Le dessert tactique de la semaine: l’Union en supériorité numérique, les premiers pas de Parker et le profil atypique d’Al-Dakhil

L'Union a-t-elle était plus en difficulté à 10 qu'à 11 ? (Photo by TOM GOYVAERTS / BELGA / AFP) / Belgium OUT (Photo by TOM GOYVAERTS/BELGA/AFP via Getty Images)
Guillaume Gautier
Guillaume Gautier Journaliste pour Sport/Foot Magazine

Retour en cinq bouchées sur la première journée de Pro League de l’année 2023.

Et si l’exclusion de N’Diaye avait surtout gêné l’Union ?

Pour tenter d’enquiller un troisième succès de rang au Lotto Park, Karel Geraerts semblait avoir prévu un plan où le ballon n’était qu’un accessoire. Au moment où Bram Van Driessche brandit le carton rouge à Moussa N’Diaye, le match est certes encore jeune, mais les intentions déjà claires. L’Union n’affiche alors que 20% de possession, et se voit bien plonger dans les espaces laissés sur les côtés de cette défense mauve qui alterne entre trois et quatre hommes en fonction des différentes phases du jeu, notamment en attirant Jan Vertonghen et Zeno Debast loin de l’axe grâce aux décrochages de l’aimant Victor Boniface.

Avant le renvoi au vestiaire de Ndiaye, l’Union se voyait bien plonger dans les espaces laissés sur les côtés de cette défense mauve qui alterne entre trois et quatre hommes en fonction des différentes phases du jeu. BELGA PHOTO VIRGINIE LEFOUR

Par la suite, l’infériorité numérique anderlechtoise oblige les Unionistes à prendre le contrôle du cuir. Anderlecht reste dans une sorte de 4-3-2 pour menacer son hôte en transition, et parvient d’ailleurs à ouvrir le score de cette manière, maîtrisant bien mieux les évènements en abandonnant ce ballon qui semble souvent déranger l’Union. Si l’histoire se termine bien pour les Saint-Gillois, avec un passage à quatre derrière qui a aidé à forcer le destin dans les dernières minutes, le Sporting a peut-être évité une hémorragie en pouvant se retrancher très vite devant les buts de Bart Verbruggen.

Les premières leçons de Scott Parker

Interrogé par Eleven après la défaite dans le Limbourg, Simon Mignolet n’hésitait pas à admettre que les idées de son nouveau coach prendraient du temps à s’installer, tout en concédant que ce n’était pas une excuse pour abandonner trop de points en cours de route. Sur le pré de la Cegeka Arena, on a pourtant déjà vu quelques idées bien marquées du 4-3-3 que Scott Parker souhaite installer en possession de balle.

Selon Simon Mignolet, les idées de Scott Parker prendront du temps à s’installer au FC Bruges. (Photo by Joris Verwijst/BSR Agency/Getty Images)

Pour occuper les cinq couloirs offensifs du terrain, le coach anglais compte ainsi sur son trio d’attaquants, mais aussi ses deux milieux les plus avancés sur l’échiquier. Très vite, avec le ballon, on a donc vu les ailiers coller la craie pendant que Hans Vanaken et Casper Nielsen se positionnaient très haut, dans les rétroviseurs du milieu de Genk. Le problème, c’est que cette option les a trop systématiquement envoyés sur les côtés, via les remontées ballon au pied de Meijer ou Buchanan. Dans l’axe, l’absence d’Onyedika et les pieds fébriles de Sylla ont empêché Bruges de trouver des espaces assez rapidement entre les lignes, et facilité la tâche défensive de Genk sans le ballon, rendant essentiellement le Club menaçant sur les rares transitions qui parvenaient à mettre en défaut le contre-pressing du Racing.

La résurrection de Felipe Avenatti

Même lui ne semblait plus croire en ses buts. La réaction de Massimo Bruno, qui le pointe du doigt sur son improbable égalisation pour lui signifier qu’il est bien l’auteur du but, semble en être la plus belle preuve. Le constat est pourtant implacable : Felipe Avenatti a marqué plus de buts en trois sorties qu’en une demi-saison. Sans doute parce qu’en installant Gueye à ses côtés, le nouveau coach des Kerels Bernd Storck l’a enfin repositionné dans son rôle de prédilection : un attaquant devant lui qui prend la profondeur et part au combat, lui évitant les tâches ingrates d’un pivot qu’il est incapable d’être pour lui permettre de se promener entre les lignes et de jaillir hors du marquage dans la surface.

Coucou, le revoilou. Felipe Avenatti est de retour. BELGA PHOTO JOHN THYS

Un nouveau rôle pour Stef Peeters

Malgré la défaite contre les Zèbres, Eupen commence à laisser entrevoir les contours dessinés par Edward Still dans la course au maintien. Le premier, c’est le rôle plus offensif confié à Stef Peeters, installé dans une position de milieu offensif droit qui lui permet de faire sa prise de balle naturelle vers l’intérieur du terrain, et donc vers le but adverse. Une manœuvre destinée à rapprocher le gaucher des filets adverses, puisqu’il est l’un des joueurs le plus souvent capable de créer le danger dans une équipe où le buteur Smaïl Prevljak peine à retrouver son flair. En plus de dessiner les offensives, l’ancien de Saint-Trond et du Cercle est donc désormais plus fréquemment amené à les conclure. Passeur décisif sur phase arrêtée en première période, il a manqué la balle du 2-0 en se heurtant à Hervé Koffi au retour des vestiaires. La voie du maintien des Pandas passera certainement par son pied gauche.

En plus de dessiner les offensives d’Eupen, Stef Peeters est donc désormais plus fréquemment amené à les conclure. BELGA PHOTO BRUNO FAHY

La dernière leçon d’Ameen Al-Dakhil ?

Convoité par Burnley, le défenseur a peut-être joué son dernier match de Pro League là où il avait disputé son premier. À l’époque, Mbaye Leye l’avait installé au cœur de sa défense à trois, l’amenant à miser essentiellement sur sa taille pour remporter la bataille des airs face à Paul Onuachu. Chez les Canaris, Ameen Al-Dakhil joue également dans un trio défensif, mais il y laisse entrevoir bien d’autres qualités. Notamment cette pointe de vitesse qui lui permet de défendre la largeur sur le côté gauche trudonnaire avec flair et aisance. Dans cette zone de la pelouse de Sclessin, il a ainsi neutralisé sans trop de problèmes les courses d’un Osher Davida brouillon et rappelé un paradoxe : malgré sa taille imposante, le Diablotin est bien plus à l’aise dans la gestion de l’espace que dans les combats au corps-à-corps.

A Saint-Trond, Ameen Al-Dakhil joue également dans un trio défensif, mais il y laisse entrevoir bien d’autres qualités. (Photo by Sebastien Smet/Isosport)
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