Eden Hazard : 100 témoignages pour une légende

La Belgique devra faire sans le talent et le sourire d'Eden Hazard. (Photo by Mike Hewitt - FIFA/FIFA via Getty Images)
Guillaume Gautier
Guillaume Gautier Journaliste pour Sport/Foot Magazine

Eden, l’aîné de la fratrie Hazard, a annoncé ce mercredi son retrait de l’équipe nationale belge. Lorsqu’il avait atteint le cap des 100 sélections chez les Diables rouges, nous avions sondé le même nombre de personnes afin qu’ils nous livrent leurs impressions sur Hazardinho.

1. PHILIPPE ALBERT – Ancien international belge

« C’est un des cinq meilleurs joueurs du monde, il a un des plus gros salaires, mais il ne se la pète jamais. Humainement, il fait encore partie de l’ancienne école. Il connaît les vraies valeurs. »

2. TOBY ALDERWEIRELD – International belge

« Il a quelque chose de spécial. Tous les adversaires ont peur de lui. Il faut beaucoup de joueurs pour l’arrêter, et ça crée des espaces pour ses coéquipiers. C’est pour ça qu’il est si important. »

3. DEMBA BA – Ancien équipier à Chelsea

« Les gens doivent parfois se dire qu’il s’ennuie parce qu’il ne fait jamais la Une des tabloïds, mais il fait exactement ce qu’il aime. Il n’est jamais dans la confrontation. Dans la vie, il n’a jamais eu besoin de mettre des pains pour se faire respecter. »

4. MICHY BATSHUAYI – International belge

« Je ne suis pas un joueur qui se met la pression, mais lui c’est encore autre chose. Pour lui, c’est comme un jeu, ça l’excite. Quand il y a de grosses affiches, certains ne parlent pas, ils sont focus. Lui, c’est tout le contraire. Il a envie de s’amuser. »

5. ELIE BAUP – Entraîneur français

« Si tu es un peu trop près ou un peu trop loin de lui au marquage, il te bouffe. »

Eden Hazard et Michy Batshuayi. (Photo by Visionhaus/Getty Images)

6. MEHDI BAYAT – Ancien vice-président de la Commission technique en charge des Diables rouges

« Sur un terrain comme en dehors, il est hors-catégorie. Il a reçu une éducation exceptionnelle, et il témoigne toujours d’une joie de vivre qu’il transmet à tous. »

7. CHRISTIAN BENTEKE – International belge

« Quand il a rencontré mes amis d’enfance pour la première fois, ils étaient choqués. Directement, c’était Eden qui faisait la conversation. On aurait dit qu’ils étaient potes depuis toujours. »

8. JOHN BICO – Son ancien agent

« Il a tout pour se la péter, et il ne se la pète pas. Il est jeune, talentueux, riche, célèbre et presque aussi beau que moi. Et pourtant, il reste d’une simplicité à toute épreuve. »

9. VITAL BORKELMANS – Ancien adjoint des Diables rouges

« Un gentleman et un leader, sur le terrain et en dehors. Je me souviens qu’un jour, je lui ai annoncé qu’il allait marquer de la tête le lendemain. Et il l’a fait ! Il a couru vers moi après son but et il est venu me dire : Tu avais raison. Un super gars. »

10. JACQUES BORLÉE – Père et coach d’athlètes de talent

« Je le trouve extraordinaire dans sa façon de ne jamais réagir. Le gars se fait découper à tout bout de champ mais il reste zen, il ne cherche jamais à se venger, il n’a jamais une réaction de mauvaise humeur. Et il n’y a jamais de chiqué avec lui. Tout le monde voit son talent exceptionnel, mais peu de gens se rendent compte de ça. »

11. DYLAN BRONN – Adversaire en Coupe du monde

« Sur les premiers mètres, même si tu donnes tout, il va trop vite pour toi. J’ai réussi à le tacler une fois et à lui prendre le ballon, j’étais assez fier. Il est dans son jardin, juste là pour prendre du plaisir, comme s’il jouait avec ses potes dans une cour d’école. »

12. BOB BROWAEYS – Sélectionneur lors de l’EURO U17 en 2007

« Ce qui me surprend le plus, c’est qu’il est toujours resté le même joueur. Il joue toujours de la même façon. C’est un exemple pour beaucoup de joueurs. Sa leçon, c’est : crois en tes points forts, et garde-les. Beaucoup de joueurs se concentrent sur ce qu’ils ne savent pas faire et perdent de la confiance. Il s’est toujours focalisé sur ses atouts et ça a payé. »

13. JANICE CAYMAN – Internationale belge

« On croise parfois les Diables au centre national de Tubize, et je suis toujours frappée par sa façon d’être, amicale et souriante. Voir qu’on parle seulement de ses qualités footballistiques dans les médias et jamais de sa vie privée, je trouve ça beau. »

14. JAN CEULEMANS – Ancien recordman de sélections chez les Diables

« Il est incroyablement bon. C’est un joueur déterminant, pour son club et pour l’équipe nationale. Il appartient au top absolu. S’il est encore un cran en dessous de Messi ou de Ronaldo, c’est parce qu’il est plus un passeur qu’un finisseur. Imaginez si en plus, il mettait 20 buts par saison… »

15. MATTHIEU CHALMÉ – Ancien arrière droit de Ligue 1

« Il marche à l’instinct, il est imprévisible. C’était un des rares joueurs du championnat français à pouvoir éliminer trois joueurs sur une même action. »

Eden Hazard du temps de Lille contre le Bordelais Matthieu Chalmé. (Photo credit should read ROMAIN PERROCHEAU/AFP via Getty Images)

16. RACHID CHIHAB – Coach chez les jeunes à Lille

« Il avait une forme de maturité que les autres ados n’avaient pas, la maturité d’un adulte. À côté de ça, il avait certains défauts de son âge. Dans ces moments-là, je devais lui rappeler que son talent ne l’autorisait pas à arriver plus tard que les autres. »

17. LAURENT CIMAN – Ancien international belge

« J’ai lu un jour que Roberto Martinez avait dit que j’étais le premier joueur qu’il mettait sur la feuille de match. Mais je pense que le numéro un, ça reste quand même Eden Hazard, non ? Si je peux être le numéro deux, c’est déjà pas mal (rires). »

18. ANTONIO CONTE – Ancien manager de Chelsea

« Sur le terrain, il est toujours un point de référence pour ses coéquipiers. Au moment où vous voulez lui passer le ballon, il sera déjà dans la bonne position pour le recevoir. »

19. THIBAUT COURTOIS – International belge

« À l’entraînement, les plus grands joueurs t’impressionnent parfois encore plus qu’en match. À Chelsea, ce que faisait Eden, ça me faisait souvent ouvrir de grands yeux. Sa façon de pivoter, c’est impressionnant.»

20. LOÏC DAMOUR – Ami et joueur du FC Versailles

« Sa force, c’est sa famille. Quand tu parles avec son père, ce n’est pas le père d’Eden Hazard. Pourtant, dans le foot, il y a beaucoup de parents qui vivent à travers la réussite de leur enfant. Eden, pour ses parents, c’est juste un joueur de foot. Point. Mais surtout leur fils. »

21. KEVIN DE BRUYNE – International belge

« La star de la sélection, c’est Eden et personne d’autre. »

22. IGOR DE CAMARGO – Ancien international belge

« On a fait nos débuts en équipe nationale à trois mois d’intervalle. J’ai été frappé par le fait qu’il savait déjà très bien ce qu’il voulait. Il voulait aller très haut et il ne s’en cachait pas. Tout en étant toujours dans les premiers pour déconner. »

23. MARC DEGRYSE – Ancien international belge

« Cette accélération balle au pied, cette façon de slalomer entre les adversaires, ça me fait penser à Lionel Messi. Il est pratiquement impossible de le suivre et on ne peut l’arrêter qu’en commettant la faute. Quand il fait quelque chose balle au pied, tout a l’air d’aller de soi. »

24. JASON DENAYER – International belge

« Quand tu le regardes de l’extérieur, tu as l’impression de jouer à la PlayStation : il prend la balle, il accélère, il dribble, il frappe. Quand il a envie de faire la différence, il la fait. »

25. LAURENT DEPOITRE – International belge

« Eden, c’est avant tout un boute-en-train. Chez les Diables, c’est un peu la mascotte de l’équipe. Il est l’incarnation parfaite des Diables rouges, une bande de mecs qui ne se prennent pas la tête. »

Eden Hazard et Kevin De Bruyne (Photo by Joris Verwijst/BSR Agency/Getty Images)

26. MARCEL DESAILLY – Champion du monde 1998

« On pense toujours que c’est un jeune premier, mais cette centième sélection va asseoir son statut, son expérience et son utilité à la nation. C’est un joueur de très haut vol, qui a su maintenir un très haut niveau à Chelsea alors que les Blues ont parfois eu des hauts et des bas. »

27. SÉBASTIEN DEWAEST – Équipier chez les jeunes à Lille

« J’entends encore mon père me parler d’Hazard et me dire : Si lui ne devient pas pro, personne ne le deviendra. Il nous faisait gagner des matches à lui tout seul quand il en avait envie. Quand il n’avait pas envie, voilà… »

28. LUCIEN D’ONOFRIO – Ancien dirigeant du Standard et ancien agent de Zinedine Zidane

« C’est un immense talent, mais je pense qu’il n’a pas encore exploité son potentiel, il peut encore mieux. Il a la dimension du Real, la dimension de tous les meilleurs clubs du monde. Et en plus, c’est un gars aussi plaisant dans la vie que sur le terrain. »

29. YASSINE EL GHANASSY – Éphémère international belge

« Le meilleur joueur belge, le plus talentueux, celui dont Zidane ne cesse de dire du bien, il serait fainéant ? Il faut arrêter avec ça, ça n’a pas de sens. »

30. MAROUANE FELLAINI – Ancien international belge

« Il a le cœur sur la main. Et c’est aussi un bon mangeur, comme moi. Le futur est déjà prévu : il a une maison à Marbella et moi une autre pas loin, dans le sud de l’Espagne. On va se faire quelques barbecues au soleil. »

31. LUIS FERNANDEZ – Ancien entraîneur du PSG

« C’est un petit, mais un très grand joueur, qui facilite la vie de tous les entraîneurs. Il peut accélérer le jeu, le ralentir et décider d’une rencontre. Il donne du plaisir à tous les amoureux de ce sport, et il en donnerait à n’importe quel grand club. »

32. MARIANNA DELMOITIEZ-FERRARA – Ancienne responsable de l’antenne wallonne de Make A Wish

« En tant que parrain de Make A Wish, il a permis à des jeunes malades de passer une journée avec lui à Chelsea. Voir une vedette de son acabit accueillir des visiteurs pas plus hauts que trois pommes par un alors, ça va mon pote ? , ça fait toujours chaud au cœur et ça en dit long sur lui. »

33. RUDI GARCIA – Entraîneur champion de France avec Lille

« Je me souviens d’un match à domicile où je l’ai engueulé à la mi-temps parce que je n’aimais pas ce qu’il faisait. Il avait les boules. Il est remonté sur le terrain et il a mis le but de la victoire. »

34. GUILLAUME GILLET – Coéquipier chez les Diables rouges

« Pour sa première sélection, on s’est retrouvé dans la même chambre. Il a tout de suite été la mascotte du groupe, comme si on sentait qu’il allait signifier quelque chose d’exceptionnel pour le football belge. Très vite, il a donné quelques tours de reins à nos défenseurs à l’entraînement. On n’en revenait pas. C’était un gamin, le petit dernier de la bande, mais il était déjà plus fort que n’importe quel autre joueur du groupe. »

35. OLIVIER GIROUD – Ancien coéquipier à Chelsea

« C’est l’un des trois meilleurs joueurs avec lesquels j’ai joué. Il est impressionnant dans sa conduite de balle, dans sa capacité à perforer les lignes. C’est un génie. »

Eden Hazard et Olivier Giroud ont gagné une Europa League ensemble. (Photo by Alex Grimm/Getty Images)

36. CHRISTIAN GOURCUFF – Entraîneur français

« Il a cette capacité de blocage instantané, de changer de rythme très brutalement tout en gardant la maîtrise du ballon. »

37. PEP GUARDIOLA – Manager de Manchester City

« Allumez votre télévision, regardez-le jouer, et ses qualités vous sauteront immédiatement aux yeux. C’est un joueur exceptionnel. L’un des meilleurs joueurs du monde. »

38. JEAN-FRANCOIS GILLET – Ancien gardien des Diables rouges

« À 17-18 ans, Eden brillait déjà en Ligue 1. Il avait une forme d’assurance en lui qu’on voit souvent chez les grands joueurs. J’avais remarqué la même chose chez Leonardo Bonucci à Bari qui, par la suite, s’est installé dans la défense de la Juventus. Il y en a qui parlent beaucoup mais qui ne montrent rien. Eux, c’est l’inverse. »

39. CARINE HAZARD – Sa mère

« Son départ à Lille, ça a été un déchirement pour moi. Quand je le déposais le lundi matin à l’internat, je me retournais pour ne pas qu’il me voie pleurer. Lui, il m’a toujours donné l’impression que tout allait bien. L’internat, ce n’était pas le grand luxe, mais il ne s’est jamais plaint. Jamais. »

40. KYLIAN HAZARD – Son petit frère

« Maman jouait encore au foot quand il était dans son ventre. Je crois qu’elle a vraiment arrêté vers trois ou quatre mois. À partir du moment où tu joues déjà au foot dans le ventre de ta mère, c’est normal d’être comme, il est, non ? (Il rit) »

41. THIERRY HAZARD – Son père

« Il ne comprenait pas pourquoi il ne pouvait pas arriver avec les chaussettes basses à l’entraînement. Claude Puel a bien géré : il demandait aux autres de lui rentrer dedans. Eden a compris qu’il valait mieux mettre des jambières. »

42. THORGAN HAZARD – Petit frère et Diable rouge

« Quand tu le regardes jouer, tu prends du plaisir. Tu sais qu’il va dribbler, donner du spectacle. Tu te dis que le foot, c’est facile pour lui. Je pense qu’il sait que c’est un génie. Des fois, il aime bien se la raconter. Gentiment. En faisant des blagues. »

43. EDDIE HOWE – Manager de Newcastle

« C’est un joueur exceptionnel dans ses mouvements. Surtout dans sa façon de se retourner très rapidement avec le ballon aux pieds. »

44. BRANISLAV IVANOVIC – Ancien équipier à Chelsea

« C’est l’homme qui peut décider de chaque match qu’on joue, et donc du titre. »

45. CHRISTIAN KABASELE – International belge

« Il ne donne jamais l’impression de faire un effort, mais il ne perd jamais le ballon, ne rate jamais une passe et dribble qui il veut. »

La famille Hazard au complet lors du transfert d’Eden au Real Madrid. (Photo by Angel Martinez/Getty Images)

46. PATRICK KLINKENBERG – Ancien sélectionneur des U15-U16 belges

« Un jour, je l’ai pris à part. On avait joué contre les Tchèques et il avait donné quelques passes décisives, mais je trouvais qu’il devait plus prendre sa chance. Contre les Slovaques, au match suivant, il a marqué deux fois. Et il m’a dit : C’est bon comme ça, coach ? »

47. JÜRGEN KLOPP – Manager de Liverpool

« Eden Hazard est un joueur spécial, c’est clair. Il raffole des situations de un-contre-un. En fait, même des un-contre-deux ou des un-contre-trois. Il adore ça. »

48. FRANK LAMPARD – Légende de Chelsea

« Dès les premiers entraînements, j’ai vu qu’il avait d’énormes qualités. Il avait le potentiel pour devenir un très grand joueur et marquer l’histoire de Chelsea. »

49. MICKAËL LANDREAU – Ancien gardien de Lille

« On a souvent dit qu’il ne se donnait pas à l’entraînement, mais il fallait le voir la semaine où Joe Cole est arrivé. Chaque jour, il se mettait en condition comme si c’était un match, ce qui était assez rare chez lui. C’était un peu pour lui montrer qu’il avait deux Joe Cole dans chaque pied. »

50. FRANK LEBOEUF – Champion du monde 1998

« Il y avait Enzo Scifo, aujourd’hui il y a Eden Hazard. C’est un joyau du football belge. S’il mettait un peu plus de consistance dans son jeu, il serait encore plus exceptionnel, mais on voit qu’il est très heureux comme ça et on le comprend. »

51. GEORGES LEEKENS – Ancien sélectionneur des Diables rouges

« Déjà 100 sélections, à son âge ? Je devrais peut-être lui envoyer un hamburger pour le féliciter. Au final, ça a été un plaisir de travailler avec lui. Une fois que tu apprends à mieux le connaître, tu vois que c’est un mec bien. Pas un égoïste. Et le football pour lui, ce n’est pas de pression. Il n’est pas comme un Ronaldo qui a besoin de se mettre sous pression pour être au top. Eden reste lui-même. Son sourire dit tout. Et à ce niveau, c’est beau. »

52. GÉRARD LINARD – Ancien président de l’Union belge

« Qu’il se retrouve en face d’un coéquipier ou du Roi, il est le même. Cool, souriant, disponible. Il est à l’aise avec n’importe qui. »

53. BIXENTE LIZARAZU – Champion du monde 1998, consultant TF1

« Il est vraiment tout le contraire du gars qui se la pète. Je me rappelle qu’à Lille on disait qu’il manquait de sérieux, mais il est devenu un grand joueur du championnat anglais. Et puis, quelle Coupe du monde ! »

54. CHRISTOPHE LOLLICHON – Ancien entraîneur des gardiens de Chelsea

« Combien de fois je ne lui ai pas dit qu’il avait le potentiel pour le Ballon d’or. Mais pour lui, ce n’est pas une obsession, c’est le plaisir qui importe. Eden respire le foot, celui de la cour de récréation. Aujourd’hui, c’est une légende de Chelsea, au même titre que Drogba. »

55. LIEVEN MAESSCHALCK – Physiothérapeute préféré des Diables

« Quand tu cours contre lui, il ne va pas bouger. Eden, c’est comme Messi. »

Lieven Maesschalck a souvent dû remettre Eden Hazard en condition ces dernières années. (Photo by BRUNO FAHY / BELGA MAG / Belga via AFP) (Photo by BRUNO FAHY/BELGA MAG/AFP via Getty Images)

56. YVES MA-KALAMBAY – Ami

« La dernière fois, il nous a invités chez lui, mon frère et moi. On est assez grand et quand sa femme nous a vus, Eden nous a présentés comme ses nouveaux gardes du corps. Plus personne n’osera me déranger, lui a-t-il dit. Sa femme a répondu en se marrant : Même moi je n’oserai plus te déranger. Et elle est partie au lit. Ça, c’est les Hazard. »

57. GRÉGORY MALICKI – Ancien gardien de Lille

« Une fois, il était dans la camionnette du centre de formation et ils ont croisé Franck Béria, qui sortait de chez le coiffeur. C’était un samedi après-midi dans le centre, c’était blindé. Eden a baissé la fenêtre et il a hurlé un truc du genre : « Franck, plus jamais la coupe ! » Francky venait de faire un dégradé et Eden se moquait. Sauf que Francky était vexé. Le lundi matin suivant, à l’entraînement, il lui a mis une grosse gifle. C’était une époque où il y avait encore des codes à respecter avec les anciens. »

58. ROBERTO MARTINEZ – Ancien sélectionneur des Diables rouges

« Au niveau international, je n’ai vu qu’un joueur jouer constamment au sommet. Si vous enlevez Cristiano Ronaldo et Lionel Messi, je ne pense pas que vous puissiez trouver un autre joueur aussi décisif. »

59. JUAN MATA – Ancien équipier à Chelsea

« C’est un des joueurs avec lesquels j’ai préféré jouer. Tous les ballons que tu lui donnes, il les rend meilleurs. Il peut gagner un match à lui tout seul. En plus, c’est aussi un crack en dehors du terrain. J’ai un faible pour Eden. »

60. RIO MAVUBA – Ancien équipier à Lille

« Il a une énorme confiance en lui qui peut passer pour de l’arrogance, alors que ce n’est pas le cas. Mais pour le mettre dans le bain, il a quand même pris quelques gifles et quelques tacles bien appuyés à ses débuts chez les pros. »

61. PIERRE MÉNÈS – Consultant à la télévision française

« Il a un gros cul, mais dans le bon sens du terme. Il a une telle explosivité sur les premiers mètres que c’en est déconcertant. Quel dommage qu’il ne soit pas Français. »

62. THOMAS MEUNIER – International belge

« Quand je pense à Eden, je pense à son insouciance. À cette Panenka en finale de League Cup face à City. Il a un côté je m’en-foutiste qui lui permet de faire des choses uniques. C’est quelqu’un de libre, ce qui le rend magique. »

63. KÉVIN MIRALLAS – Équipier à ses débuts à Lille

« Il m’a dit plusieurs fois que j’étais son idole (rires). J’étais jeune et Belge comme lui, il devait forcément me voir comme un exemple. Il n’aimait pas forcément travailler à l’entraînement, donc c’était assez compliqué pour lui. J’ai vraiment dû le protéger par rapport aux anciens, pour qui ça ne passait pas. Je lui ai beaucoup parlé et il a retenu la leçon. »

64. JOSÉ MOURINHO – Ancien entraîneur de Chelsea

« L’Histoire dit que quand Eden Hazard est le meilleur joueur de Premier League, Chelsea finit champion. C’est le genre de joueur qui peut faire d’énormes différences. »

65. ÉMILE MPENZA – Ancien international belge

« Quand il est arrivé chez les Diables, il s’est directement rapproché de moi. Il me demandait des conseils. Il voulait savoir de quoi il devait se méfier et dans quels pièges il ne devait pas tomber. Il m’appelait Tonton ou Grand frère. »

Eden Hazard et José Mourinho. (Photo by Matthew Peters/Manchester United via Getty Images)

66. PAUL-JOSÉ MPOKU – Ancien joueur du Standard

« Avec son contrôle orienté, il désoriente complètement l’adversaire qui n’a plus que deux possibilités : le laisser passer ou faire la faute. »

67. GABY MUDINGAYI – Ancien international belge

« J’ai connu Eden Hazard gamin, tu voyais que c’était un phénomène. Il m’a fait deux petits ponts à l’entraînement que je n’oublierai jamais de la vie. »

68. JAN MULDER – Ancien attaquant néerlandais d’Anderlecht

« Évincer Paul Van Himst n’est pas donné à tout le monde, mais Eden Hazard l’a fait. Surtout qu’il est dix fois plus difficile de dribbler aujourd’hui que dans les années soixante, quand les slaloms et le style de Paul impressionnaient tout le monde. Et Eden y arrive en Premier League, où ça joue quand même plus vite qu’à Seraing, au Klokke, au Kiel ou à Sclessin. Maintenant, il doit aller d’urgence au Real pour évincer Di Stefano de son trône. »

69. DENIS ODOI – Défenseur international ghanéen du FC Bruges

« Il reçoit des tampons sans arrêt, mais tu ne le vois presque jamais aller se plaindre chez l’arbitre. Pour lui, ça ne change rien : la fois suivante, il va de nouveau tenter le même dribble comme si de rien n’était. »

70. ALAIN PAULY – Ancien président du Stade Brainois

« Il a le cœur sur la main, surtout pour les enfants. Depuis plusieurs années, il prend en charge la Saint-Nicolas du Stade Brainois. C’est une manière pour lui de rectifier le tir, vu qu’il est parti en bas âge à Tubize et que le club n’a donc jamais bénéficié d’indemnités de formation pour lui. »

71. BENOIT PEDRETTI – Ancien équipier à Lille

« Un lendemain de match, au décrassage, on nous dit qu’il est absent parce qu’il a chopé une gastro. Le soir, il y avait PSG-OM à la télé. Et qui est filmé en tribunes, au bout de quinze minutes ? Eden Hazard (rires). Je crois qu’il nous a payé un coup pour s’excuser, mais personne ne lui en voulait. Non seulement parce que c’est quelqu’un de gentil et d’adorable, mais surtout parce qu’il nous apportait tellement sur le terrain que c’était difficile de lui dire quelque chose. »

72. DENNIS PRAET – International belge

« J’ai appris à connaître Eden depuis que je suis devenu Diable rouge. Et un mot suffit à le décrire : topspeler. À l’entraînement, c’est juste impossible de lui prendre le ballon. »

73. MAURICIO POCHETTINO – Ancien manager de Tottenham et du PSG

« Il a des capacités énormes, une qualité immense. C’est très difficile de l’arrêter. On parle d’un joueur de haut niveau, du même niveau que Cristiano ou Messi. »

74. CLAUDE PUEL – Ancien entraîneur de Lille

« Je me souviens d’un match amical contre Bruges. Il n’avait que seize ans, mais il avait pris le ballon dans son camp avant de dribbler quatre ou cinq joueurs, d’arriver dans la surface et de poser le pied sur le ballon. Je me suis demandé ce qu’il faisait, mais il a délivré une super passe pour un partenaire, complètement démarqué. Du banc, même moi je n’avais pas vu cette situation. Ce sang-froid, c’est la marque des grands. On ne l’a pas formé, il avait déjà tout. C’était un créatif, un artiste et il ne fallait surtout pas le changer. On l’a juste guidé. »

Maurizio Sarri, l’un des anciens coaches d’Hazard à Chelsea. (Photo by Valerio Pennicino – UEFA/UEFA via Getty Images)

75. MIKE RILEY – Arbitre assistant lors de sa première sélection

« Je me souviens très bien de ce match de gala pour le Luxembourg contre la Belgique. J’ai serré la main de chaque joueur et donc celle d’Hazard. Pour moi, c’était alors un de ces jeunes joueurs qui recevaient leur chance en match amical pour que leur sélectionneur puisse les juger. »

76. JEAN-MICHEL SAIVE – Icône nationale du tennis de table

« Normalement, quand tu prends ton 25e coup du match, tu réagis. Tu finis même peut-être par te venger. C’est humain. Lui, jamais. Il se relève et redevient immédiatement le gamin jouette, en mode j’oublie tout. »

77. YANNIS SALIBUR – Ami et joueur de Fatih Karagümrük

« Avant son premier match au Parc des Princes, il m’avait dit : Yannis, faut que je fasse un truc. Je lui ai répondu : Mais pourquoi tu ferais pas un coup du foulard ? Et dès qu’il est rentré au jeu, il a mis une feinte de frappe et il a enchaîné avec un coup du foulard. Puis il a regardé la caméra. »

78. MAURIZIO SARRI – Ancien manager de Chelsea aujourd’hui à la Lazio

« Eden est un très grand joueur. Il est capable de jouer à n’importe quel poste. Même si je le mets en numéro 9, il joue avec ses coéquipiers, il ouvre des espaces pour eux… »

79. ENZO SCIFO – Légende du football belge

« Quand j’étais entraîneur de Tubize, j’avais entendu parler d’un super talent sans jamais l’avoir vu à l’œuvre. Un jour, je devais donner un entraînement chez les jeunes. Je suis arrivé à la fin de l’échauffement, j’ai commencé à discuter avec le coach et pendant qu’on parlait, je n’arrivais pas à décoller mon regard de ce petit jeune de 14 ans qui m’impressionnait. C’est là que j’ai réalisé que ce fameux Eden, c’était lui. Depuis, je suis fan. C’est pour de tels joueurs que je me déplace au stade. »

80. MICHEL SEYDOUX – Ancien président de Lille

« Il a reçu une éducation qui lui donne une forme de noblesse, d’aristocratie. Il savait qu’il faisait partie d’une autre classe mais dans le même temps, il mettait beaucoup d’ambiance dans le vestiaire. Il aimait rigoler, mais il était aussi très sérieux. Eden Hazard, c’est ce mélange, cette impression qu’il fait n’importe quoi alors que c’est tout l’inverse. Il y avait des matches où je lui disais : Mais tu n’as rien foutu ! Et il me répondait : Si, j’ai fait la bonne accélération et j’ai marqué. C’était vrai. Il savait être utile au moment précis. »

81. JEROEN SIMAEYS – Monté au jeu en même temps que lui pour sa première sélection

« C’est le meilleur joueur que j’ai côtoyé à l’entraînement. Sur un terrain, il n’a besoin de personne pour briller. À lui tout seul, il peut semer le chaos chez un adversaire. Je ne vois aucune équipe dans le monde où il ne serait pas titulaire. »

82. EDDY SNELDERS – Ancien adjoint chez les Diables rouges

« Son intégration chez les Diables a été difficile au début, mais il a évolué pour devenir une figure incontournable de l’équipe. S’il n’est pas encore au niveau de Ronaldo et de Messi, il a sérieusement réduit l’écart avec ces deux-là ces dernières années. »

83. JEFF STRASSER – Ancien international luxembourgeois, adversaire lors de sa première sélection

« Je ne savais pas qu’il avait disputé son premier match international contre nous. J’étais sur le terrain, mais je n’en ai pas de souvenir marquant. Mais vous savez ce qui m’impressionne ? Il est capable de briller dans toutes les compétitions qu’il dispute. Je suis sûr que la saison prochaine, il ira dans un club où il pourra encore mieux exploiter son talent. »

84. DANIEL VAN BUYTEN – Ancien Diable rouge

« Eden ne comprenait pas que je ne sois pas devenu le capitaine des Diables. Quand Dick Advocaat a donné le brassard à Vermaelen, il est venu m’en parler et me poser des questions. Il m’a dit : Pourquoi ce n’est pas toi ? Tu joues au Bayern, dans le meilleur club du monde, tu as gagné plein de trophées. Ça ne te fait rien ? Je lui ai répondu : Ça fait des années que ça me fait… Il a continué : À ta place, je serais dégoûté. J’ai clôturé en lui répondant : Mais je suis dégoûté, Eden, qu’est-ce que tu crois… »

Etre Big ça se mérite tous les jours. (Photo by William Van Hecke/Corbis via Getty Images)

85. JEAN-MICHEL VANDAMME – Directeur du centre de formation de Lille

« Même à l’entraînement, il pouvait faire des choses très spéciales. Pendant un quatre contre quatre, il était dans l’équipe de Landreau. Sauf qu’il ne défendait pas. Landreau a commencé à le pourrir grave, lui dire qu’il n’en foutait pas une. Les équipes ont changé de camp et Eden s’est retrouvé face à Landreau. Il est parti chercher le ballon devant son gardien, il a dribblé les trois joueurs qu’il avait en face et là, Landreau est sorti comme une bombe pour lui plonger dans les pieds. Il a soulevé le ballon au-dessus de lui et a sauté avec, pour marquer dans le but vide. Après, il l’a regardé l’air de dire : Tu peux dire ce que tu veux mais le haut niveau, c’est moi. »

86. ANTHONY VANDEN BORRE – Ex-international belge

« De Bruyne et Dembélé m’ont impressionné chez les Diables. Hazard ? Non mais là c’est autre chose. Moi je parlais seulement de ceux qui se trouvent sur la planète Terre. Lui, c’est un extra-terrestre. »

87. RENÉ VANDEREYCKEN – Premier sélectionneur chez les Diables

« Je ne l’ai pas formé, ni découvert. Je lui ai juste donné le plus tôt possible une chance de se développer au niveau international. Il faut dire qu’à l’époque, ce n’était pas le grand luxe en attaque, hein. Il n’était pas titulaire à Lille et je ne l’avais jamais vu jouer en direct, donc je l’ai sélectionné sur base de ce que je savais et des rapports de scouting élogieux que j’avais reçus. Sa classe se voit dès qu’il commence à porter le ballon. »

88. MARTIN VAN GEEL – Directeur général de Willem II

« Il fait partie des dix meilleurs joueurs du monde. Il est décisif dans les derniers instants d’une action, les plus difficiles. Il est l’un de ces hommes sur lequel on doit se mettre à deux pour l’arrêter. Ceux-là valent de l’or dans le football moderne. C’est la classe absolue. »

89. PAUL VAN HIMST – Légende du football belge

« J’ai eu la chance d’affronter plusieurs fois le grand Real Madrid d’Alfredo Di Stefano. Sur l’aile gauche, les Madrilènes pouvaient compter sur Paco Gento, rapide comme l’éclair et doté d’une bonne technique. À mes yeux, Hazard est à peine moins véloce que lui mais est un footballeur plus complet. Je n’hésite pas à dire qu’il est fait pour le Real. Le public du Bernabeú l’a compris et ne peut que se régaler devant son toucher de balle extraordinaire, ses déhanchements spectaculaires et son sens du but. »

90. STEFAN VAN LOOCK – Chef presse des Diables rouges

« Je ne dirais pas qu’il prend les autres par la main, mais il sait les fédérer et les encourager. C’est un leader, même si ça ne saute pas aux yeux. Il dégage une certaine autorité. »

91. BERT VAN MARWIJK – Ancien sélectionneur des Pays-Bas

« Sa grande force, c’est d’être toujours jouable. Qu’il ait un ou trois adversaires dans le dos, qu’il soit n’importe où sur le terrain, que son équipe soit bien dans le match ou pas, son influence sur le jeu et sur le résultat est de plus en plus grande. »

92. BART VERHAEGHE – Président du FC Bruges

« En discutant des primes avant le Mondial, il nous a dit : Je ne veux rien, à part gagner la Coupe du monde. Mais je ne peux pas seulement parler pour moi. En tant que capitaine, je dois aussi parler pour les autres. Je retiens aussi son positivisme avant le match contre le Brésil. Il a dit qu’on allait se qualifier. Sa conviction m’a marqué. Ce n’était pas de l’arrogance. Il était profondément convaincu qu’on allait gagner. Cette confiance a contaminé le reste de l’équipe. »

93. FRANCOIS VITALI – Ancien responsable du recrutement de Lille

« Quand il avait quinze ans, lors d’un bilan de mi-saison, il parlait clairement de son projet et celui qu’il avait annoncé est celui qu’il est en train de réaliser. Une telle lucidité à cet âge, c’est dingue. Il répétait déjà qu’il voulait donner du bonheur aux gens. C’est un avantage, mais aussi un inconvénient, dans le sens où plus d’égoïsme pourrait encore l’amener plus haut, pour être vraiment le meilleur. »

94. VINCENT VLIEGHE – Conseiller financier et commercial

« Lors de notre première rencontre, alors qu’Eden n’a que 17 ans, il m’a tout de suite fait bonne impression. Il était calme, à l’écoute, mûr et confiant dans ses qualités. Son talent était indéniable mais je n’aurais tout de même jamais imaginé qu’il allait devenir la vedette qu’il est aujourd’hui. »

95. MARC WILMOTS – Ancien sélectionneur des Diables

« Je l’avais choisi comme capitaine après une blessure de Vincent Kompany. Pourtant, j’avais différent leaders dans mon groupe, Eden était seulement l’un d’entre eux. Eden, c’est un leader avec ses pieds. C’est son jeu qui parle pour lui. C’est sa manière à lui de mener l’équipe. »

96. AXEL WITSEL – International belge

« Eden, ce n’est pas un Brésilien qui va vouloir faire un passement de jambes. Il crochète, il accélère, il va droit au but. Il ne rigole pas. Dès qu’il a mis sa petite main derrière le défenseur, c’est fini.»

97. TESSA WULLAERT – Internationale belge

« J’ai toujours dit que j’étais plus grande que lui. Il y a des photos qui le prouvent… Blague à part, j’ai envie de lui dire de ne jamais changer. On ne peut qu’apprécier son insouciance sur le terrain et son humour en dehors. »

Eden Hazard et Tessa Wullaert. (Photo by ERIC LALMAND/BELGA MAG/AFP via Getty Images)

98. ZINEDINE ZIDANE – Son premier entraîneur au Real Madrid

« Je suis un fan d’Eden. De tous les joueurs belges, c’est celui qui me donne le plus de plaisir quand je suis devant un match des Diables rouges. »

99. GIANFRANCO ZOLA – Légende de Chelsea

« Je pense que j’étais un joueur comme lui. Un joueur instinctif. On aime avoir la liberté de bouger sur le terrain, de trouver des endroits pour recevoir la balle, se retourner et faire des dégâts. »

100. ANDONI ZUBIZARRETA – Ancien directeur sportif de l’OM, ex-Barça

« C’est l’un de ses joueurs qui vaut la peine qu’on paie une place pour aller au stade, parce qu’il trouve toujours une solution différente de celle qui semble évidente. Il voit le football à une autre vitesse, donc il voit des solutions qui nous surprennent. C’est le genre de joueur qu’un gardien adore affronter parce qu’on peut les étudier autant qu’on veut, ils ont toujours une surprise dans les chaussures. C’est un défi permanent. »

PAR LA RÉDACTION – COORDINATION GUILLAUME GAUTIER –

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