Un duel des Sporting entre système imparfait d’Anderlecht et anomalies statistiques carolos

Felice Mazzu et Edward Still, une opposition de style en bord de terrain. (Getty images).
Guillaume Gautier
Guillaume Gautier Journaliste pour Sport/Foot Magazine

Le duel des émotions et des chiffres pourrait être un bon résumé de l’opposition de style entre Felice Mazzu et Edward Still pour ce duel des Sportings. Mais si le coach bruxellois est resté six ans sur le banc des Zèbres, il oubliera rapidement le côté nostalgie, lui qui a d’autres chats à fouetter avec un 3-5-2 imparfait à l’heure actuelle. En face, Edward Still continue de se gratter la tête en se demandant pourquoi la réalité du terrain ne suit pas celle des chiffres.

Les chiffres carolos ne racontent pas l’histoire proposée sur le terrain

Au bout d’une défaite contre Westerlo, déjà la troisième en cinq sorties à domicile, Charleroi a une nouvelle fois piqué du nez. Les Zèbres ont vu leurs filets trembler sur chaque occasion campinoise, renforçant encore une impression de porosité défensive presque inédite dans le Pays Noir.

C’est presque une histoire ironique. Elle raconte que le coach qui parle le plus des chiffres à l’heure d’analyser les prestations de son équipe est pris dans une spirale d’anomalie statistique. En jetant un œil vers ses bases de données, Edward Still doit sans doute constater que Wyscout fait de ses Carolos la deuxième meilleure défense du championnat. En neuf sorties, les Zèbres n’ont concédé que 9,21 expected goals. Seul l’Union de Karel Geraerts fait mieux. Pourtant, dans le classement des buts véritablement encaissés, Hennuyers et Saint-Gillois sont tous deux dans la deuxième moitié du tableau.

Pas aidé par la méforme d’Hervé Koffi – qui a, selon les stats avancées, encaissé 3,93 buts de plus que « prévu » – et par une défense pas aussi intransigeante que la saison dernière, Charleroi ne peut pas non plus compter sur un buteur miraculeux pour cacher cette mauvaise passe défensive sous un tapis de buts. Ne resterait-il donc qu’à laisser passer l’orage dans l’attente de jours meilleurs ?

L’éclaircie aura-t-elle déjà lieu contre Anderlecht. Certes, on ne comparera pas totalement le onze mauve actuel avec celui de l’Union, mais la volonté de Mazzu est certainement de tendre vers ce modèle qui lui a rapporté tant de succès. Still peut sans doute se réjouir que Fabio Silva n’ait pas encore trouvé le partenaire idéal comme Deniz Undav avec Dante Vanzeir et que l’équilibre du milieu du RSCA ne soit pas le même que le trident Casper Nielsen-Teddy Teuma et Lazare Amani. La saison dernière, les Apaches avaient puni les Zèbres d’un 4-0 au Parc Duden avant de dérouler leur partition au Mambourg (0-3) malgré un coup de sang de Vanzeir.

Un carré plutôt qu’un triangle au milieu permettrait-il à des joueurs comme Lior Refaelov ou Yari Verschaeren de faire la loi dans les intervalles, là où ils sont le plus à l’aise pour créer le danger, tout en devant regarder un peu moins souvent dans leur rétroviseur ? (Photo by JASPER JACOBS/BELGA MAG/AFP via Getty Images)

Anderlecht et le 3-5-2 imparfait

Au Parc Astrid ou Lotto Park, la rupture de style était totale. Une bousculade annoncée des principes du jeu maison, érigés en religion par Vincent Kompany lors de son triennat mauve et blanc. Derrière lui, Felice Mazzù est arrivé avec son respect, mais aussi ses certitudes. Le 3-5-2 est devenu l’une de de celles-là, lui qui a offert tant de soirées de fête au Parc Duden. Pourtant, s’il sublime certains joueurs, le schéma peine à trouver son rythme de croisière au milieu du terrain. Là, personne ne semble en mesure d’assumer le rôle de numéro 6 solitaire, alors que les candidats pour s’installer derrière le duo offensif seraient probablement tous soulagés par la présence d’un double pivot dans leur dos.

Orphelins d’un Adrien Trebel qui apportait son énergie débordante et son habituel esprit de revanche, atouts précieux pour combler des brèches qu’il ouvrait parfois lui-même, les Mauves cherchent encore la bonne formule pour faire briller leur triangle. Peut-être la solution se trouve-t-elle dans une transformation en carré, vers un 3-4-2-1 qui permettrait à des joueurs comme Lior Refaelov ou Yari Verschaeren de faire la loi dans les intervalles, là où ils sont le plus à l’aise pour créer le danger, tout en devant regarder un peu moins souvent dans leur rétroviseur. Des ajustements qui pourraient permettre à l’ancien entraîneur de Charleroi de garder l’ascendant qu’il avait eu avec l’Union contre le club qui l’a révélé à la D1.

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