Speaking of the Devils | Amber Tysiak : « Renouveler l’effectif des Diables rouges va prendre du temps »

Amber Tysiak, une joueuse optimiste quant à l'avenir des Diables rouges. (Photo by Harriet Lander - The FA/The FA via Getty Images)
Aurelie Herman
Aurelie Herman Journaliste pour Sport/Foot Magazine

Quatre mois après le quart de finale historique des Red Flames à l’EURO 2022, c’est au tour des Diables rouges de porter haut les couleurs belges sur la scène internationale. À quelques heures d’un Mondial qui risque d’en dire beaucoup sur l’avenir de la sélection masculine, la parole est aux Flames, pour évoquer leurs Diables de référence. Aujourd’hui, Amber Tysiak, la tour de garde.

Un élément jeune, mais déjà doté d’un peu de bouteille. Voilà sans doute le joueur-type que Roberto Martínez voudrait pouvoir titulariser en défense, ce mercredi contre le Canada. Entre un binôme Jan VertonghenToby Alderweireld vieillissant un trio Zeno DebastArthur TheateWout Faes encore vert, le sélectionneur manque peut-être d’une cartouche pour se rassurer derrière. Pas de bol pour lui, Amber Tysiak porte bien le maillot des Red Flames. Jeune (22 ans), mais déjà « dans la place » (20 caps), on aurait bien vu la Louvaniste servir de lien entre cette nouvelle garde ambitieuse et ces vieux briscards à qui on ne la fait plus.

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« N’oublie quand même pas Leander Dendoncker ! », insiste celle qui a troqué son étiquette de milieu défensive pour celle d’arrière centrale il y a quelques années. Une polyvalence qui n’est pas sans rappeler celle de l’ancien Mauve. « C’est quelqu’un qui a de la force dans les duels tout en étant un bon manieur de ballon. Il joue simple, mais juste. Quelque part, je me reconnais un peu en lui », ajoute celle qui avoue son admiration pour le trident… offensif Kevin De BruyneRomelu Lukaku Eden Hazard. Et qui, paradoxalement, est l’une des têtes d’affiche d’un OHL leader de la Super League tout en bossant dans l’ombre.

Un rayon de lumière dont ne bénéficie pas toujours le milieu tout terrain d’Aston Villa, au grand regret de Tysiak. « C’est dommage parce qu’il a l’art de ne jamais hésiter à prendre des mètres dès qu’il en a l’occasion. C’est un trait de caractère que j’aime beaucoup chez un joueur. Il faut toujours aller de l’avant quand tu récupères le ballon et que tu as de l’espace. Ne pas douter mais agir, et sentir en toi quand tu dois céder le cuir. » Et vu sa propension à s’infiltrer balle au pied pour percer les lignes adverses et lancer les attaques du squad belge, Amber Tysiak sait de quoi elle parle.

Amber Tysiak
Amber Tysiak n’hésite jamais à gagner des mètres balle au pied. (Photo by DAVID CATRY/BELGA MAG/AFP via Getty Images)

Des anciens toujours là

Se faire confiance, donc. Cette assurance qui aurait pu quitter la Louvaniste après un EURO long de… 19 minutes pour elle, le temps d’entrer au jeu en poules contre la France avant de se faire exclure sur une faute de main. On se disait que ce tournoi serait le sien, il sera plutôt synonyme de cauchemar. Un mauvais rêve qui se poursuit début octobre, quand elle se fait à nouveau sortir en toute fin de rencontre face au Portugal, lors du barrage pour le Mondial 2023 (défaite 2-1). Quand ça veut pas…

Deux événements marquants qui auront au moins l’avantage de lui faire prendre de l’expérience. Précisément celle dont regorgent Alderweireld et Vertonghen. « Ils forment toujours un duo efficace et possèdent un énorme vécu, ce qui est essentiel quand on défend », se réjouit Tysiak, malgré la morosité ambiante qui entoure le secteur défensif des Diables. « Entre un Jan qui est toujours puissant et solide dans les duels, et la vista de Toby, sans parler de son jeu long qui est toujours au top, on n’est pas si mal pour ce tournoi », dit-elle, ajoutant que s’il ne brille pas par son explosivité, Alderweireld compense pas son physique de costaud et son sens de l’anticipation.

Ce Mondial est une bénédiction pour Zeno Debast. Surtout avec des grands frères comme Jan Vertonghen et Toby Alderweireld.

Amber Tysiak

Le sens du partage

Une Coupe du monde où Zeno Debast (19 ans), le benjamin de la défense, pourrait bien suivre une formation express. « Il a un potentiel énorme », s’enflamme la défenseuse centrale. « Ce Mondial, c’est une bénédiction pour lui. Surtout avec des grands frères comme Vertonghen et Alderweireld. En fait, je trouve ce mélange entre expérience et jeunesse vraiment intéressant.  Ça augure un futur radieux », poursuit Tysiak.

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Un avenir dont le visage serait donc celui du jeune Anderlechtois, à en croire celle qui ne devrait plus tarder à quitter la Belgique pour donner un nouveau coup de boost à sa carrière. « Et il y en a d’autres qui ont encore pas mal de belles années devant eux », continue Amber. « Le Qatar, c’est un nouveau départ pour un nouveau noyau. Mais tu ne peux pas redessiner toute une équipe en quelques semaines. C’est tout un processus. C’est pour ça que la présence des anciens ne peut qu’être bénéfique. »

Des « ancêtres » qui auront à cœur de clore l’aventure diabolique en beauté, histoire que le chapitre « Génération dorée » connaisse le happy end que tout un Royaume attend. « Ça paraît jouable en phase de poules, mais tout le monde devra être à 100% quand on passera aux éliminations directes. Perso, je vois plutôt le Brésil gagner », coupe Amber Tysiak, sourire aux lèvres. Décidément, y a plus de respect pour les anciens…

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