Red Flames : les 4 enjeux de Portugal-Belgique

Belgium's players pictured ahead of the match between Belgium's national women's soccer team the Red Flames and Armenia, in Yerevan, Armenia, Tuesday 06 September 2022, the final qualification match of Group F, for the Women's Soccer World Championships. BELGA PHOTO DAVID CATRY (Photo by DAVID CATRY / BELGA MAG / Belga via AFP) (Photo by DAVID CATRY/BELGA MAG/AFP via Getty Images)
Aurelie Herman
Aurelie Herman Journaliste pour Sport/Foot Magazine

Dans la foulée d’un EURO 2022 qui a bousculé l’été belge, les Red Flames aspirent désormais à disputer le premier Mondial de leur histoire. Il faudra pour cela d’abord passer l’écueil portugais, soit une équipe qui ne cesse de grandir depuis quelques années.

Deux mois et demi déjà que les Red Flames ont offert à la Belgique ce grand frisson qualificatif pour les quarts de finale de l’EURO 2022, en venant à bout de l’Italie (0-1). Fin juillet, les joueuses d’Ives Serneels avaient marqué l’histoire du football belge, ne tombant qu’avec les honneurs contre la Suède (1-0). Et comme on prend vite goût à ces choses-là, les voilà aujourd’hui en quête d’un nouveau moment qui fera date. Cette fois, le chapitre aura pour thème le Mondial 2023, que Tessa Wullaert and co n’ont pu accrocher par la voie classique en terminant deuxièmes d’un groupe F finalement (et logiquement) dominé par la Norvège d’Ada Hegerberg. Qu’importe, il reste ces barrages à double tour dont le premier round se disputera dans un match couperet  face à la Seleção ce jeudi 19h00, à deux pas de Guimarães, dans le nord du Portugal. Un match spécial à plus d’un titre.

Tessa Wullaert lors de la rencontre contre l’Italie durant l’Euro 2022 (Photo par Visionhaus/Getty Images)

Une victoire impérative pour rejoindre l’Islande 

Si Guimarães est, dit-on, le berceau du pays de Cristiano Ronaldo, cette ville de 161.000 habitants pourrait bien être également celui d’un nouvel exploit made in Red Flames. En cas de succès, celles-ci rejoindraient alors l’Islande, catapultée directement pour le deuxième tour des barrages qualificatifs pour la Coupe du monde (contrairement à la Belgique, la 14e nation mondiale faisait partie des trois meilleures deuxièmes des éliminatoires). Un nouveau match décisif disputé alors au stade Roi Baudouin le mardi 11 octobre, à l’issue duquel les vainqueures auraient le loisir de penser à leur séjour en Australie et en Nouvelle-Zélande (il reste la possibilité de se « farcir » un barrage intercontinental en fonction des deux autres barrages).

Garder la dynamique de progression 

Qualification pour l’EURO 2017, barrages pour le Mondial 2019, quarts de finale de l’EURO 2022 et maintenant qualif’ pour le Mondial 2023 ? Sur papier, la trajectoire est aussi linéaire qu’excitante. Après avoir goûté aux joies du grand bal continental lors des deux dernières éditions du championnat d’Europe, les Red Flames doivent maintenant parvenir à arracher leur billet pour l’ultime compétition qui manque à leur palmarès : la Coupe du monde. « C’est une étape essentielle dans le processus d’évolution du groupe », confirme la gardienne Nicky Evrard, bien consciente de l’importance de conserver cette courbe ascendante qui va au-delà du simple résultat.

« Une défaite ne serait pas un échec. »

Ives Serneels, sélectionneur des Red Flames

Car une accession au Mondial, dans un football féminin en constante progression, c’est l’assurance de jouir d’une plus grande médiatisation, donc d’une plus grande visibilité et ainsi d’obtenir plus d’investissements des sponsors pour continuer à élargir la base de la pyramide des pratiquantes en Belgique (48.000 footeuses aujourd’hui). Bref, au Portugal, c’est bien plus que la participation à la Coupe du monde qui est en jeu. Et même si pour Ives Serneels, une défaite « ne serait pas un échec », il faut quand même bien reconnaître que disputer un premier Mondial en se qualifiant sur le terrain aurait un peu plus de « gueule » que de le faire dans cinq ans, si la candidature commune de la Belgique, des Pays-Bas et de l’Allemagne pour l’organisation de l’édition 2027 devait être avalisée par la Fifa…

Ne pas prendre de retard sur le Portugal 

Portugal-Belgique, c’est un peu le match des équipes qui se rapprochent chaque année du top niveau. « Nos trajectoires respectives sont un peu comparables », indique Evrard, une keeper en pleine bourre qui n’a toujours pas encaissé le moindre but en cinq journées de Super League avec OHL. « Ces dernières années, on a franchi pas mal d’étapes et elles aussi. On a regardé énormément de matchs des autres équipes à l’EURO et on sait de quoi elles sont capables. Ce sont des joueuses assez techniques, qui ont l’ambition de développer un beau football. Elles sont dans un bon flow, en plus. Mais ça, c’est pareil de notre côté ! » 

« Les Portugaises sont des joueuses assez techniques, qui ont l’ambition de développer un beau football. »

Nicky Evrard, gardienne des Red Flames

Si pour le moment, les Red Flames (19es au classement Fifa) partent favorites face aux Lusitaniennes (27es mondiales), gare à ne pas se laisser distancer. « Le Portugal, c’est déjà une équipe difficile à manœuvrer, mais dans les prochaines années, ça sera pire, car c’est un pays qui va continuer à grandir », ajoute d’ailleurs un Serneels méfiant avant d’embarquer pour Zaventem.

La dernière occasion pour Cayman et Philtjens ? 

Elles vivent tous les jours le foot au plus haut niveau à Lyon et Sassuolo, mais n’ont pas encore eu l’occasion de franchir la porte d’un Mondial. À bientôt 34 et 33 ans, Janice Cayman et Davina Philtjens auront-elles encore l’opportunité de vivre ce grand frisson si les Flames venaient à trébucher ce jeudi ? « Oh, mais elles ne parlent pas du tout de ça », coupe Evrard. « Elles sont comme le bon vin, plus elles vieillissent, meilleures elles sont (Rires). Elles sont super matures et avec leur expérience, elles sont très importantes pour le groupe », complète-t-elle. Et de fait, voir Philtjens arpenter le flanc gauche et arracher les ballons là où Cayman avale les kilomètres devant tend à montrer que les deux taulières ne sont pas encore bonnes pour la retraite. 

Sweden’s defender Linda Sembrant (L) vies with Belgium’s striker Janice Cayman during the UEFA Women’s Euro 2022 quarter final football match between Sweden and Belgium at the Leigh Sports Village Stadium, in Leigh, on July 22, 2022. (Photo par OLI SCARFF/AFP via Getty Images)

Il n’empêche, le plus gros de leur carrière est derrière elles, et on se dit qu’au vu de leurs états de service, un ticket pour les Antipodes serait une bien belle récompense. La première étape pour la décrocher, ce sera donc ce jeudi face à des Portugaises qui ont elles aussi les crocs !