enfin, Mbark Boussoufa, qui s'était érigé en Mister 50 % des Mauves. Avec lui, l'équipe penchait à gauche. Aujourd'hui, le danger est réparti sur tout le front de l'attaque. Milan Jovanovic a repris le flambeau dans ce secteur, Dieumerci Mbokani s'avère tout aussi déterminant que Romelu Lukaku en pointe et, du côté droit, Guillaume Gillet est en état de grâce depuis plusieurs semaines. Sans compter une autre bonne surprise : Fernando Canesin. Pourtant, le public vous avait réservé une bronca lors de la journée portes ouvertes ? La direction aurait aimé pouvoir présenter Jova à cette occasion. Mais son employeur anglais n'était toujours pas disposé à nous faire une fleur, sur le plan financier. J'ai préconisé qu'on patiente, tout comme j'ai joué la montre dans le cas de Dieu. Au final, cette démarche nous aura permis d'économiser plusieurs centaines de milliers d'euros. Pour ne pas dire des millions. Je savais pertinemment bien ce que je faisais. Mais les fans, eux, n'étaient évidemment pas au parfum. J'en ai pris pour mon grade mais c'était le prix à payer si on voulait acquérir ces deux joueurs à des conditions raisonnables. Le nom de Michel Verschueren a encore été scandé quelquefois après coup. Si j'ai été critiqué, au même titre que les autres décideurs, c'est peut-être à juste raison. Car nous avons sans doute minimisé les départs de Jelle Van Damme durant l'été 2010 ou de Mbark Boussoufa quelques mois plus tard. Le premier cas a eu une incidence sur notre parcours européen car tout porte à croire qu'avec son concours nous aurions franchi l'obstacle du Partizan Belgrade au dernier stade préliminaire de la Ligue des Champions. Et avec Bous jusqu'au bout, je n'ai pas l'impression que le titre nous aurait échappé. C'est la raison pour laquelle je me suis opposé avec véhémence au transfert de Roland Juhasz aux Glasgow Rangers. Car à quoi bon avoir une attaque à nouveau compétitive si on perd sa pièce maîtresse derrière ? En échange de son maintien, vous lui auriez promis la liberté, en fin de saison, pour 2,5 millions d'euros. Exact ? C'est vous qui le dites. Si c'est vrai, vous ne trouverez jamais de solution de rechange aussi valable pour le même prix. Pourquoi ne pas le garder ? Le Hongrois n'est pas encore parti. Mais s'il tient absolument à changer d'air après sept années de bons et loyaux services chez nous, on ne le retiendra pas. Il s'est montré d'une correction exemplaire envers nous en nous jurant fidélité malgré une offre très lucrative des Ecossais. Nous aurons la même attitude envers lui s'il a toujours envie de nous quitter en fin de saison. D'ici là, nous avons le temps de trouver une alternative. Le club semble vouloir poursuivre sa route avec Ariel Jacobs. Cela n'a pas empêché le nom de Michel Preud'homme d'être cité. Et Nicolas Frutos ne serait pas opposé non plus à un retour ? Pour l'instant, aucune modification n'est à l'ordre du jour. Mais peut-être l'un ou l'autre voudra-t-il emprunter un autre chemin, qui sait ? Filip De Wilde a fait comprendre qu'il ne restera pas éternellement entraîneur des gardiens et peut-être Daniel Renders a-t-il d'autres projets aussi. Bruno Govers, Sport/Foot Magazine