Arthur Vermeeren : l’anti-Nainggolan qui doit permettre à l’Antwerp de franchir un nouveau palier

L'Antwerp ne peut déjà plus se passer d'Arthur Vermeeren. BELGA PHOTO TOM GOYVAERTS

L’Antwerp ne semble déjà plus pouvoir se passer dans son onze de départ d’Arthur Vermeeren, sa nouvelle pépite de 17 ans. L’éclosion rapide du jeune Belge est aussi une aubaine pour le club de la cité portuaire à plus d’un titre.

« J’ai été un peu stressé, mais dès que le match a commencé, tout cela a complètement disparu. Cela m’a même un peu surpris, car je n’avais pas osé penser que cela se passerait soudainement aussi bien », déclarait le jeune Arthur Vermeeren dans les colonnes d’Het Laatste Nieuws qui revenait avec lui sur ses deux premières titularisations sous les couleurs de l’Antwerp. Après avoir effectué sa joyeuse entrée en Coupe de Belgique face à Beveren, il avait ensuite vécu sa première titularisation en championnat contre le FC Bruges.

L’adolescent belge de 17 ans est la nouvelle perle en vue du côté du matricule 1 et de la Jupiler Pro League. Son éclosion au Great Old ne s’est produite qu’avant la trêve internationale consacrée à la Coupe du monde. Il avait obtenu ses premières minutes chez les professionnels en août dernier, lors des tours préliminaires de la Conference League. Après cela, Vermeeren a dû attendre quelques mois pour recevoir une nouvelle chance sous le maillot rouge. Ce n’est que lors de la 13ème journée de championnat qu’il est à nouveau monté au jeu. Après avoir bénéficié de 6 minutes contre Ostende puis de 14 contre Anderlecht, il était présent dès le coup d’envoi de deux rencontres importantes en quatre jours. Tout d’abord en Coupe de Belgique contre Beveren puis en championnat contre le Club Brugeois. Il a saisi ces possibilités à pleine main et pour couronner le tout, il a même été désigné joueur du mois de novembre à l’Antwerp.

Depuis lors, il fait partie des éléments indiscutables du onze de départ de l’Antwerp. Le week-end dernier, contre La Gantoise, il était titularisé pour la cinquième fois consécutive. Et tout cela alors qu’il ne fêtera sa majorité que le 7 février prochain. Vermeeren doit encore terminer ses études en sciences du sport à la Topsportschool d’Anvers.

Arthur Vermeeren à la lutte avec le Brugeois Jutgla lors de sa première titularisation en championnat. C’était le 13 novembre dernier. (Photo by Maarten Straetemans/Isosport)

Le jeune homme est également très conscient de ses qualités. « Je n’ai pas été surpris par ma bonne performance contre le Club », a-t-il affirmé à HLN. « Je connais mes qualités et je sais ce que je peux faire », a-t-il ajouté. L’une des forces d’Arthur Vermeeren est qu’il assume toujours sa propre force et ne semble pas ressentir la pression. « Le stress ? Il ne connaît pas », soulignait son entraîneur Mark van Bommel dans les colonnes de Gazet van Antwerpen.

Le milieu de terrain défensif estime que sa plus grande qualité est sa mentalité. « Plus encore que mes qualités footballistiques, je pense que c’est est mon point fort. Si je dois parcourir dix kilomètres pendant un match, alors j’en ferai douze », explique clairement le jeune Arthur. Son coéquipier et rival Faris Haroun voit lui aussi toutes ces qualités. « Le cran dont il fait preuve aujourd’hui, je l’ai aussi eu quand j’ai été incorporé dans le noyau A de Genk alors que j’étais aussi très jeune. Arthur ne se laisse pas prendre la tête et un bel avenir se dessine devant lui. Espérons le plus longtemps possible à l’Antwerp« , a-t-il déclaré, avec un petit sourire en coin, l’ancien Diable rouge à Gazet van Antwerpen.

Le fait que tout semble facile pour lui et qu’il ne semble pas devoir faire beaucoup d’efforts s’explique aussi par la qualité de l’encadrement dont il a bénéficié. La famille Vermeeren, avec notamment le père Toon, s’occupe de son fils et a toujours pensé sa carrière à long terme. Le directeur de l’Académie anversoise, Steven Smet le constate aussi. « Il bénéficie d’un environnement familial très équilibré, avec des parents attentionnés. Cela l’aidera certainement à tirer le meilleur parti de sa carrière ».

Le stress ? Vermeeren ne connaît pas ça.

Mark van Bommel, entraîneur de l’Antwerp

Le seul point de progression important à l’heure actuelle semble être la force et la puissance qu’il doit mettre dans les duels. Parfois, il est balancé un peu trop facilement par ses adversaires et l’adolescent en a évidemment conscience. Arthur Vermeeren a une solution en tête pour tenter de régler cela. « J’essaie d’être plus intelligent et plus vif que mon adversaire. Si vous vous lancez dans un duel avec la conviction nécessaire, vous pouvez prendre le dessus sur quelqu’un qui est plus grand et plus fort », a détaillé le milieu de terrain de 17 ans à HLN.

Le successeur de Radja Nainggolan

L’éclosion d’Arthur Vermeeren au sein du onze de départ anversois n’est pas étrangère à la situation de Radja Nainggolan. L’ancien Diable rouge, arrivé en star voici deux étés dans sa cité portuaire natale, a été renvoyé du noyau A avant la trêve consacrée au Mondial. Les frasques à répétition du Ninja ont conduit à un divorce avec le matricule 1 et elles ont, sans le vouloir, permis de lancer la carrière de Vermeeren.

« Si Nainggolan était encore là, je n’aurais probablement pas encore joué », admet le jeune milieu de terrain belge. Pourtant, il est difficile de comparer ces deux joueurs. Arthur Vermeeren est beaucoup moins turbulent sur le terrain et en dehors. Dans le jeu, l’adolescent est aussi le premier à construire le jeu et sera moins impliqué directement dans les passes décisives et les buts. Un aspect qui était l’un des points forts de l’ancien joueur de la Roma ou de l’Inter.

Sans les frasques de Radja Nainggolan, l’éclosion d’Arthur Vermeeren aurait été plus tardive. (Photo by Maarten Straetemans/Isosport)

Il ne faut pas non plus s’attendre à voir Vermeeren dribbler ou réaliser des coups d’éclat individuels comme en était parfois capable Nainggolan. C’est un bon footballeur mais plutôt simple qui ne se sert pas spécialement du ballon pour montrer son savoir-faire. « Une touche de balle ou maximum deux ou trois. Jamais plus. Et toujours cette volonté de jouer vers l’avant « , constate l’ancien Diable rouge devenu analyste, Franky Van der Elst, dans le quotidien Het Nieuwsblad. Ancien Brugeois, ce dernier compare même Vermeeren à l’icône des Blauw en Zwart, Jan Ceulemans. « Ils n’évoluent évidemment pas à la même place, mais tous deux possèdent une énorme mentalité et n’ont pas besoin de gris-gris ou d’artifices pour s’en sortir », poursuit-il.

Une locomotive pour les jeunes de l’Antwerp

La percée d’Arthur Vermeeren à seulement 17 ans est aussi une très bonne nouvelle pour la vision à long terme de l’Antwerp. En effet, la nouvelle pépite du Great Old n’est seulement que le troisième joueur du cru à jouer pour l’équipe première. Avant Vermeeren, seuls Robbe Quirynen (désormais chez le voisin du Beerschot) et Laurit Krasniqi (toujours là) y étaient parvenus. Le transfert d’Arthur Vermeeren des jeunes du FC Malines à ceux de l’Antwerp voici trois ans a été accueilli avec un brin d’étonnement. En effet, les équipes d’âge du Malinwa sont plus structurées et plus fortes que celles du Great Old.

Arthur Vermeeren (ici face à Julien de Sart de La Gantoise) doit encore s’améliorer dans les duels. BELGA PHOTO DAVID PINTENS

« Pourquoi j’ai choisi l’Antwerp ? J’ai senti qu’ils avaient un projet individuel clair en tête », explique le jeune Arthur à HLN. « J’ai eu le sentiment que le club avait réellement l’intention de faire percer des jeunes et de leur donner une chance dans le noyau A. C’est maintenant évident », poursuit-il. Le directeur général du matricule 1, Sven Jaecques, pense que la réussite actuelle de Vermeeren prouve que l’opération jeunesse menée dans la cité portuaire se déroule bien. « Sa percée n’est pas tombée du ciel« , affirme le Manager Général dans les colonnes de Gazet van Antwerpen. « C’est ímmens ce qui a changé depuis le 1er janvier 2017 en termes d’infrastructures, d’encadrement, d’entraîneurs professionnels, de collaborations avec des écoles de sport de haut niveau, etc… », estime-t-il encore.

Arthur Vermeeren doit désormais devenir à l’Antwerp une locomotive pour la jeunesse du club à l’image de ce qu’on été Kevin De Bruyne et Thibaut Courtois à Genk ou Romelu Lukaku et Youri Tielemans à Anderlecht. Avec un jeune homme aussi performant dans son équipe de départ, le Great Old espère désormais que les jeunes de la région ne choisiront plus nécessairement la capitale ou les Pays-Bas, mais resteront simplement à Anvers. Pour le projet du club, dont vous pouvez lire tous les détails dans le dernier numéro de Sport/Foot Magazine (qui paraîtra ce vendredi 13 janvier), Vermeeren est donc une aubaine.

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