Jordi Cruijff, directeur technique du Barça : « Les meilleurs joueurs du monde veulent toujours venir au FC Barcelone ».

Jordi Cruyff tout à droite lors de la présentation de Robert Lewandowski au FC Barcelone. (Photo by Urbanandsport/NurPhoto via Getty Images)
Steve Van Herpe
Steve Van Herpe Steve Van Herpe est rédacteur de Sport/Voetbalmagazine.

Dans une interview accordée à FourFourTwo, Jordi Cruijff, aujourd’hui directeur technique du FC Barcelone, évoque son légendaire père Johan, son lien avec Roberto Martínez et l’avenir du Barça. Morceaux choisis.

Bien sûr, il n’a jamais pu surpasser la carrière de son père, mais Jordi Cruijff tente toujours de marquer le football de son empreinte, à sa manière. Sa carrière ressemble un peu à une odyssée, avec des expériences en Ukraine, en Israël, en Chine et en Équateur. « J’aime les nouvelles cultures, mais toutes mes décisions étaient liées au football et à la façon dont je pouvais jouer dans ces pays », raconte le Néerlandais de 48 ans dans une interview accordée à FourFourTwo.

« Par exemple, je suis allé à Chongqing en Chine (où il était entraîneur, ndlr) avec un esprit ouvert. Presque personne ne parlait anglais là-bas, alors comment commander des pâtes si vous ne connaissez même pas le mot pour les pâtes en mandarin ? Une fois, j’y ai commandé un hamburger avec des frites et j’ai reçu 10 hamburgers et 20 portions de frites livrés dans ma chambre d’hôtel. Puis tu souris une fois et tu improvises », poursuit le Néerlandais.


Parler à la femme de ménage

Bien sûr, on ne peut pas parler à Jordi sans évoquer son père. C’est inévitable. « Mon père était un homme spécial, du genre à parler à la reine des Pays-Bas pendant trois minutes, puis à la femme de ménage pendant 20 minutes », détaille Jordi Cruyff.

« Être « le fils de » n’était pas évident. En tant que jeune joueur, j’ai eu du mal à accepter que les gens commencent à me comparer à quelque chose d’incomparable. Tu ne peux pas comparer un mortel à un immortel. Ce n’est qu’en Angleterre que j’ai pu commencer à penser à ma propre carrière », explique le directeur technique du Barça.

Père et fils en 1995 (Photo credit should read -/AFP via Getty Images)

Il est très fier de son père. « Dans le monde entier, il existe environ 300 terrains baptisés du nom de Cruijff où les enfants peuvent jouer au football, y compris les enfants ayant des besoins particuliers. Ainsi, tous ces enfants ont un espace où ils peuvent améliorer leur santé physique et mentale. Telle est la mission de la Fondation Cruijff. Mon père n’a jamais terminé l’école mais il insistait pour que nous y allions. Si j’avais de mauvais points, parfois il ne me laissait pas jouer au football pendant un mois. Il voulait que nous ayons un plan B dans la vie », raconte Jordi Cruyff.


Roberto Martinez l’a aidé quand il était joueur en Angleterre

Lorsqu’il a rejoint Manchester United en 1996, Cruyff junior se lie d’amitié avec certain Roberto Martínez, qui jouait alors à Wigan. Les deux hommes se sont connus à l’université métropolitaine de Manchester, où ils ont croisé quelques autres joueurs de Premier League.

« Roberto a été d’un bon soutien dans un pays où j’étais en difficulté. Il m’a dit que j’avais trop de temps libre, que je devais faire quelque chose. Nous y avons également suivi nos premiers cours d’entraîneur. Nous sommes toujours de bons amis. Mon père a écrit (dans sa biographie, ndlr) que Roberto était le frère que je n’ai jamais eu. »


Prêt mentalement plus rapidement

Jordi Cruijff est récemment revenu au Barça, cette fois dans le costume de directeur technique. Il envisage l’avenir sereinement et avec optimisme. « Même si c’est difficile pour nous ici avec le fair-play financier, les meilleurs joueurs du monde veulent toujours venir à Barcelone. Je pense que 90 % des footballeurs étrangers de Premier League préféreraient être ici. Le football espagnol est encore attrayant », estime le Néerlandais.

Avec Ansu Fati, Gavi et Pedri, il y a également beaucoup de grands talents dans le noyau A. « Les joueurs sont aujourd’hui mentalement prêts à 17 ou 18 ans, alors qu’à mon époque, ils étaient matures vers 21 ans. C’est peut-être un reflet de la société, mais je suis heureux que ces gars soient déjà là, car ils ont vraiment aidé le club dans sa période difficile. D’un autre côté, nous voyons des joueurs comme Robert Lewandowski ou Karim Benzema qui sont encore au sommet à leur âge. Les joueurs y arrivent plus vite mais durent aussi plus longtemps », pense le fils de Johan Cruyff.

Messi fait-il encore parler de lui dans la capitale catalane ? « Quand il est parti au PSG au début, c’était difficile pour tous ceux qui aimaient le FC Barcelone de le voir jouer sous un autre maillot », a affirmé Cruijff junior à FourFourTwo. « Mais je pense qu’il bénéficie encore de beaucoup de respect ici. Après tout, il est l’un des meilleurs joueurs de tous les temps ».

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