Jan Lecjaks, le capitaine de l’Omonoia Nicosie va-t-il prendre sa revanche sur la Belgique ?

ANTWERP, BELGIUM - AUGUST 26: Jan Lecjaks of Omonia Nicosia during the UEFA Europa League match between FC Antwerp and Omonia Nicosia at Bosuilstadion on August 26, 2021 in Antwerp, Belgium (Photo by Herman Dingler/BSR Agency/Getty Images) © Getty

Le flanc gauche tchèque est le capitaine d’un Omonoia Nicosie qui est en passe d’éliminer La Gantoise de la course à l’Europa League. Auteur de la passe décisive sur le premier but du match aller, Lecjaks pourrait prendre sa revanche sur un pays où il avait connu une expérience ratée à Anderlecht.

Le style a quelque peu changé depuis 11 ans. Moins de cheveux, plus de barbe et un petit look qui ferait presque penser à Dorian Dessoleil, mais une patte gauche qui reste efficace comme il l’a encore prouvé à la Ghelamco Arena jeudi dernier en servant idéalement Charalampous sur le premier but de l’Omonoia Nicosie. Le nom de Jan Lecjaks rappellera sans doute quelques vagues souvenirs aux supporters d’Anderlecht.

Lors de l’été 2010, les Mauves comptent toujours sur Olivier Deschacht au poste d’arrière gauche. Mais on le sait, ce dernier n’a jamais été le plus habile sur le plan offensif. C’est pourquoi les dirigeants anderlechtois lui cherchent une doublure capable d’apporter plus de débordements et de centres afin de créer le surnombre en phase offensive. L’oiseau rare, Herman Van Holsbeeck pense l’avoir déniché en Tchéquie, un pays à la mode à l’époque pour les recruteurs de Saint-Guidon puisque des Daniel Zitka, Jan Polak, Stanislav Vleck et Ondrej Mazuch sont passés par la maison mauve. Jan Lecjaks évolue alors au Viktoria Plzen et n’est âgé que de 20 ans. Le mercato mauve n’atteindra pas des sommets cette année-là avec autant de recrues considérées comme des flops dans les annales du Parc Astrid: Dalibor Veselinovic, Pablo Chavarria ou Ablaye Seck , des noms que les fans bruxellois ont préféré rayer de leur mémoire, alors que dans le sens des départs, les Bruxellois seront contraints de dire au revoir à Jelle Van Damme avant d’en faire de même quelques mois plus tard à deux cadres : Jan Polak et Mbark Boussoufa, dont l’argent servira à compenser les millions perdus par une élimination lors des barrages de la Ligue des Champions contre le Partizan Belgrade.

Assist et auto-but contre le Partizan

Un acte en deux actes auquel prendra part le malheureux Lecjaks malgré lui. Aligné comme piston gauche à Belgrade après notamment une prestation convaincante au tour précédent lors du match retour contre New Saints où il donne un assist, il justifie la confiance en lui placée par Ariel Jacobs en délivrant un centre parfait pour l’infiltreur Guillaume Gillet qui ponctue victorieusement de la tête cette belle offrande venue de la gauche. Le RSCA semble sur le velours en menant 0-1 à la mi-temps dans l’antre hostile de Belgrade. Mais en sept minutes, le Partizan va renverser la vapeur en seconde mi-temps. Cleo ramène les deux équipes à égalité avant que malheureux Lecjaks ne dévie dans ses propres filets une passe d’Ivica Iliev. Heureusement deux minutes plus tard, Roland Juhasz permettra aux Mauves d’égaliser à 2-2, un score que l’on pense idéal avant le match retour à Bruxelles.

Jan Lecjaks of RSC Anderlecht (C) reacts after scoring against his team during their UEFA Champions League Play-off first-leg round football match against Partizan in Belgrade on August 18, 2010. AFP PHOTO/ ANDREJ ISAKOVIC (Photo credit should read ANDREJ ISAKOVIC/AFP via Getty Images)

Sauf que la qualification attendue ne sera pas au bout du compte. Les Bruxellois sont menés 0-2 à la 53e après un doublé de Cleo, mais recolleront au score grâce à Romelu Lukaku et Guillaume Gillet. Les deux équipes étant à égalité au total des deux rencontres, ce sont finalement les tirs au but qui décideront du nom de la formation qui prendra part à la phase de poule de la C1. Lucas Biglia, Matias Suarez et Mbark Boussoufa ratent leurs tentatives, Anderlecht loupe le gros lot de 15 millions. Lecjaks assistera à cette douloureuse blessure depuis le banc.

Barré par Olivier Deschacht en début de saison, il ne joue pratiquement pas jusqu’à la 12e journée de championnat où il remplace son concurrent, blessé, à un quart d’heure du terme. Oli va être sur le carreau pendant de nombreuses semaines et le jeune tchèque à l’occasion de prouver sa valeur dans le onze d’Ariel Jacobs.

Il va jouer intégralement, à l’exception d’une seule, les 17 dernières rencontres de la phase classique, délivrant 2 assists (contre Zulte Waregem et Courtrai). Mais Lecjaks ne convainc pas vraiment. Il fait déjà partie de ses latéraux déjà trop portés vers l’avant et dont le profil peine à trouver un juste milieu entre une position de back où ses lacunes dans le placement défensif sautent au yeux et un poste d’ailier où il n’a pas le coup de rein et le côté déroutant des spécialistes. Il prendra aussi part lors des dix rencontres des Playoffs 1 sans que sa cote de popularité ne puisse augmenter.

Après une saison pleine à 40 rencontres, cinq passes décisives (championnat, coupe de Belgique, préliminaires de Champions League et Europa League comprises) et le gain d’une Supercoupe, la location de Lecjaks n’est pas commué en achat définitif. Il retourne donc au Viktoria Plzen avec l’ambition de retenter rapidement sa chance dans une autre équipe étrangère.

Trois titres de vice-champion de Suisse aux Young Boys

Ce sera finalement une équipe désormais familière pour les Anderlechtois puisqu’il s’agit du Young Boys Berne dont il défendra les couleurs pendant six ans à l’exception d’un petit intermède en Norvège du côté de Valerenga (2 buts et 8 assists). Il disputera 158 rencontres pour les Suisses, marquera cinq fois et donnera 26 assists, mais c’est aussi le seul club où il ne remportera pas de trophées à l’étranger, malgré trois titres de vice-champions de Suisse dans l’ombre du FC Bâle. Mais cela, c’était l’époque avant que les Young Boys ne prennent l’ascendant comme c’est désormais le cas depuis quelques saisons.

Il prend donc la direction de la Croatie et du géant local, le Dinamo Zagreb, pour remplir son armoire à trophées. Sauf que finalement, il doit seulement se contenter d’une Coupe en 2018. Il ne fait pas non plus l’unanimité là-bas et après une saison à 29 matches, 1 but et 3 assists, il est vendu au voisin du Lokmotiva où il augmente sa production avec deux roses plantées et 7 passes décisives adressées en 31 sorties.

Après deux saisons en Turquie, c’est à Chypre qu’il va finalement écrire le plus beau chapitre de sa carrière en termes de titres remportés. Sous les couleurs de l’Omonoia Nicosie, Lecjaks soulève une coupe de vainqueur du championnat, une Coupe de chypre et deux supercoupes. Arrivé en 2019 dans l’île où se trouvent les origines de George Michael, le Tchèque a prolongé en 2021 son contrat jusqu’en 2024. En trois saisons, il compte déjà 112 apparitions, 4 goals et 21 passes décisives, souvent dans un rôle de piston sur le côté gauche. Il est même devenu le vice-capitaine des en l’absence de Fotis Papoulis.

Omonoia’s Jan Lecjaks and Antwerp’s Manuel Benson fight for the ball during a soccer game between Belgian team Royal Antwerp FC and Cyprus club Omonia Nicosia, Thursday 26 August 2021 in Antwerp, the return leg of the play-off for the Europa League competition. BELGA PHOTO LAURIE DIEFFEMBACQ (Photo by LAURIE DIEFFEMBACQ/BELGA MAG/AFP via Getty Images)

Privés d’Europa League voici un an au profit de l’Antwerp qui s’était imposé au bout de la loterie des tirs au but, Jan Lecjaks espère enfin prendre une revanche sur une Belgique qui ne lui a pas toujours laissé de bons souvenirs dans sa carrière. Contre le Great Old l’an dernier, il était d’ailleurs l’un des tireurs malheureux de l’Omonoia.

La Gantoise lui souriait à son époque anderlechtoise

La Gantoise est d’ailleurs une équipe qui avait plutôt souri au gaucher désormais âgé de 32 ans depuis le 9 août dernier. En cinq duels contre les Buffalos lors de sa saison anderlechtoises, il avait connu 4 victoires et un match nul. Il n’avait manqué qu’un seul de ses matches, celui de la Supercoupe, son seul titre en Belgique, où il était resté sur le banc.

Cette fois, c’est probablement sur le terrain qu’il s’offrira les joies d’un retour en Europa League sauf si les Gantois parvenaient à renverser la vapeur. Une compétition dans laquelle il a effectué 28 apparitions dans sa carrière avec 1 but (contre le Slovan Bratislava) et cinq assists.