Zeno Debast, Roberto Martinez et la quête éternelle du défenseur idéal

En juin dernier, lors du dernier rassemblement, Zeno Debast avait complété le noyau des Diables le temps d'une journée. (Photo by BRUNO FAHY / BELGA MAG / Belga via AFP) (Photo by BRUNO FAHY/BELGA MAG/AFP via Getty Images)
Guillaume Gautier
Guillaume Gautier Journaliste pour Sport/Foot Magazine

Parmi les 31 joueurs lancés par le sélectionneur des Diables depuis 2016, neuf sont des défenseurs centraux. Une longue liste que pourrait bientôt rejoindre Zeno Debast.

1652 minutes auront suffi. Même pas vingt matches complets chez les professionnels, mais déjà une place dans une liste de trente à l’avant-goût sablonneux de Mondial. Certains diront qu’il s’agit avant tout d’un mauve de plus, peut-être le septième débutant anderlechtois rendu international par les grâces de Roberto Martinez. Une remarque à laquelle le sélectionneur rétorquait, à l’occasion de la première sélection de Jérémy Doku au bout de l’année 2020 : « Je ne regarde pas le maillot quand je sélectionne un joueur. Je suis désolé si les fans de football pensent que je favorise un club. Ce n’est pas le cas, ils peuvent me faire confiance. »

Au tour de Zeno Debast, donc. Après Wout Faes, Siebe van der Heyden et Arthur Theate la saison dernière, Sebastiaan Bornauw, Hannes Delcroix, Elias Cobbaut ou Brandon Mechele avant eux, sans oublier la chance éphémère laissée à Christian Kabasele. Longtemps, la défense centrale belge a été sa plus grande certitude, au point d’aborder les grands rendez-vous de 2014 et 2016 avec une ligne arrière composée de quatre centraux. Les départs à la retraite de Daniel Van Buyten, Vincent Kompany puis Thomas Vermaelen sont passés par là, et les jambes qui s’alourdissent en même temps que les années qui passent n’ont pas encore poussé naturellement Jan Vertonghen et Toby Alderweireld vers la sortie. Étendards de la génération intermédiaire, progressivement relancés par Martinez après avoir été baptisés par ses prédécesseurs, Dedryck Boyata et Jason Denayer n’ont jamais véritablement pu prendre le relais.

La quête des successeurs prend alors parfois des voies inattendues. Elle place parfois Leander Dendoncker ou Timothy Castagne au sein d’un trio défensif au sein duquel d’aucuns imaginent désormais Axel Witsel depuis qu’il est utilisé dans ce rôle chez les Colchoneros par Diego Simeone. Il faut dire que les héritiers désignés de la nouvelle vague ont heurté bien des obstacles.

Zeno Debast est titulaire incontestable au sein de la défense d’Anderlecht depuis le début de la saison. (Photo by Joris Verwijst/BSR Agency/Getty Images)

Longtemps envoyé en U21, choix présenté par Martinez comme « une partie du process », Zinho Vanheusden accumule les ennuis physiques qui l’empêchent d’être la figure de proue de la relève qu’il était censé être. Des contre-temps, combinés aux débuts internationaux fébriles de Bornauw, qui offrent des chances surprenantes à des joueurs dont l’avenir diabolique avait très vite été classé sans suite : qui croyait encore en Theate, Faes ou van der Heyden quand ils étaient jugés insuffisants par et pour les plus grands clubs belges ? Si le troisième semble avoir rapidement vu s’évaporer son heure de gloire, les deux autres semblent désormais en bonne position pour rêver plus ou moins fort d’un siège dans l’avion vers le Qatar. L’histoire de Zeno Debast ou les éloges du sélectionneur pour Koni De Winter, seulement 194 minutes chez les pros, en sont des preuves supplémentaires : la défense centrale belge est un secteur où, désormais, tout peut aller très vite. Sauf peut-être les jambes de ceux dont la place dans les 26 est déjà garantie.

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