Grandes attentes et équipe remaniée, Julian Nagelsmann se confie: « Les joueurs veulent sentir qu’on écoute leur opinion »

Julian Nagelsmann, ici avec Kingsley Coman, veut plus écouter ses joueurs. (Photo by Jonathan Moscrop/Getty Images)
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Après une première saison où il a dû se contenter d’un titre national, le jeune entraîneur allemand doit faire beaucoup mieux pour la seconde année de son mandat. Et après un début de Bundesliga décevant, le Bayern doit impérativement se reprendre en Ligue des Champions. Et cela commence dès ce soir, contre le FC Barcelone, le nouveau port d’attache de son ancien buteur Robert Lewandowski. Entretien avec l’homme à la tête du Rekordmeister.

Interview réalisée par Christopher Melzer

Le Bayern a subi une métamorphose cet été. Il y a le départ de Robert Lewandowski, certes, mais il ne doit pas éclipser le fait que le club a investi 137,5 millions en transferts entrants. Le Rekordmeister avait toujours eu un buteur spécifique, mais doit maintenant changer de tactique. Le montant des investissements accroît aussi la pression qui pèse sur les épaules de Nagelsmann, qui a toutefois tiré des leçons des erreurs commises durant sa première saison.

JULIAN NAGELSMANN : Je suis devenu l’entraîneur que je suis parce que j’ai obtenu du succès grâce à mes méthodes de travail et à ma philosophie. Je dispense des exercices différents et variés, souvent complexes, parfois des exercices qui surchargent délibérément les joueurs. Je conçois des situations extrêmement tactiques à l’entraînement, afin de nous adapter à l’adversaire suivant. Ça a toujours été mon mode de fonctionnement.

Le Bayern n’y était pas accoutumé. Un grand club ne s’adapte pas aussi rapidement à son adversaire. Je n’ai jamais considéré ça comme un signe de faiblesse, mais je vais quand même devoir modifier mon cap. On va abréger la préparation à l’adversaire et ne plus s’adapter à lui de la même manière. Au second tour de la saison passée, on a quelque peu perdu notre foi en un jeu varié. J’ai surtout appris à quel point il était important de convaincre chaque joueur, chaque caractère. C’est même plus important, par certains aspects, que l’apprentissage d’une tactique.

Qu’avez-vous appris d’autre?

NAGELSMANN: Comment communiquer avec les leaders d’un groupe, comment les convertir à mes idées. Un nouvel entraîneur doit être à la hauteur. Il ne peut pas demander, après trois séances: «Que fait-on, maintenant?» Il doit se forger une crédibilité. Pour cela, le contact avec les joueurs est crucial. Après tout, je dépends d’eux. L’inverse est nettement moins vrai.


«Au Bayern, il ne suffit pas de communiquer avec les joueurs»

Comment communiquez-vous avec vos joueurs?

NAGELSMANN: Pendant mes vacances, je leur ai régulièrement téléphoné pour leur exposer mes projets: je voulais qu’on se concentre davantage sur nous et moins sur l’adversaire. Je leur ai demandé ce qu’ils en pensaient. Mais au Bayern, il ne suffit pas de communiquer avec les joueurs.

Avec qui d’autre?

NAGELSMANN: Les dirigeants et parfois aussi avec les grands noms du passé. Il faut absolument qu’il y ait un échange d’idées.

Avez-vous sous-estimé cette communication?

NAGELSMANN: J’ai sous-estimé l’importance pour les joueurs d’entretiens individuels. J’ai mené trop peu de conversations de ce genre alors qu’ils en avaient besoin. Ils veulent sentir qu’on écoute leur opinion.

Retrouvez cet entretien complet avec Julian Nagelsmann dans notre mensuel Sport/Foot Magazine du mois de septembre