Bob Browaeys, responsable des jeunes à l’Union belge: « la nouvelle génération est logiquement freinée par la génération dorée »

Bob Browaeys . PHOTO SPORTPIX.BE / DIRK VUYLSTEKE
Matthias Stockmans
Matthias Stockmans Matthias Stockmans is redacteur van Sport/Voetbalmagazine.

Ça fait plus de vingt ans que Bob Browaeys est responsable des jeunes à l’Union belge. Il a vu passer Eden Hazard, Romelu Lukaku, Jeremy Doku et Wout Faes, entre autres. De plus, ça fait dix ans qu’il est directeur technique de Voetbal Vlaanderen et s’occupe du football amateur. Il est donc l’homme tout indiqué pour faire l’état des lieux de la formation des jeunes en Belgique.

On a l’impression que ces dernières années, les clubs de D1A donnent plus rapidement leur chance aux jeunes. Est-ce exact?

BROWAEYS: Oui, mais il ne suffit pas de mettre des jeunes sur la feuille de match, il faut leur donner du temps de jeu pour qu’ils progressent. Ça demande parfois de la patience, car il faut leur laisser le droit à l’erreur. C’est pourquoi je demande aux clubs de regarder d’abord ce qu’ils ont chez les jeunes avant de faire des transferts. J’ai l’impression qu’en Belgique, les jeunes sont bien formés, que nous sommes mêmes au sommet de ce qu’il se fait en Europe. Mais au niveau de la post-formation, on doit évoluer. Pour cela, il faut une synergie entre les clubs et la Fédération, on doit s’inspirer et se soutenir mutuellement. Les jeunes doivent-ils être incorporés le plus rapidement possible à un groupe d’adultes pour progresser?

BROWAEYS: Ça dépend de leur maturité et de leur évolution physique. Jusqu’à l’âge de 18 ans, jouer en jeunes, c’est bien.

Aujourd’hui, les jeunes joueurs sont rapidement propulsés au rang de stars. Cela nuit-il à leur évolution?

BROWAEYS: Ça me fait un peu peur. Quand je vois l’attention qu’on porte à un Rayane Bounida… (il soupire) Même si, dans son cas, je ne peux pas dire que ça a un impact négatif. L’entourage joue un rôle important. Les joueurs d’origine multiculturelle nous ont apporté un football plus audacieux. L’image du Flamand un peu timide a tendance à disparaître.

Êtes-vous capable de dire quel joueur atteindra le top niveau et quel joueur échouera?

BROWAEYS: Non. Beaucoup de choses peuvent arriver: des blessures, un entraîneur qui ne compte pas sur vous… Et puis, il y a la réaction du joueur face à ces événements. Un Dante Vanzeir s’est battu pour revenir après quelques graves blessures, mais j’ai vu de très bons joueurs décrocher. Ou aller jouer plus bas parce qu’ils y gagnaient très bien leur vie et pouvaient combiner avec un boulot à temps partiel.

Autre facteur souvent sous-estimé: qui est déjà en place? Prenez Maarten Vandevoordt: à mes yeux, à seize ans, il était aussi fort que Thibaut Courtois au même âge et il a beaucoup progressé. Mais tant que Courtois est là, Vandevoordt va devoir attendre sa chance. La génération dorée est arrivée à l’époque où le football belge était au fond du trou. Ces jeunes ont donc été très vite appelés chez les Diables rouges et ils ont eu le temps de progresser. Pour la génération actuelle, c’est très différent, car on est plus exigeant et ils sont freinés dans leur évolution. Wout Faes a dû jouer quatre ans en Espoirs alors qu’à mes yeux, il peut faire la même carrière que Jan Vertonghen ou Toby Alderweireld. Mais lors de la dernière Coupe du monde, Vertonghen et Alderweireld ont montré qu’ils avaient encore leur place en équipe nationale.

Retrouvez cette interview complète de Bob Browaeys (et notre dossier sur la formation des jeunes en Belgique) dans le numéro mensuel de Sport/Foot Magazine de janvier ou dans la zone +

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