Blessures, triangle trop offensif et déséquilibre : les malheurs de La Gantoise

Gent's Laurent Depoitre shows defeat after a soccer match between KAA Gent and Cercle Brugge, Sunday 02 October 2022 in Gent, on day 10 of the 2022-2023 'Jupiler Pro League' first division of the Belgian championship. BELGA PHOTO TOM GOYVAERTS (Photo by TOM GOYVAERTS / BELGA MAG / Belga via AFP) (Photo by TOM GOYVAERTS/BELGA MAG/AFP via Getty Images)
Guillaume Gautier
Guillaume Gautier Journaliste pour Sport/Foot Magazine

Outsider pour le titre, Gand peine à confirmer et semble même plus friable défensivement que jamais. Sans doute parce que les blessures de Julien De Sart et Tarik Tissoudali ont malmené l’équilibre du jeu buffalo.

Les démons semblaient pourtant exorcisés. Mis à part la déception de l’élimination européenne, les Gantois avaient réussi leur départ en championnat, avec quatre premières sorties sans défaite et un bilan de onze points sur 18 après six journées. Douze mois plus tôt, les Buffalos avaient dû attendre le neuvième match de championnat pour franchir la barre des dix unités. En 2020-2021, le début de saison catastrophique avait même coûté leur place à Jess Thorup puis à Laszlo Bölöni, pompier aux airs d’erreur de casting. Cet été, tout semblait avoir été mis en place pour éviter un départ raté dans la foulée de ce succès en Coupe. La Gantoise était d’ailleurs l’une des équipes les plus brillantes du début d’année 2022, et s’offrait carrément un costume d’outsider dans la course au titre. Autant de promesses qui semblent s’envoler avec le triste bilan récent des pensionnaires de la Ghelamco Arena, battus dans leur forteresse autrefois imprenable par un Cercle pourtant convalescent. À Gand, tous semblent à la recherche d’une nouvelle harmonie collective.

Hugo Cuypers n’a pas caché sa déception à la fin de la rencontre contre le Cercle de Bruges (Photo de TOM GOYVAERTS/BELGA MAG/AFP via Getty Images)

Le dosage est subtil. Un équilibre qui jaillit des mots d’Obi-Wan Kenobi, préoccupé par la puissance de son apprenti Anakin Skywalker : « La Force, c’est une sorte de fluide créé par tout être vivant. Une énergie qui nous entoure et nous pénètre, et qui maintient la galaxie en un tout unique. » Une sorte de funambulisme magique, parfois chamboulé par une seule personne. Une allégorie toute tracée pour raconter une équipe de football.

Dans la galaxie gantoise, deux étoiles disparues sèment le trouble. Au point de voir l’une des défenses les plus réputées de l’élite se retourner quatre fois contre une équipe du Cercle qui n’avait planté que cinq buts lors de ses neuf premières sorties. Heureusement pour Hein Vanhaezebrouck, ses Buffalos restent efficaces à l’autre bout du terrain, notamment grâce à un Hugo Cuypers qui fait oublier la perte de l’apport offensif majeur de Tarik Tissoudali. Paradoxalement, c’est plutôt dans son camp que l’absence de l’international marocain se fait le plus ressentir.

Pour amener le danger près du but adverse, les Gantois doivent désormais en faire beaucoup plus. Parce que Tissoudali avait le dribble de ceux qui sèment le chaos sans avoir besoin d’un système. Juste d’une bonne dose d’audace parsemée de crochets. Ce n’est pas un hasard si, avec lui, Gand était l’une des équipes les plus performantes sur attaque rapide la saison dernière au sein de l’élite belge. Orpheline de son générateur d’occasions, l’équipe doit en faire plus au milieu de terrain. Bouger plus et construire mieux pour continuer à créer en suffisance. Dans le cerveau méticuleux de son entraîneur, l’équation se résout avec l’association des profils créatifs de Vadis Odjidja, Sven Kums et Hyunseok Hong. Un triangle brillant avec la balle, mais en carence claire de puissance et de réflexes défensifs. Très souvent esseulé à l’entrée de la surface gantoise, Dino Hotic a remercié la liberté octroyée avec un triplé.

Sven Kums lors de la défaite 1-0 face à Genk (Photo par BRUNO FAHY/BELGA MAG/AFP via Getty Images)

Garant de l’équilibre défensif sans être un malus offensif l’an dernier, Julien De Sart manque cruellement à la balance idéale de ses couleurs. L’ancien Rouche se remet d’une déchirure qui fait souffrir ses adducteurs autant que son équipe, qu’il soulageait pas son impressionnant volume avec et sans ballon. Sans deux de ses astres les plus brillants du dernier exercice, difficile pour les Buffalos de se mêler à la guerre des étoiles.

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