Joseph Paintsil, l’arme inattendue du Genk de Vrancken

Joseph Paintsil, l'une des belles suprises du RC Genk cette saison. (Photo by Joris Verwijst/Orange Pictures/BSR Agency/Getty Images)
Guillaume Gautier
Guillaume Gautier Journaliste pour Sport/Foot Magazine

Quatre ans après son arrivée dans le Limbourg, Joseph Paintsil explose enfin sous le maillot du Racing. La rencontre avec les idées de Wouter Vrancken est un coup de foudre.

Dans les logiciels des scouts de Dimitri De Condé, la filière est bien établie. Les talents venus d’Afrique, puis installés dans le football européen par l’intermédiaire d’une étape au nord ou à l’est du Vieux Continent sont un filon abondamment exploité par les chercheurs d’or du Racing. Pourtant, là où Paul Onuachu, Omar Colley ou Joseph Aidoo font office d’exemples de réussites, l’expérience limbourgeoise de Joseph Paintsil a longtemps retenti avec un bémol. Barré par Theo Bongonda et Junya Ito, relégué dans un rôle de supersub qu’il ne mettait que trop rarement à profit, le Ghanéen peinait à décoller son étiquette de sprinter maladroit. Il était même passé par un prêt en Turquie, prolifique face aux filets adverses (onze buts sous les couleurs d’Ankargücü) mais insuffisant pour bousculer la hiérarchie dans sa maison-mère. Jusqu’à la découverte du jeu de Wouter Vrancken qui a visiblement tout changé. Malgré une blessure qui l’a écarté des terrains pour un mois, de mi-septembre à mi-octobre, l’ailier des Genkies pointe déjà à sept buts et huit passes décisives cette saison. En 17 apparitions seulement, son record belge (sept buts et cinq assists l’an dernier) est déjà largement battu.

Ailier explosif, capable de faire la différence dans l’espace avec ou sans le ballon, Joseph Paintsil est le profil idéal pour exécuter le rôle campé par Nikola Storm dans le Malines de Vrancken. Les blessures et le mercato achèvent de le rendre indispensable. Contre Bruges, en ouverture du championnat, c’est lui qui sort du banc à la mi-temps pour remplacer le jeune Luca Oyen, blessé. Il occupera ensuite le flanc droit quand la vente de Junya Ito à Reims amènera Vrancken à placer Bilal El Khannouss à côté de Mike Trésor. Avec une ligne de trois qui comporte désormais ces deux profils plus attirés par le ballon que par l’espace, l’importance des courses de Paintsil augmente. Le départ du très mobile Cyriel Dessers et son remplacement par le retour aux affaires d’Onuachu est un pas de plus dans la direction d’un Paintsil capital.

(Photo by Rene Nijhuis/Orange Pictures/BSR Agency/Getty Images)

Dans les chorégraphies collectives esquissées par Wouter Vrancken, la recherche de la passe entre le central et le latéral adverse est un mouvement déterminant. Celui qui doit précéder les derniers gestes vers le but. Tous les déplacements imaginés par le coach ont pour objectif de trouver un joueur entre les lignes adverses, dans ce qu’il appelle les pocket zones, parcelle de prédilection pour lancer la passe de rupture. Pour que tous ces mouvements aient un sens, il faut évidemment l’appel en profondeur au bout de cette fameuse passe. Et là, Joseph Paintsil se charge généralement des travaux à droite, le flanc de prédilection de Genk pour attaquer. Les premiers appuis sont brutaux, la différence de vitesse presque systématique, et les choix qui suivent deviennent plus justes que jamais. Souvent frustrant à gauche, quand il rentrait sur son pied droit pour chercher la frappe enroulée, le Ghanéen est bien plus létal à droite, entre tirs croisés et centres appuyés.

Son nouvel environnement l’a rendu plus précis, mais aussi plus omniprésent : depuis le début de saison, Paintsil tourne à une moyenne de 0,75 expected goal and assist par 90 minutes disputées, contre 0,5 la saison précédente et 0,24 avant son prêt en Turquie. Pour le dire autrement, entre ses passes et ses tirs, il crée trois situations devant amener un but sur une période de quatre matches. Une moyenne qui le place parmi les six meilleurs générateurs de danger du championnat, derrière un top 5 où tous peuvent compter sur les phases arrêtées (des penalties pour Vincent Janssen, Dante Vanzeir, Ferran Jutgla et Onuachu, les corners et coups francs pour Trésor) pour faire gonfler leur rythme de croisière. Dans le jeu, avec ses mouvements brefs, précis et presque téléguidés, Paintsil n’a quasiment aucun égal sur le sol belge cette saison. Le Ghanéen savait déjà appuyer sur l’accélérateur, Wouter Vrancken lui a simplement indiqué le sens de la circulation.

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