La succession de Roberto Martinez à la tête des Diables rouges est ouverte: voici six profils intéressants qui n’ont pas été cités

Le successeur de Roberto Martinez sera normalement un technicien étranger. (Photo by Michael Steele/Getty Images)

Roberto Martinez a rendu le tablier qu’il aurait de toute façon dû rendre ce 31 décembre. On l’a peut-être oublié avec les années, mais la nomination de l’Espagnol avait été une surprise à l’époque, alors que certains imaginaient des Michel Preud’homme, Louis van Gaal, Rudi Garcia, Marcelo Lippi ou Luis Fernandez prendre les rênes de la génération la plus aboutie des Diables, c’est un technicien relativement inconnu qui avait été choisi. Et en 2023, une possible surprise n’est forcément pas à exclure, surtout si l’on se fie à l’annonce publiée par la Fédération en début de semaine.

L’un des postes les plus convoités du Royaume est à pourvoir dans les prochaines semaines. Après six années, Roberto Martinez a annoncé au soir de l’élimination des Diables rouges au premier tour de la Coupe du monde qu’il ne rempilerait pas pour un nouveau mandat jusqu’au prochain championnat d’Europe. Ce sont deux hommes différents devraient reprendre ses fonctions de sélectionneur et de directeur technique. La presse a rapidement sorti le nom de ses favoris et aucune unanimité ne se dégage.

Les noms de Philippe Clement ou de Vincent Kompany sont ressortis du lot, tout comme celui de Michel Preud’homme. Wouter Vrancken, qui réalise une saison exceptionnelle du côté de Genk, s’est montré étonné d’avoir été mentionné à un moment. Thierry Henry, l’adjoint de Martinez, figure aussi parmi les candidats potentiels. Pourtant, rien ne dit que la maison de verre ne va finalement pas prendre tout le monde de court et désigner un technicien inattendu. Certes, Chris Van Puyvelde, le directeur technique qui avait dû désigner le successeur de Marc Wilmots, n’est plus présent et s’occupe désormais de la destinée du Maroc, mais la piste étrangère sera encore privilégiée comme cela a déjà été annoncé. MPH serait lui plutôt envisagé à la direction technique.

En début de semaine, la Fédération belge a publié une annonce dans laquelle est expliqué le profil recherché pour la succession de Martinez. « L’URBSFA est à la recherche d’un entraîneur fédéral à plein temps, qui sait ce que gagner signifie. Le nouvel entraîneur fédéral devra nécessairement être résolument ambitieux et disposer de l’expérience internationale nécessaire au plus haut niveau, de connaissances et d’idées tactiques ainsi que des compétences personnelles adéquates.»

Il est aussi précisé que le nouveau guide diabolique doit être « un serial winner avec de l’expérience dans la gestion de joueurs du top niveau » et qu’il « devra également savoir comment créer un groupe soudé et intégrer des jeunes joueurs ». Il devra aussi être « un expert tactique, qui appuiera ses choix sur la base de données, de la technologie et de paramètres objectifs, et utilisera l’expertise ainsi que la structure sportive de l’URBSFA ».

Sur base de ces critères, et sachant que malgré le profil idyllique demandé les finances de l’URBSFA sont loin d’être extensibles, nous avons essayé de dégager six noms qui ne sont pas forcément sortis dans la presse mais qui pourraient peut-être convaincre le triumvirat Thibaut Courtois, Kevin De Bruyne et Romelu Lukaku qui sera consulté par la task force composée par Peter Bossaerts (CEO de la Pro League), Bart Verhaeghe (président du FC Bruges), Sven Jacques et Pierre Locht (CEO de l’Antwerp et du Standard) pour définir l’identité du nouvel entraîneur.

Steven Gerrard (42 ans, Britannique)

Son parcours

Quelques semaines après avoir rangé ses crampons de joueur à Los Angeles, la légende de Liverpool est contactée par Milton Keynes Dons, formation de troisième division anglaise, pour commencer sa carrière sur le banc. Il se fera d’abord les dents au sein des équipes d’âge de Liverpool où il impressionne Jürgen Klopp par son éthique de travail et ses connaissance. Ce sont les Glasgow Rangers, qui renaissent de leurs cendres après leur liquidation en 2012, qui lui offriront sa première chance sur le banc d’une équipe de haut niveau. En trois années, Stevie G. rivalise à nouveau avec le Celtic, comme à la belle époque et en mars 2021, il ramène les lauriers nationaux à Ibrox. Quelques mois plus tard, en novembre, l’homme qui a remporté 64,5% de matches à la tête des Gers, est nommé à la tête d’Aston Villa en lieu et place de Dean Smith. Malgré les achats de quelques noms ronflants, dont celui de Philippe Coutinho, ancien de Liverpool avec lequel il avait encore évolué, mais aussi le Diable rouge Leander Dendoncker, les Villans peinent à s’extirper de la seconde moitié de tableau de la Premier League. Le club de Birmingham ne pouvant pas se contenter de cette situation sportive, il est démis de ses fonctions à la fin du mois d’octobre dernier avec un maigre bilan de 13 victoires, 19 revers et 8 partages.

Steven Gerrard. (Photo by Michael Regan/Getty Images)

A Glasgow, les Rangers version Gerrard évoluaient dans un 4-3-3 asymétrique qui devait dégager le couloir droit pour que l’infatigable capitaine James Tavernier puisse arpenter le flanc droit. Dans ce système hybride, Stevie G. exigeait aussi un pressing haut et une intensité de tous les instants. Une énergie qui transpirait également lorsque l’équipe était contrainte d’évoluer plus bas sur le terrain puisqu’elle devait défendre sa surface de réparation avec rigueur. Il n’a jamais réussi à appliquer ses principes à Villa Park, malgré un effectif plus riche mais pas forcément beaucoup mieux équilibré.

Pourquoi il serait un bon candidat ?

Jürgen Klopp ne s’inquiète pas pour l’avenir de la légende de Liverpool après son échec à Birmingham. Beaucoup de grands managers ont dû quitter leurs anciens clubs pour différentes raisons. Certains des meilleurs l’ont fait assez fréquemment au cours de leur carrière et se sont présentés ailleurs, ont appris de cela, ont trouvé une meilleure situation, peu importe. Il reviendra, à 100 % », a ajouté l’émblématique coach allemand au sujet de Gerrard, cité à Wigan ces dernières semaines. « Maintenant, j’espère qu’il prendra un peu de temps pour lui. Depuis qu’il a terminé sa carrière, il travaille pratiquement tout le temps. Peut-être se reposer maintenant un peu pour se recharger », estimait encore Klopp.

Et pourquoi pas en reprenant, au même âge que Martinez après son renvoi d’Everton, une sélection nationale ? Le travail au quotidien y est nettement moins lourd mais dans un contexte qui lui permettrait de rester en vue au niveau international. Son nom et son charisme devraient parler à la nouvelle génération et convaincre le trio de Diables rouges qui aura son mot à dire dans le processus de désignation du nouveau sélectionneur. Ambition, expérience internationale du haut niveau, il a forcément connu comme joueur les vestiaires avec de gros caractères. Il possède une identité tactique assez définie et avait mis en place un collectif plutôt soudé aux Rangers. Au niveau de la jeunesse, il a lancé des Ryan Kent et Glen Kamara qui sont devenus des cadres de la formation de Glasgow.

La Belgique ne serait-elle pas le cadre idéal pour que Gerrard puisse peaufiner ses acquis avant de reprendre le flambeau d’un Jürgen Klopp dont le contrat à Anfield Road se termine normalement en 2026 ? Le hic, c’est que ce rêve scouser pourrait le pousser à quitter Tubize et le navire diabolique plus rapidement que prévu si jamais le coach allemand devait être démis de ses fonctions avant son terme. Il suffit de repenser à son départ en pleine saison pour Aston Villa. Mais ces départs d’entraîneurs sous contrat pour d’autres cieux commencent à (re)devenir monnaie courante dans le football actuel.

Ralph Hasenhüttl (55 ans, Autrichien)

Son parcours

Si Pep Guardiola a offert à l’un des joueurs qui doit incarner la relève diabolique, Romeo Lavia, ses premières minutes de jeu chez les professionnels, il ne l’a fait qu’à l’occasion des joutes de moindre importance en Cup ou en League Cup. Ralph Hasenhüttl reste celui qui lancé le joueur formé par Anderlecht dans le grand bain de la Premier League. L’Autrichien est d’ailleurs familier de notre pays puisqu’il y est resté deux ans quant il était joueur. Une année derrière les Casernes malinoises avant de rejoindre un Lierse, tout auréolé d’un titre de champion de Belgique et avec lequel il a évolué en Ligue des Champions. En 2004, il enfile le training d’entraîneur en s’occupant des jeunes munichois d’Unterhaching. Il devient ensuite adjoint d’un Werner Lorant dont il reprendra le poste par la suite. Il mène le club aux portes des barrages pour la montée en deuxième division et quitte ensuite le club la saison suivante alors qu’il ne pointe qu’à la 10e place. Il guide ensuite Aalen en Bundesliga 2 avant de rejoindre la lanterne rouge Ingolstadt en 2013. Il parvient à sauver cette dernière avant de lui offrir l’année suivante le titre de champion et la promotion parmi l’élite. Il prend en charge le RB Leipzig à partir de la saison 2016-17 et le taureau ailé est invaincu pendant 13 journées. Il terminera ensuite premier dauphin du Bayern Munich.

Ralph Hasenhüttl. (Photo by Visionhaus/Getty Images)

Après une décevante sixième place la saison suivante, Hasenhüttl rend son tablier et signe le 5 décembre 2018 à Southampton. Premier technicien autrichien à s’asseoir sur un banc de Premier League, il sera remercié juste avant le Mondial avec un bilan de 60 succès, 75 défaites et 38 partages. Seizième au terme de sa première année de mandat, Hasenhüttl terminera onzième lors de sa deuxième année avant de conclure les deux dernières saisons à la 15e place. Cette année, les Saints se trouvaient dans la zone rouge.

Pourquoi il serait un bon candidat ?

A 55 ans, l’homme n’a jamais été considéré comme un grand entraîneur en devenir mais reste un technicien respecté. L’école allemande a toujours formé de bons coachs pour faire briller les collectifs, même s’ils éprouvent parfois plus de difficultés à tirer le meilleur profit de talents individuels. Les exigeances du Gegenpressing cher à Jürgen Klopp et la connaissance des datas ne seront pas un problème pour le natif de Graz. Il est aussi réputé pour être un technicien flexible sur le plan tactique. Lors de sa première saison à Southampton, il a d’abord appliqué un 3-5-2, avant de revenir à un 4-2-2-2 (son système préféré) au milieu de sa deuxième saison. C’était de cette manière qu’il faisait jouer Leipzig. Pour s’adapter à ses adversaires, il est ensuite revenu à des 3-5-2 et 3-4-3. Ralph Hasenhüttl a décrit ce qu’il veut voir de son équipe : « Quand vous avez le ballon, prenez une décision rapide, effectuez une transition rapide vers l’avant. Il s’agit d’être émotionnel, d’être rempli de passion. Il faut également maintenir le rythme à un niveau élevé et ne pas ralentir le jeu. C’est ce que les gens veulent voir, je pense. » Son expérience de 4 ans en Angleterre et dans une équipe importante de Bundesliga devraient satisfaire aussi le triumvirat de Diables. Tino Livramento, Armando Broja, Mohammed Salisu, Dayot Upamecano, Lukas Klostermann, Naby Keita, Marcel Sabitzer ou Timo Werner. Voici quelques jeunes gars qui ont éclot à Southampton ou Leipzig sous la houlette d’un coach autrichien dont le seul bémol sera sans doute le côté serial winner. Même s’il n’a pas toujours eu les meilleures équipes en main, son palmarès est forcément un peu maigrichon, tout comme son amour d’internet. A Southampton, Hasenhüttl n’avait pas hésité à faire bloquer le wi-fi dans les chambres d’hôtel de ces joueurs pour éloigner ses joueurs de l’addiction aux jeux vidéos. Reste à espérer pour l’Autrichien que les KDB, Courtois et Big Rom’ ne soient pas trop gamers dans l’âme.

Marcelo Gallardo (46 ans, Argentin)

Son parcours

Après une carrière qui lui a notamment fait traverser l’océan Atlantique pour porter les couleurs de Monaco et du PSG, Marcelo Gallardo a enfilé le costume d’entraîneur du Nacional, club dans lequel il venait de ranger ses crampons. Chez le géant du championnat uruguayen qui a vu éclore un certain Luis Suarez, il décrochera un titre national avant de s’en aller après seulement une saison. Deux ans plus tard, il est nommé à River Plate, un club dans lequel il avait déjà connu trois passages comme joueur dans sa carrière. Au total, il aura défendu les couleurs d’El Millonario pendant 11 ans et restera quasi aussi longtemps sur le petit banc de l’Estadio Monumental. Gallardo y a remporté un maximum de trophées, aussi bien sur la scène argentine que continentale. Un seul championnat d’Argentine en 2021 certes, mais trois Coupes nationales (2016,17 et 19) et six titres internationaux. Deux Copa Libertadores, la Ligue des Champions d’Amérique du Sud (2015 et 2018), une Copa Sudaméricana (2014) et trois Recopa Sudamericana (2015,16 et 19). Gallardo a imprimé une véritable griffe et à son équipe et a permis l’éclosion de quelques grands talents, les deux derniers en date étant Julian Alvarez et Enzo Fernandez, qui redynamisent complètement l’équipe nationale argentine du côté du Qatar.

Marcelo Gallardo. (Photo by Marcelo Endelli/Getty Images)

Pourquoi ce serait un bon candidat ?

Marcelo Gallardo, aujourd’hui âgé de 46 ans, a décidé de quitter River Plate il y a quelques semaines et ambitionne désormais de découvrir le football européen. Son nom a circulé dans les couloirs de certains clubs comme la Juventus ou le FC Barcelone, où les techniciens en place ne font plus forcément l’unanimité. Gallardo est un entraîneur qui aime le risque, adepte d’un pressing intense et d’un jeu fortement porté vers l’offensif avec des circuits de passes précis. Il se trouve dans la lignée de nombreux coachs argentins inspirés par Marcelo Bielsa.

Le natif de Merlo aime aussi changer son système tactique, passant parfois du 4-4-2 en losange au 4-3-3, souvent même en cours de match. L’ancien joueur du PSG est aussi capable de gérer la pression et il se suffit de se rappeler de la défiance dont il fut l’objet lors de sa nomination à River Plate. Il a résisté à cela pour ramener El Millonario en haut de l’affiche. Il a aussi formé de nombreux jeunes dont certains qu’il a aidés à trouver une place dans de bons clubs européen. Il n’hésite pas non plus à garder certains anciens dans son équipe pour mieux encadrer la nouvelle génération. Les Enzo Perez ou Javier Pinola ont continué à faire figure d’incontournables, même quand ils étaient largement rentrées dans la trentaine. Mais cela n’a pas empêché les Julian Alvarez et Enzo Fernandez de percer et de devenir à leur tour des fers de lance de River Plate. Dans une Belgique à la croisée des chemins et où la pression sera sûrement moindre qu’au sein de ténors européens en reconstruction, Gallardo ne trouverait-il pas un meilleur cadre pour s’acclimater aux spécificités du football européen ?

Mauricio Pochettino (50 ans, Argentin)

Son parcours

Le défenseur central argentin range les crampons à l’Espanyol Barcelone en 2006 fait d’abord ses gammes comme entraîneur de l’équipe féminine avant de diriger celle-ci pendant six mois. En 2009, les Perruches le nomme entraîneur principal et malgré de bons résultats, il est démis de ses fonctions en 2012 par le nouveau président du club qui souhaitait imposer ses hommes de confiance. Il rebondit alors en Premier League à Southampton quatre mois plus tard et la saison suivante, en novembre, il réalise la meilleure moyenne de points par match pour un entraîneur dans l’histoire du club (en première division anglaise). Il fait de garçons comme Adam Lallana, Luke Shaw, Morgan Schneiderlin et un jeune talent du cru James Ward-Prowse, devenu capitaine des Saints depuis lors. Tottenham flaire le bon coup et il obtiendra d’excellents résultats, notamment avec un Christian Eriksen à la baguette et en lançant définitivement la carrière d’Harry Kane. Son passage au PSG, un club dans lequel il avait évolué comme joueur, ne sera pas une franche réussite. Il ne parviendra pas à tirer le meilleur de son trio de stars galactiques Lionel Messi, Kylian Mbappé et Neymar.

Mauricio Pochettino. (Photo by Silvestre Szpylma/Quality Sport Images/Getty Images)

Pourquoi il serait un bon candidat ?

Un entraîneur argentin à l’armoire à trophées peu remplies, voilà qui pourrait coller avec un pays qui attend toujours un titre depuis l’olympiade de 2020. Dans sa carrière, celui qui a été biberonné par les préceptes tactiques de Marcelo Bielsa a permis à Tottenham d’atteindre la finale de la Ligue des Champions avec une défense centrale composée de Toby Alderweireld et Jan Vertonghen. Les deux défenseurs devront sans doute petit à petit laisser place à de nouvelles têtes mais pourraient aider El Poche dans sa mission. Adepte du 4-3-3, l’homme aime faire travailler ses joueurs, tout comme celui qui l’a inspiré. Les futurs appelés diaboliques seront soumis à des séances intenses, extrêmes et travaillées dans les moindres millimètres. « C’est la mentalité qu’il essaie de nous enseigner tous les jours : être courageux, ne pas avoir peur de l’adversaire. On essaie de contrôler le ballon, de contrôler le match et de mettre de l’intensité« , racontait Hugo Lloris, le capitaine de l’équipe de France, qui fut sous les ordres du Poche à Tottenham.

Certains des aspects mentionnés étaient parfois absents de la partition chorégraphiée au millimètres par Martinez. Pochettino devra en revanche inculquer le sens de la gagne à son effectif et cet argument ne plaide pas spécialement en sa faveur au vu de son palmarès riche de seulement trois titres. Une Ligue 1 remportée quand il a repris le flambeau qu’on avait retiré à Thomas Tuchel, avant de vivre un affront la saison suivante avec Lille qui s’est paré des lauriers nationaux. A part ça, il a aussi remporté une Coupe de France et une Supercoupe dans le même pays. Pas vraiment les trophées sur lesquels il est difficile de mettre la main dessus quand on est à la tête du PSG… Avec Tottenham, la vitrine à coupes est restée vide comme celle des Diables rouges.

Autre bémol, les langues. L’Argentin a beau avoir évolué trois ans à Paris lorsqu’il était joueur et savoir parler le Français, c’est en anglais qu’il risque de s’exprimer comme il l’a fait lors de son mandat sur le banc du club résidant au Parc des Princes. C’est son fidèle adjoint Miguel d’Agostino, francophone accompli, qui pourrait s’occuper de la VF. Pochettino ne parlait pas la langue de Molière en raison de sa maîtrise imparfaite et parce qu’il ne voulait pas que ses propos soient déformés. Une expérience qu’il a déjà vécue et qu’il ne souhaite pas revivre. Ceux qui reprochaient à Martinez de ne s’en tenir qu’à l’Anglais pourront encore grincer des dents si Maurico Pochettino s’installait dans le costume de guide diabolique. Sans parler de son salaire qui pourrait être un frein dans les négociations.

Domenico Tedesco (37 ans, Allemand)

Son parcours

Né en Calabre, il a pratiquement vécu en Allemagne toute sa vie puisque ses parents ont émigré dans le district de Stuttgart quand il n’avait que deux ans. Sur le terrain, il n’a jamais été plus haut que le niveau amateur et n’y a joué que brièvement. Domenico Tedesco a décroché un baccalauréat de génie industriel et de gestion de l’innovation. Il a ensuite passé ses diplômes d’entraîneur au sein de la Hennes-Weisweiler-Akademie où il a terminé major de sa promotion devant un certain Julian Nagelsmann. ll a commencé par les équipes d’âge, d’abord celles de Stuttgart avant de prendre en charge les U19 d’Hoffenheim. En mars 2017, l’Erzgebirge Aue s’attache les services de ce technicien novice alors qu’il occupe une peu enviée lanterne rouge en Bundesliga 2. La mission qui semblait impossible sera relevée avec brio par l’homme de seulement 31 ans. Aue prend 20 points sur 33 possibles, termine 14e place et évite de descendre à l’étage inférieur. Schalke 04 essaie de surfer sur ce succès et l’engage dans la foulée. Il devient le deuxième plus jeune entraîneur à officier en Bundesliga derrière Nagelsmann.

Malgré que les Knappen soient réputés pour être une usine à gaz, Tedesco, qui va marquer les esprits en remontant un écart de 4 buts à 25 minutes de la fin dans le derby de Ruhr contre le Borussia Dortmund, va les mener à une inattendue deuxième place avec un bilan de 18 victoires, 7 défaites et 9 partages. Dans la foulée, il prolonge son contrat de quatre ans. Mais la patience n’est pas la vertue de nombreux dirigeants et une défaite humiliante 7-0 contre Manchester City en Ligue des champions en mars 2019 aura raison de lui. Il quitte alors l’Allemagne pour rallier la Russie au mois d’octobre. Sa mission, ramener le Spartak Mouscou au sommet. Il ne termine que septième la première année, mais reste malgré tout en place. Lors de l’exercice suivant, le Spartak se mêle à la course au titre, même s’il ne décroche par les lauriers nationaux. Tedesco sera cependant nommé par deux fois « entraîneur du mois. » A la fin de la saison 2020-2021, il quitte la formation moscovite, à la surprise générale, pour raisons familiales.

Domenico Tedesco. (Photo by Fantasista/Getty Images)

Le 9 décembre 2021, il remplace Jesse Marsch à la tête du RB Leipzig. Le club mal embarqué en Bundesliga se redresse et surtout remporte le tout premier titre de son histoire avec le gain de la Pokal (la Coupe). Cette saison, le conte de fés ne s’est pas prolongé et il a été renvoyé dès le début du mois de septembre après une défaite en Ligue des Champions face au Shakhtar Donetsk qui s’associait à un départ raté en championnat. Il affichait pourtant une moyenne de 55% de rencontres gagnées.

Pourquoi il serait un bon candidat ?

Jeune, ambitieux, adepte des données, Domenico Tedesco est certainement l’un de ses prodiges d’une nouvelle vague d’entraîneurs qui n’a pas dû d’abord montré ses qualités balle au pied avant de convaincre de leurs qualités tactiques et de meneur d’hommes. Il peut être considéré comme un serial winner vu les résultats accomplis avec Schalke 04 et le Spartak Moscou, deux clubs historiques en perte de vitesse ces dernières années. A Leipzig, il a offert le premier trophée tant attendu par le taureau ailé. Tout ça alors qu’il n’a que 37 printemps. Polyglotte, il peut communiquer plus ou moins couramment en sept langues, ce qui sera un atout indéniable dans une Belgique si tatillonne à ce sujet. « Au RB Leipzig, il a rendu aux professionnels de Leipzig ce que Jesse Marsch leur avait enlevé », relevait le magazine de référence allemand ‘Kicker’. Ce dernier soulignait aussi les structures plus claires apportées sur le terrain.

Tedesco est aussi un coach qui appuie sur les forces de ses joueurs et qui n’a pas une vision idéale qui ne correspondrait pas aux qualités de son effectif. « C’est une personne formidable, avec lui tout le monde se sent important », expliquait à son sujet l’international suédois Emil Forsberg. Domenico Tedesco est aussi réputé pour être un volcan sur la touche. Il dirige constamment ses joueurs, gesticule, encourage et se frite parfois avec les arbitres qu’il n’hésite pas à apostropher.

Tedesco est un vrai tacticien, capable de faire évoluer son schéma tout en conservant généralement la base avec une défense à trois. Il n’a pas peur de faire des choix forts comme quand il a écarté le champion du monde Benedikt Höwedes à Schalke 04 ou fait reculer un milieu défensif comme Benjamin Stambouli dans sa ligne arrière. S’il est habitué à travailler à avec les jeunes, il n’hésite pas à faire confiance à des anciens capables d’apporter un plus technique et dans la gestion des matches.

Giovanni Van Bronckhorst (47 ans, Néerlandais)

Son parcours

Plus besoin de présenter le latéral gauche offensif aux 106 matches pour les Oranje. Il a connu de grands clubs dans sa carrière: Feyenoord où il fut formé et terminera sa carrière, les Glasgow Rangers, Arsenal et le FC Barcelone. Giovanni Van Bronckhorst aime les endroits qu’il connait déjà comme sa poche puisque ses premières expériences sur le banc se sont déroulées au sein des deux premières formations. Cinq ans après sa retraite, Van Bronckhorst est nommé à la tête de Feyenoord à la place de Fred Rutten, un coach qui connaîtra un parcours chaotique à Anderlecht par la suite. Le club de Rotterdam marque le pas depuis quelques temps par rapports à ses rivaux d’Amsterdam et d’Eindhoven. Il parvient cependant à conquérir deux Coupes des Pays-Bas en 2016 et 2018, mais surtout un titre de champion en 2017. On l’a parfois oublié, crise sanitaire oblige, mais le Néerlandais s’est offert, après avoir fait le tour de la question au Kuip, un petit exode en Chine à Guangzhou R&F où il a repris la tâche du sélectionneur serbe actuel Dragan Stojkovic et entraîné un certain Mousa Dembélé. Gio quittera finalement l’Empire du Milieu en décembre de 2020 pour raisons personnelles. Dans un pays devenu hermétique à cause du virus, il avait du mal à s’épanouir. « Ne pas voir ma famille pour moi était – et est – la seule raison pour laquelle je veux retourner en Europe« , déclarera-t-il.

Il prend ensuite le relais de Steven Gerrard aux Glasgow Rangers et permet au club écossais de connaître de nouveaux succès. Les Gers ne remporteront pas les lauriers nationaux mais une Coupe nationale. Ils atteindront surtout la finale de l’Europa League la saison passée et parviendront à se qualifier pour la phase de groupes de Ligue des Champions en septembre dernier après douze ans d’absence. Lors des tours préliminaires, les Ecossais avaient d’ailleurs souffert contre l’Union Saint-Gilloise qui les avait battus 2-0 à Louvain avant de craquer à Ibrox. La campagne européenne tout bonnement catastrophique des Rangers, avec 0 points pris mais surtout seulement deux buts marqués et 22 encaissés, lui sera fatale.

Giovanni van Bronckhorst. (Photo by Rob Casey/SNS Group via Getty Images)

Pourquoi il serait un bon candidat ?

A 47 ans, Giovanni Van Bronckhorst devrait encore un moment s’il veut continuer sur le banc la tournée des clubs dans lesquels il a évolué comme joueur. Arsenal se porte à merveille sous la direction de Mikel Arteta et il ne serait pas envisagé dans le haut de la liste des successeurs potentiels de Xavi au Barça. Le profil très offensif de James Tavernier l’a obligé à adopter un 4-2-3-1 asymétrique à Ibrox, même s’il a d’abord continué avec le 4-3-3 de Gerrard au début. Le premier système cité semble son préféré et était aussi celui qu’il a le plus connu en équipe nationale comme joueur. Vu son vécu de joueur, Van Bronckhorst a su exploité au mieux les qualités d’un Tavernier qui lui ressemblait beaucoup bien qu’évoluant sur l’autre côté. Ses ailiers évoluent généralement sur le côté de leur mauvais pied afin de plus rentrer dans le jeu et de permettre aux latéraux d’apporter plus de soutien. En Chine, dans une équipe de deuxième partie de tableau, il a plus souvent changé son animation : 5-4-1, 4-3-2-1, 3-4-3 ou 3-4-1-2. Le Néerlandais semble capable d’adapter ses idées à la qualité de son noyau, ce qui ne sera pas un désavantage chez des Diables où la variété des profils à tous les postes n’est pas la plus grande du continent.

« J’aime la dynamique, le 4-3-3 et le fait de pouvoir changer d’animation. Il s’agit de gagner le match. Cela peut se faire de plusieurs manières : avec un football offensif, avec un bon bloc », racontait-il y a quelques années à NOS. « Chaque adversaire est différent. Préparer une équipe à un match et à sa dynamique, c’est ce qui est génial dans le métier d’entraîneur », expliquait-il encore.

Pour se former au métier, il s’est inspiré des nombreux techniciens qu’il a connus au cours de sa longue carrière de joueur. « Il y a eu Dick Advocaat, Louis van Gaal, Frank Rijkaard, Ronald Koeman et Arsène Wenger. Ils avaient tous leurs propres méthodes et leurs styles différents, et j’ai essayé de me forger ma propre identité et ma propre philosophie en tant qu’entraîneur, sans jamais oublier les points positifs que j’ai tirés de chacun d’eux », racontait-il il y a quelques années.

Vu les titres et les succès qu’il a connus avec des clubs historiques qui sont en perte de vitesse par rapport à leurs grands rivaux ces dernières, on peut qualifier Van Bronckhortst de serial winner. Son vécu de joueur en fait quelqu’un capable de connaître les exigences des plus capricieux et des forts caractères. Il a évolué au haut niveau toute sa carrière et le connaît forcément sur le bout des ongles. Le plus gros bémol à son sujet ne reste-t-il pas d’être Néerlandais dans notre pays si complexe ?