Le dessert tactique de la 22e journée de Pro League : un dimanche de gauchers

Anders Dreyer et Andreas Skov Olsen: les gauchers danois de droite ont animé le dernier dimanche de Pro League.
Guillaume Gautier
Guillaume Gautier Journaliste pour Sport/Foot Magazine

Retour en quatre bouchées pleines de jeu sur le week-end de Jupiler Pro League.

LE BAPTÊME DE DREYER

Ni les jambes ankylosées par les mois sans jouer, ni la lourde pelouse du Pairay ne semblaient jouer en faveur d’une première titularisation réussie pour Anders Dreyer. Souvent en une touche, rarement à toute allure, le Danois a néanmoins déjà montré ce qu’il pourrait apporter à un Anderlecht qui cherche déjà de longue date de l’inspiration sur son côté droit.

Longtemps, le flanc a été abandonné aux déboulés aléatoires d’Amir Murillo, animateur presque exclusif d’un couloir dont l’ailier était souvent un milieu de terrain déguisé. Ce sera sans doute aussi le cas de Dreyer, avec la nuance importante que le mouvement vers l’intérieur du jeu lui permettra d’utiliser son pied fort, le gauche, et d’ainsi donner de nouveaux angles à des offensives mauves en quête d’inspiration.

Anders Dreyer (ici contre Zulte) a offert contre Seraing son premier assist en Belgique pour Mario Stroeykens . BELGA PHOTO VIRGINIE LEFOUR

Passeur décisif sur l’unique but de la rencontre, le Danois a l’allure d’un joueur qui n’a pas peur de recevoir le ballon au coin de la surface. C’est là, dans cette zone depuis laquelle il peut choisir entre l’offrande et le solo, qu’il devra permettre à Anderlecht de transformer les circuits de Brian Riemer en occasions de but plus fréquentes. Un halfspace dans lequel les Mauves attendent depuis longtemps d’avoir à disposition un créateur de danger récurrent.

SKOV OLSEN POUR TOUT CHANGER

Après Dreyer, c’est un autre Danois qui a animé l’après-midi belge de ce dimanche. Monté à la pause pour suppléer un Antonio Nusa perdu sur le flanc droit et désorienté par les combinaisons entre un Joris Kayembe retrouvé et un Adem Zorgane étourdissant de facilité, Andreas Skov Olsen a rebattu définitivement les cartes de la rencontre. Avant lui, Noa Lang avait laissé Bruges dans le match presque tout seul, à coups d’audaces individuelles pour secouer un collectif chamboulé. Au retour des vestiaires, le Danois a réglé la mire avec ce pied gauche qui sait tout faire : dribbler, centrer et marquer.

Au retour des vestiaires, Andreas Skov Olsen a réglé la mire avec ce pied gauche qui sait tout faire : dribbler, centrer et marquer.. BELGA PHOTO KURT DESPLENTER

Dans son sillage, le Club est redevenu une équipe. La possession était plus assurée, trouvant souvent ses pieds sûrs quand la pression se faisait ressentir. Le jeu plus fluide, comme si le ballon savait enfin où aller quand il transitait entre les Brugeois. Les Carolos, asservis par la qualité du gaucher des Blauw en Zwart, ne pouvaient que se retrancher et rêver de reconversions, après une mi-temps passée à dicter les évènements. En trois quarts d’heure, Skov Olsen facture 0,47 expected goal and assist, un but inscrit et un carton rouge provoqué. De quoi donner la sensation que le réveil brugeois passera inévitablement par ses pieds.

LE STANDARD OUVRE LES FENÊTRES

L’après-midi dominicale avait débuté par une scène tragicomique. Un Standard positionné haut sur le terrain, un duo désynchronisé entre Gojko Cimirot et Marlon Fossey, et une tranquillité inquiétante offerte à Toby Alderweireld pour sortir la longue-vue. Accompagné par Pacho, le Diable s’en est donné à cœur joie pour arroser le dos de la défense rouche, pris d’assaut par un Antwerp qui se dessine de plus en plus clairement en 3-2-5 quand il attaque.

Souvent, c’est l’étonnant Calvin Stengs qui accompagne alors le rafraichissant Arthur Vermeeren devant la défense. Formé bien plus haut sur le terrain, le gaucher néerlandais profite de son crochet court et de sa vista bien aiguisée pour se réinventer au cœur du jeu, avec l’énergie de celui qui recommence à jouer au football couplée aux mouvements chevronnés d’un homme qui en a déjà vu d’autres. Dans les grands espaces offerts par le Standard, dont le milieu est noyé par une défense qui recule et une attaque qui avance, le Néerlandais s’en donne à cœur joie. Sa feinte sur le deuxième but anversois, fruit d’une reconversion rapide et précise, valait à elle seul le coup d’œil sur le Bosuil.

Calvin Stengs, ici avec le rafraichissant Arthur Vermeeren, profite de son crochet court et de sa vista bien aiguisée pour se réinventer au cœur du jeu, avec l’énergie de celui qui recommence à jouer au football couplée aux mouvements chevronnés d’un homme qui en a déjà vu d’autres. . BELGA PHOTO KRISTOF VAN ACCOM

Le Great Old semble se trouver de plus en plus, face à un Standard qui cherche toujours la meilleure formule malgré un classement attrayant. L’échantillon prometteur du duo formé par Noah Ohio et Denis Dragus en début de seconde période a rapidement été éteint par le carton rouge de Cimirot et l’adaptation tactique qui a suivi, mais semble rappeler une fois de plus que les Rouches s’épanouissent sur la route des combinaisons courtes et des courses agressives en profondeur. Un football qui ne semble pas destiné à faire briller Stipe Perica.

GUSTAF NILSSON, PLUS QU’UN JOKER ?

Il a l’allure et les statistiques du supersub. Un bon mètre 97 sous la toise, des épaules de rugbyman et un sang-froid tout scandinave. Une fois de plus, le géant unioniste Gustaf Nilsson a donné la victoire en fin de rencontre aux Saint-Gillois contre OHL. Son huitième but, déjà, en à peine 660 minutes jouées. Pour la deuxième fois consécutive, c’est pourtant dès le coup d’envoi que Karel Geraerts avait lancé celui qui l’a déjà sorti de bien des impasses. Associé à Dante Vanzeir en semaine contre le Cercle pour un duo presque cliché, Nilsson recevait au Parc Duden la compagnie d’un Victor Boniface moins naturellement complémentaire.

Les mouvements communs de Victor Boniface et Gustaf Nilsson (ici désignant Loïc Lapoussin du doigt) ont fini par faire plier les Louvanistes dans leur surface. . BELGA PHOTO LAURIE DIEFFEMBACQ

Le Nigérian aime toucher le ballon. Beaucoup. Quitte à venir le chercher entre les lignes, parfois dans une position de numéro 8 qui se marie bien avec le goût de l’espace de Teddy Teuma. Une posture qui a souvent isolé Nilsson en pointe dans un duo qui ne semblait pas fait pour s’entendre. Pourtant, les mouvements communs des deux attaquants ont fini par faire plier les Louvanistes dans leur surface. Buteur décisif en tant que titulaire pour la deuxième fois de rang, le Suédois pourra-t-il convaincre Geraerts de prolonger la formule ? En cas de réponse positive, et avec les rumeurs de départ qui entourent Vanzeir, il faudrait en tout cas trouver des alternatives pour dévorer une profondeur dans laquelle les hommes de Marc Brys ont trop rarement été menacés samedi soir.

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