Présentation des équipes de la Coupe du monde: l’Espagne et l’Allemagne en quête de leur gloire passée dans le groupe E

En 2010, Espagnols et Allemands luttaient pour une place en finale. Ce sont les premiers qui s'imposeront et soulèveront la Coupe dans la foulée avant que les seconds ne les imitent quatre ans plus tard au Brésil. (Photo by Simon Bruty/Anychance/Getty Images)

Chaque jour, nous vous présenterons en résumé les différents groupes de la Coupe du monde de football. Entraîneur, vedette, ambition et statistique à retenir, chaque équipe est passée au crible. Aujourd’hui, cap sur le groupe E où l’on retrouvera deux des trois derniers champions du monde qui essaient de retrouver leur gloire passée après des changements de génération difficiles. Le Japon et le Costa Rica apparaissent en-dessous mais ont déjà montré par le passé qu’il convenait de s’en méfier.

L’Espagne

L’entraîneur: Luis Enrique

Luis Enrique, l’homme qui a mené le FC Barcelone à sa dernière victoire en Ligue des champions, est maintenant en poste depuis quatre ans. Malgré un bref intermède – il a démissionné temporairement après le décès de sa fille en 2019 – l’ancien international fait jouer son équipe comme les Espagnols aiment la voir. La Roja propose un football technique et soigné qui s’appuie sur une grosse possession du ballon et une domination haute sur le terrain.
Après leurs années de gloire entre 2008 et 2012, les Espagnols ont subi plusieurs gros revers lors des tournois majeurs qu’ils ont disputés en 2014, 2016 et 2018. L’année dernière, lors de l’Euro, Luis Enrique est parvenu à mener sa nation en demi-finale et a presque failli remporter la Ligue des Nations. Lors du mandat de son sélectionneur, la Roja a fourni quelques prestations spectaculaires, comme la victoire 6-1 voici deux ans, contre l’Allemagne, en Ligue des Nations. Une Mannschaft qu’elle retrouvera d’ailleurs dans son groupe au Qatar.

La vedette: Ferran Torres

Il n’est pas facile de désigner un joueur vedette dans le collectif techniquement sophistiqué de l’Espagne. Notre choix s’est finalement porté sur Ferran Torres. L’ailier, qui est souvent sur le banc de touche au FC Barcelone, est pourtant un pion essentiel de l’attaque de la Roja. Depuis sa première convocation, à l’âge de 19 ans, il a déjà marqué 13 fois en 28 apparitions pour son pays. Il a notamment planté des roses importantes, comme son doublé contre l’Italie en demi-finale de la Ligue des Nations, et une très importante lors de la spectaculaire victoire 5-3 contre la Croatie, lors du récent Championnat d’Europe.

Ferran Torres, l’un des dynamiteurs offensifs de la Furia Roja. (Photo by Gualter Fatia/Getty Images)

L’ambition: le dernier carré

L’Espagne n’est peut-être pas le grand favori pour la victoire finale, mais beaucoup d’Espagnols espèrent encore que leur pays pourra s’imposer. Il y a dix ans, l’Espagne a remporté un trophée pour la dernière fois (l’Euro). On ne le savait pas encore à l’époque, mais c’était la fin d’une génération dorée qui avait marqué l’histoire du football de son empreinte. Depuis lors, la Roja n’a plus dépassé le stade des 1/8e de finale d’une Coupe du monde. Sous la direction de Luis Enrique, le football proposé rappelle parfois les jours d’antan, mais ce groupe a-t-il suffisamment de talent pour atteindre le niveau des Xavi, Andrès Iniesta, Carles Puyol et David Villa ?

Le chiffre: 3

L’Espagne reste la seule équipe nationale à remporter un trophée majeur trois fois de suite : le Championnat d’Europe en 2008, la Coupe du monde en 2010 et le Championnat d’Europe en 2012. Cet exploit unique, qui a également vu la Roja pratiquer un football délicieux, fait réfléchir de nombreux amateurs de football. On peut discuter du fait de savoir si cette Espagne était ou non la meilleure équipe nationale de tous les temps. Dans la péninsule ibérique, on est en tout cas convaincu que c’était le cas.

L’Allemagne

L’entraîneur: Hansi Flick

Hansi Flick a quitté le banc du Bayern Munich l’année dernière après seulement une seule saison. Il a succédé à Joachim Löw, qui a fait ses adieux à la Mannschaft après 15 ans de règne et une Coupe du monde à son actif. Flick est engagé dans une opération de renouvellement de l’effectif. La vieille garde doit faire place petit à petit à de nouveaux jeunes talents. Ce n’est pas une tâche facile, car au cours des dernières années sous Löw, l’Allemagne a complètement sombré dans les grands tournois.

La vedette: Joshua Kimmich

Les Allemands possèdent cependant encore quelques grands noms dans leurs rangs. Joshua Kimmich s’est recyclé sous la supervision de Pep Guardiola, en passant du poste d’arrière latéral droit à celui de milieu défensif. Il est désormais l’une des références mondiales à ce poste et trace ainsi sa voie de Philip Lahm version 2.0. Kimmich est le moteur infatigable du Bayern et a conduit le Rekordmeister à de nombreux succès. Ces dernières années, il s’est aussi affirmé comme un leader. Un rôle qu’il remplit également en équipe nationale. Kimmich veut évidemment aller plus loin avec l’Allemagne que le 1/8e de finale atteint lors du dernier Euro.

Joshua Kimmich, le Lahm 2.0. (Photo by Sebastian Frej/MB Media/Getty Images)

L’ambition: le dernier carré

En principe, l’Allemagne devrait pouvoir prétendre à la première place du groupe avec l’Espagne. Elle dispose d’une équipe solide, avec un milieu de terrain performant. Mais dans une Coupe du monde, il faut être au top pour aller loin. Personne ne s’attend à ce que les Allemands luttent pour la victoire finale, mais il vaut mieux ne pas les éliminer de la course au titre.

Le chiffre: 2

Lors de la précédente Coupe du monde, l’Allemagne n’avait pu marquer que… deux buts. Lors de la victoire 2-1 contre la Suède, Marco Reus et Toni Kroos avaient fait trembler les filets, mais dans les autres rencontres, c’est le zéro pointé qui est resté sur le tableau d’affichage. L’Allemagne a ainsi été éliminée prématurément et ses deux buteurs d’il y a quatre ans ne seront pas présents cette fois.

Le Japon

L’entraîneur: Hajime Moriyasu

Hajime Moriyasu n’est pas un nom familier pour ceux qui ne suivent que le football européen. Il a effectué toute sa carrière de joueur et d’entraîneur au Pays du Soleil Levant. Il compte plusieurs J-League (le nom du championnat national) à son actif et est en charge des Samouraïs Bleus depuis 2018. Lors de l’édition russe du Mondial, il était l’entraîneur adjoint de l’équipe qui avait fait douter les Diables rouges jusqu’à la dernière minute, en 1/8e de finale. Sous sa direction, le Japon a atteint la finale de la Coupe d’Asie et, comme le veut la tradition, il s’est qualifié sans problème pour la Coupe du monde.

La vedette: Daichi Kamada

Daichi Kamada est passé par nos vertes pelouses belges voici quelques saisons. Ce joueur technique doté d’un excellent sens du but a été le maître d’œuvre du STVV version Marc Brys. Avec 16 buts en 36 rencontres, il est l’un des joueurs les plus performants que les Canaris ont connu ces dernières années. Il a été capable de poursuivre sur cette voie au sein d’un club plus prestigieux: l’Eintracht Francfort. Là-bas, il s’est aussi affirmé comme titulaire et y a même remporté la Ligue Europa voici quelques mois.

Kamada, Kamada, voilà le Japon. (Photo by Ralf Treese/DeFodi Images via Getty Images)

L’ambition: ne pas finir dernier

Le Japon dispose d’un noyau équilibré, doté de nombreuses qualités, d’une discipline de fer et d’un sens du football. Moyennant un bon tirage au sort, ils sont toujours de grands prétendants aux huitièmes de finale. Mais le hasard ne les a pas épargné puisque les Japonais vont retrouver deux géants européens: l’Allemagne et l’Espagne. Mais les Japonais disposent d’un sens du travail qui peut permettre de déplacer des montagnes. Et puis, ils n’ignorent pas qu’un pays de haut niveau déçoit parfois lors des Mondiaux. Pourquoi pas la Roja ou la Mannschaft ?

Le chiffre: 39

Eiji Kawashima est désormais âgé de 39 ans. L’extravagant gardien de but, passé par Lierse et le Standard, disputera donc sa quatrième Coupe du monde sous le maillot du Japon. Kawashima est connu pour ses excellents réflexes mais sa mauvaise technique le rend parfois maladroit, ce qui lui a joué des tours tout au long de sa carrière. La doublure de Matz Sels à Strasbourg est aussi régulièrement critiquée dans son pays natal mais reste le gardien du temple des Samouraïs Bleus. Il sera l’un des joueurs titulaires les plus âgés de cette Coupe du monde.

Le Costa Rica

L’entraîneur: Luis Fernando Suárez

Luis Fernando Suárez a roulé sa bosse dans de nombreux pays d’Amérique du Sud. Le Colombien de 63 ans a déjà dirigé des formations en Colombie, en Équateur, au Pérou, au Honduras et au Mexique. Sa principale expérience dans le football international a été à la tête de l’Équateur, avec lequel il s’est extirpé de la phase de groupe de la Coupe du monde 2006, en Allemagne. C’est lui aussi qui dirigeait le Honduras lors du Mondial 2014. Depuis 2021, il est en charge des Ticos, avec lesquels il a décroché de justesse la qualification pour le Qatar après une victoire en barrage contre la Nouvelle-Zélande.

La vedette: Keylor Navas

Keylor Navas est le gardien de but titulaire du Costa Rica depuis une bonne décennie. Il compte plus de 100 matches entre les perches des Ticos. Sa performance exceptionnelle lors de la Coupe du monde 2014, où son pays a atteint les quarts de finale, lui a finalement valu un transfert de rêve au Real Madrid. Véritable héros en Amérique centrale, Navas est considéré comme l’un des meilleurs gardiens de but de l’histoire de la CONCACAF, l’organisation en charge du football d’Amérique centrale. Cette Coupe du monde sera probablement sa dernière chance de briller sur la scène internationale.

Keylor Navas, un homme aux multiples ligues des champions entre les perches des Ticos. (Photo by Mohamed Farag/Getty Images)

L’ambition: reproduire l’exploit de 2014

Le Costa Rica se rendra à la Coupe du monde avec de nombreux joueurs évoluant dans sa compétition nationale. Pour les journalistes européens, il est dès lors difficile d’évaluer la qualité réelle du groupe étant donné que ce championnat n’est que très peu médiatisé. Dans son groupe de qualification, le Costa Rica a terminé derrière les États-Unis, le Mexique et le Canada, mais il est en excellente forme depuis la prise de pouvoir de Suárez. Cependant, les Ticos se retrouvent en compagnie de l’Espagne et l’Allemagne, ce qui diminue probablement leurs chances d’accéder aux 1/8e de finale. Le troisième adversaire du groupe, le Japon, ne sera certainement pas à sous-estimer.

Le chiffre: 5

Le Costa Rica est le pays d’Amérique centrale qui compte le plus de succès en Coupe du monde, avec cinq qualifications. Son édition la plus mémorable est sans aucun doute celle de 2014. Le Costa Rica s’était retrouvé dans le groupe de la « mort » en compagnie de l’Angleterre, l’Italie et l’Uruguay. Mais contre toute attente, le Costa Rica avait remporté le groupe en devançant trois pays se partageant 7 Coupes du monde dans leur histoire. Les Anglais et les Italiens avaient rapidement dû faire leurs valises à l’époque. Ensuite, les Costariciens ont atteint les quarts de finale, où ils ont été éliminés aux tirs au but par les Pays-Bas, grâce à un coup génie tactique de Louis Van Gaal. Il y a quatre ans, les Ticos n’avaient pas passé l’écueil du premier tour, ce qui constitua une grande déception pour le pays. Les Costariciens sont-ils capable de réaliser à nouveau leurs prouesses de 2014 ?