Qui va faire marquer le Standard ?

Stipe Perica célèbre son goal contre Malines avec Noah Ohio qui inscrira celui de la victoire. (Photo by Sebastien Smet/Isosport)
Guillaume Gautier
Guillaume Gautier Journaliste pour Sport/Foot Magazine

Sixième équipe à se créer le plus d’occasions en Pro League, les Rouches n’ont que la neuvième meilleure attaque du championnat. La faute, notamment, à un poste de numéro 9 qui cherche désespérément son buteur de référence.

C’était il y a presque dix ans, déjà. Sur la route d’un titre qui semblait promis aux hommes de Guy Luzon jusqu’à ce que tout s’effondre dans le sprint final des play-offs, Michy Batshuayi fait trembler les filets à 23 reprises, toutes compétitions confondues. On joue alors la saison 2013-2014, et c’est encore aujourd’hui la dernière occurrence d’un buteur rouche dépassant la barre des vingt réalisations en une saison. Trois ans plus tard, Ishak Belfodil et Orlando Sa s’arrêtent à 17 buts, soit une de plus que Renaud Emond en 2019 ou deux de plus qu’Amallah il y a deux ans. Depuis, même la frontière des dix buts semble être devenue inaccessible, dans des saisons certes orphelines de Coupe d’Europe : six roses plantées par Denis Dragus la saison passée, encore quatre cette année pour le Roumain qui n’est pourtant pas un titulaire fixe du côté de Sclessin. « Je ne pense pas être le premier à le dire : il a le plus gros potentiel de l’équipe. Mais il doit avoir plus de discipline dans son jeu », tranche Ronny Deila lors de sa dernière conférence de presse. Pourtant, entre un Stipe Perica loin d’être brillant depuis le début de l’exercice et un Noah Ohio freiné par les blessures qui vient seulement de faire trembler les filets pour la première fois, la qualité de finition semble être l’un des soucis majeurs en Cité Ardente.

Les expected goals ne disent pas le contraire. Parce que si on fustige souvent le manque d’inspiration offensive des Rouches, les hommes de Deila présentent le sixième bilan offensif de l’élite en termes d’occasions créées, avec 33,34 xG, soit plus que l’Antwerp ou Westerlo qui figurent pourtant parmi les équipes les plus prolifiques du Royaume. Au bilan réel, pourtant, les Liégeois ne pointent qu’à la neuvième place, partagée avec une équipe de Zulte Waregem qui lutte pour son maintien. Avec parmi les meilleurs buteurs un Selim Amallah pourtant écarté depuis la fin du mois de septembre, ou un Noé Dussenne qui officie en défense centrale. L’un comme l’autre ont souvent trouvé la voie du but depuis le point de penalty, sentence que les Rouches ont déjà concrétisée à six reprises cette saison. En y ajoutant, selon Whoscored, quatre buts marqués suite à une phase arrêtée, le bilan de plein jeu devient insuffisant. Paradoxal, quand le système en losange au milieu de terrain permet d’associer des profils créatifs comme ceux de William Balikwisha, Philipp Zinckernagel et désormais plus régulièrement Cihan Canak au cœur du jeu.

Le retour en forme de Noah Ohio, enfin buteur contre Malines, peut-il déverrouiller les complexes liégeois dans la surface adverse et servir de prolongation naturelle à ces combinaisons axiales, bien plus fiables que des flancs où les différences suivies d’un dernier ballon de qualité sont plus rares ? Denis Dragus parviendra-t-il enfin à mettre tout le monde d’accord, lui qui semble subir un traitement semblable de la part de tous les coaches qui se succèdent sur le banc de Sclessin ? Ou Stipe Perica trouvera-t-il enfin un rendement en adéquation avec la qualité des opportunités qu’il reçoit, lui qui n’a marqué que trois fois malgré 6,04 xG depuis son arrivée en Principauté ? Une réponse positive à ces questions sera nécessaire pour revenir du Bosuil avec un cinquième match consécutif sans défaite, et aborder le sprint final de la phase classique avec appétit.

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