Derrière la « génération dorée », les jeunes Diables ont les crocs

DOHA, QATAR - NOVEMBER 23: Amadou Onana of Belgium during the FIFA World Cup Qatar 2022 Group F match between Belgium and Canada at Ahmad Bin Ali Stadium on November 23, 2022 in Doha, Qatar. (Photo by Robbie Jay Barratt - AMA/Getty Images)

Ne leur parlez pas du déclin belge après la « génération dorée »: les jeunes Diables Rouges piaffent derrière les Hazard, Lukaku ou de Bruyne, et veulent s’illustrer dès leur premier Mondial, dimanche encore face au Maroc.

Pour sa laborieuse entrée en lice mercredi face au Canada (1-0), le onze de départ des demi-finalistes du Mondial-2018 ne sentait guère le renouvellement: 29,5 ans de moyenne, une charnière de trentenaires et des hommes-clé frôlant ou dépassant les cent sélections.

Mais dans les belles surprises de la rencontre, il y a eu l’entrée à la pause d’Amadou Onana, 21 ans, propulsé dès sa troisième sélection dans l’entrejeu d’une équipe qui balbutiait un football d’ordinaire si fluide. Et s’il a pris un carton jaune, seule ombre de sa soirée, le milieu défensif passé cet été de Lille à Everton a surtout étalé la puissance de son 1,95 m, sa mobilité et son souci constant de faire avancer le jeu, aux côtés d’Axel Witsel concentré sur les tâches défensives.

Fan de Pogba

« Depuis le banc en première mi-temps, je voyais ce qu’il manquait à cette équipe. Donc oui, j’avais une idée claire de ce que je devais apporter », a-t-il expliqué en zone mixte, avec une assurance peu commune chez un bizuth.

Le sélectionneur Roberto Martinez a pris soin de saluer « l’impact des joueurs entrés, Amadou Onana et Thomas Meunier« , louant les cinq remplacements autorisés sans livrer le moindre indice sur l’évolution de son onze de départ. Mais il n’en fallait pas plus pour renforcer la presse belge dans l’idée qu’Onana peut détrôner, dès dimanche au stade Al-Thumama, Youri Tielemans, terne contre le Canada et guère aidé dans les duels par son 1,76 m.

Et guère plus pour voir en lui un « nouveau Marouane Fellaini » – même allure altière et même poste: « J’essaie d’être la meilleure version possible d’Amadou Onana », a répondu le milieu, qui cite Paul Pogba comme modèle de jeunesse.

Entré à la 78e minute pour remplacer Michy Batshuayi à la pointe de l’attaque, Loïs Openda a lui aussi confirmé les qualités vues à Lens (7 buts en 15 rencontres cette saison) comme en sélection (2 buts en 6 capes). S’il n’a pas marqué, contrairement à « Batsman« , le Lensois n’a cessé d’offrir des solutions, comme il l’avait fait lors du match de préparation face à l’Egypte.

« Génération sous-estimée »

Sa place sur le terrain tient pour l’heure à la cuisse gauche du monument Romelu Lukaku, meilleur buteur de l’histoire de la Belgique, blessé début novembre et qui ne devrait pas démarrer son tournoi avant la dernière rencontre de poule, le 1er décembre face à la Croatie. Mais dans son discours, le même cocktail de confiance et d’ambition que chez Onana: « On n’est pas ici pour pousser les plus anciens vers la sortie, on est là pour les aider à essayer de gagner la Coupe du monde« , déclarait-il la semaine dernière au Koweït.

Et du milieu Charles de Ketelaere (21 ans) aux défenseurs Zeno Debast (19 ans) et Arthur Théate (22 ans), ils ne sont pas les seuls représentants à Doha de la « génération sous-estimée« : un surnom trouvé l’an dernier par le milieu Albert Sambi Lokonga, dans une Belgique hantée par la crainte d’avoir laissé passer ses meilleures chance d’enfin soulever un trophée.

Revenu d’une succession de blessures, le petit ailier rennais Jérémy Doku, 20 ans, espère faire parler ses accélérations déroutantes comme il l’avait fait l’an dernier à l’Euro-2020 en quart de finale face à l’Italie, alors que Hazard était blessé. « Je dois mettre le feu, c’est l’objectif que j’ai ici. Si j’ai cinq minutes, dix minutes, je veux montrer que je suis prêt« , confiait-il à l’arrivée à Doha. Cette jeunesse pourrait servir contre des Marocains qui doivent absolument obtenir un résultat, après leur nul d’entrée face à la Croatie (0-0).