La suprématie des clubs milanais va-t-elle être mise à mal par José Mourinho ? Tout ce qu’il faut savoir sur la nouvelle saison de Serie A

Plus Belge la vie à Milan avec Saelemaekers, De Ketelaere (et Origi) ? © iStock

Le championnat italien reprend ses droits ce week-end. Est-ce que ce sera plus Belge la vie pour les deux clubs de Milan ou est-ce que la Roma de Mourinho et la Juventus d’Allegri viendront jouer les agitateurs en Lombardie ?

LE FAVORI : UN DOUBLE POUR UN AC MILAN PLUS BELGE ?

Après avoir remporté le Scudetto l’année dernière pour la première fois depuis plus de dix ans, l’AC Milan semble capable de prolonger son bail sur le trône du football italien. L’équipe est restée pratiquement inchangée et a pu conserver l’une de ses étoiles montantes : Rafael Leão. Les Rossoneri ont même dépensé près de 35 millions d’euros pour s’attacher les services d’un Charles De Ketelaere sur lequel ils semblent fonder beaucoup d’espoirs.

La force de Milan la saison dernière était sa ténacité défensive. Avec Napoli, le Diable possédait l’arrière-garde la moins souvent franchie en Serie A (seulement 31 buts concédés). Maintenant, le tenant du titre espère que son attaque sera encore plus performante, surtout depuis que Stefano Pioli a trouvé son « apriscatole » en la personne de De Ketelaere. Un ouvre-boîte en Italien.

En effet, la saison dernière, les Rossoneri ont souvent été mis à mal quand il s’agissait de démanteler les blocs bas. S’ils parviennent à corriger ce manquement dans leur jeu, il deviendra dès lors difficile de les empêcher de s’offrir un deuxième Scudetto consécutif. Un 20e au total qui pourrait permettre de rajouter deux étoiles au-dessus de blason du club.

Romelu Lukaku a retrouvé Lautaro Martinez à l'Inter. Le duo fonctionnera-t-il aussi bien que lors du titre de champion en 2021 ?
Romelu Lukaku a retrouvé Lautaro Martinez à l’Inter. Le duo fonctionnera-t-il aussi bien que lors du titre de champion en 2021 ?© iStock

LE CHALLENGER : L’INTER SUR LA ROUTE DU ROM’

L’euphorie fut bien moindre à l’Inter ces dernières semaines, même si l’ancien buteur vedette, Romelu Lukaku, est revenu au bercail dans le nord de l’Italie. De nouveau associé à son compère Lautaro Martinez, on s’attend à ce que le duo nerazzurra refonctionne à plein régime comme lors de leur première association et que cela permettra de déloger le voisin et rival de son trône.

L’Inter reste cependant sur une préparation décevante et son mercato a surtout été agité par les rumeurs de transferts concernant certains de ses cadres. Milan Skriniar est cité au PSG et Denzel Dumfries pourrait rejoindre Chelsea.

Il faudra que l’entraîneur Simone Inzaghi puisse apporter de la sérénité à son groupe et à le remettre en état de fonctionnement afin qu’il puisse lutter avec la bande de De Ketelaere et compagnie. Sinon la saison risque d’être plus difficile à vivre que prévu.

LE TRANSFERT : PAULO DYBALA, LE NOUVEL EMPEREUR ROMAIN

L’Inter avait ciblé deux grands noms pour son mercato de juillet : Lukaku, qu’il a réussi à ramener à bon port, mais aussi Paulo Dybala, laissé libre par la Juventus. Si pendant tout un temps, l’Argentin semblait proche d’enfiler le tricot des Nerazzurri, c’est pourtant vers la capitale qu’il a fini par mettre les voiles.

L’AS Roma de José Mourinho s’est en effet offert la signature de la Joya, un joueur très populaire en Italie et doté d’un très grand bagage technique. Son accueil digne d’un empereur romain montre l’enthousiasme retrouvé d’un club qui s’est offert la première édition de la Conference League en mai dernier.

Peu de temps après Dybala, c’est aux côtés d’un autre grand nom que Mourinho a pu poser sur la photo : Georginio Wijnaldum. Un transfert qui a rendu les tifosi giallorossi encore plus enthousiastes et optimistes. Le club de la Ville éternelle est-il prêt à se battre pour un titre qui lui échappe depuis 2001 ? S’il y parvenait, peut-être que Dybala prendrait alors la succession de l’Imperator Francesco Totti dans de nombreux coeurs romains.

Paulo Dybala a reçu un accueil exceptionnel à Rome.
Paulo Dybala a reçu un accueil exceptionnel à Rome.© iStock

LE TALENT : KONI DE WINTER IS COMING

Malgré le départ de Giorgio Chiellini et de Matthijs de Ligt, le jeune Belge Koni De Winter ne recevra pas encore sa chance au sein de l’arrière garde de la Vieille Dame.

L’international espoir, qui a déjà effectué quelques apparitions dans l’équipe première la saison dernière, ira engranger de l’expérience du côté d’Empoli. Roberto Martínez sera très curieux de voir un peu plus à l’oeuvre ce défenseur de 20 ans sur les pelouses de Serie A. Et nous aussi d’ailleurs.

SURPRENANT : LES JEUNES ITALIENS QUITTENT LE PAYS

Une tendance étonnante mais pas encore alarmante s’est dégagée depuis cet été et même les précédents : les jeunes italiens partent de plus en plus souvent à l’étranger pour réussir leur percée dans le football professionnel. La meilleure illustration de ce phénomène est certainement Gianluca Scamacca (23 ans). Le buteur italien de Sassuolo, qui était déjà annoncé comme l’avenir du football italien, n’a pas choisi de rejoindre un grand club de Serie A cet été. Il défendra les couleurs de West Ham et découvrira laPremier League.

D’autres joueurs comme Wilfried Gnonto (18 ans, FC Zurich), Mattia Viti (20 ans, OGC Nice) et Lorenzo Lucca (21 ans, Ajax) ont également choisi de quitter le pays pour recevoir leur chance. Un phénomène qui ne surprend pas Nicolò Fagioli, 21 ans, joueur de la Juventus. Il y voit même la raison pour laquelle l’Italie n’a pas été en mesure de se qualifier pour la Coupe du monde : « En Angleterre, en Espagne et en Allemagne, les jeunes reçoivent beaucoup plus d’opportunités de jouer. Ici, vous êtes immédiatement critiqué après deux performances inférieures et votre carrière peut être presque terminée après cela », estime le Bianconero.

Le sélectionneur national Roberto Mancini voit les choses différemment. « C’est bien que ces garçons aillent à l’étranger. Ils se développeront beaucoup plus qu’en restant ici. L’époque où les Italiens restaient chez eux toute leur vie pour jouer au football est révolue », conclut l’ancien entraîneur de Manchester City et de Galatasaray.

Contrairement à certains joueurs de son âge, Fagioli n'a pas quitté l'Italie cet été.
Contrairement à certains joueurs de son âge, Fagioli n’a pas quitté l’Italie cet été.© iStock

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