Kasper Hjulmand, sélectionneur du Danemark: « Le simple fait de pouvoir travailler avec Christian Eriksen est un privilège et un plaisir »

"Dès qu'il a réintégré l'équipe nationale, les choses ont changé. Je l'ai dit avant qu’il ne revienne : il est le pouls de l'équipe". (Photo by Lars Ronbog / FrontZoneSport via Getty Images)
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Divers sélectionneurs ont été interrogés par nos confrères de WorldSoccer. Aujourd’hui, rencontre avec Kasper Hjulmand, le sélectionneur d’un pays marqué par un Euro 2021 un peu spécial et le retour d’un joueur important qu’il croyait avoir perdu. Morceaux choisis.

Par Samindra Kunti

Quel regard portez-vous sur l’EURO 2020, dont le Danemark a disputé les demi-finales ?

Beaucoup de choses se sont passées en 2021, pas seulement l’EURO. Nous avons joué 18 matches, nous avons gagné le respect et l’amour de notre nation, nous avons progressé dans notre façon de jouer, nous avons connu une très bonne campagne de qualification pour la Coupe du monde et les championnats d’Europe ont été des montagnes russes. Nous sommes restés soudés et avons fait preuve de caractère. Sur le plan footballistique, nous avons pris des mesures pour développer le style de jeu, la flexibilité et la tactique. Malheureusement, nous n’avons pas franchi la dernière étape, mais nous avons obtenu suffisamment de réponses pour continuer à progresser. Lorsque vous atteignez une demi-finale, vous voulez y retourner.

Comment avez-vous évolué depuis l’EURO ?

Nous avons prouvé notre souplesse tactique. Nous changeons aisément d’approche en cours de match, mais aussi d’un match à l’autre. Nous avons un noyau de joueurs qui se développent très bien mais il faudrait qu’ils soient plus nombreux dans les grands clubs, qui jouent la Ligue des champions chaque semaine. C’est important pour nos jeunes joueurs et pour l’équipe nationale.

Christian Eriksen, victime d’un arrêt cardiaque à l’EURO, a réintégré l’équipe. A quel point est-ce important ?

C’est très spécial. C’est une sorte de miracle qu’il soit encore en vie et c’est l’essentiel, mais son retour est un cadeau pour nous tous.  Lors de son come-back, il a montré qu’il était tout simplement un joueur de football phénoménal. Dès qu’il a réintégré l’équipe nationale, les choses ont changé. Je l’ai dit avant qu’il ne revienne : il est le pouls de l’équipe. Je suis très heureux de le voir revenir sur le terrain. Le simple fait de pouvoir travailler avec lui est un privilège et un plaisir.

Que pensez-vous de vos adversaires du groupe D, la France, l’Australie et la Tunisie ?

C’est un groupe très compétitif. J’ai vu beaucoup de matches de la Tunisie, et les affronter l’après-midi sous la chaleur sera un grand test pour nous. Les Tunisiens ont un fort esprit d’équipe et recevront beaucoup de soutien. Nous nous sommes rencontrés en Australie lors de la dernière Coupe du monde – je n’étais pas l’entraîneur, mais c’était un match très serré. Ils nous ont donné matière à réflexion. Ils jouent avec énergie et fierté. La France est l’un des favoris – avec tout le talent qu’elle possède, elle pourrait aligner trois équipes à la Coupe du monde. C’est un groupe très fort, mais nous sommes forts aussi et nous croyons en nous-mêmes. Les trois matches seront très intéressants, difficiles et différents. J’ai beaucoup de respect pour les trois équipes.

Qu’espérez-vous de ce tournoi ?

Nous rêvons de gagner un trophée. C’est ainsi que nous avons toujours travaillé. Nous savons que nous ne sommes pas les plus grands favoris. Nous ne sommes pas dans la catégorie des équipes qui ont une chance de gagner, mais c’est notre rêve. C’est difficile : tout doit jouer en notre faveur – nous avons besoin de joueurs en forme et concentrés, et nous devons avoir de la chance. Tout d’abord, nous devons passer le premier tour. Puis c’est l’élimination directe. Mais notre rêve est de gagner – c’est pour cela que nous jouons au football.

Lire la présentation du Danemark par le magazine WorldSoccer