Critiques contre l’Etat, chants de Noël et bière gratuite: voici pourquoi l’Union Berlin n’est pas un club comme les autres

L'Union Berlin fête avec son public le partage obtenu contre le grand Bayern Munich. (Photo by Boris Streubel/Getty Images)
Jacques Sys
Jacques Sys Jacques Sys, rédacteur en chef de Sport/Foot Magazine.

L’Union Berlin, l’adversaire de l’autre Union, celle de Saint-Gilles, ce jeudi en Europa League, est encore la révélation de cette nouvelle saison en Bundesliga. Une confirmation des deux derniers exercices où le club de la capitale s’était déjà invité dans les hauteurs du classement. L’entraîneur et ses joueurs restent extrêmement critiques envers eux-mêmes. Portrait d’un club atypique dans le paysage footballistique allemand.

L’Union Berlin entame sa quatrième saison en Bundesliga. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle continue de progresser et de surprendre tout son monde. Pendant longtemps, le club de l’ancienne RDA n’a pas eu envie de viser une place au plus haut niveau du football allemand car il avait peur de ne pas pas savoir tenir la route financièrement. Cette logique a fait de l’Union Berlin un club à part dans le paysage footballistique allemand car il a tenté de suivre sa propre voie, même avant la réunification de l’est et de l’ouest.

Avant la chute du Mur de Berlin, les supporters unionistes ont régulièrement manifesté leur désaccord avec l’orientation politique de l’Allemagne de l’est et les tribunes sont devenues la toile de fond d’une résistance courageuse mais craintive. Des chansons critiques envers l’État sont entonnées dans les travées et lorsque l’équipe se voit accorder un coup franc lors d’un match et que l’adversaire dresse un mur, ils crient haut et fort : « Die Mauer muss weg ». Le mur, qui divise alors l’Allemagne et Berlin en deux, se trouve à peine à un kilomètre du Stadion An der Alten Försterei.

Le Stadion An der Alten Försterei, l’antre de l’Union Berlin, a été rénové pour répondre aux normes des compétitions européennes mais il a conservé son ambiance désuète (Photo by LAURIE DIEFFEMBACQ / BELGA MAG / Belga via AFP) (Photo by LAURIE DIEFFEMBACQ/BELGA MAG/AFP via Getty Images)


Une ossature solide

Au final, la progression sportive a été énorme ces dernières années et l’Union a été promue en Bundesliga en 2019. Elle a appris à penser plus commercialement et s’est sauvée après son premier exercice en division 1 allemande. Le club berlinois s’est qualifié pour les compétitions européennes les deux saisons suivantes. Ces résultats étonnants sont l’œuvre de l’entraîneur suisse Urs Fischer. Un homme connu pour sa prudence.

L’Union Berlin garde les pieds fermement sur terre malgré ses succès récents. Cette saison, l’ Eisern Union occupe encore la quatrième place provisoire dans la compétition allemande. Le club de la capitale se trouve toujours dans un processus de développement mais parvient à garder le cap. Chaque année, un certain nombre de joueurs importants partent sous d’autres cieux, mais ils sont remplacés à chaque fois par d’autres bons joueurs qui trouvent rapidement leur place dans l’équipe. Certaines routines permettent à l’équipe de garder son ossature. Cela garantit une certaine stabilité, à l’image d’un système en 3-5-2 qui est rarement modifié.
Bougies allumées

Le fait que l’Union s’en tienne à sa structure est probablement déterminant dans son succès. Cette saison, l’équipe s’est montrée diablement efficace offensivement en plantant déjà douze roses en seulement cinq rencontres de Bundesliga. Les Berlinois possèdent la seconde meilleure attaque du championnat, juste derrière l’inévitable Bayern Munich. Une formation contre laquelle l’Union a partagé l’enjeu le week-end dernier dans une ambiance exceptionnelle.

Le club issu du quartier populaire de Köpenick reste cependant spécial pour tout un tas de traditions. Ne serait-ce que parce que la veille de la veille de Noël, les supporters entonnent des chants de Noël dans le stade et que seules des bougies y sont allumées. Mais aussi parce qu’il y a des pubs où l’on peut boire une bière gratuite quand l’équipe a gagné.

Urs Fischer, ici avec Julian Nagelsmann, le coach du Bayern Munich, est l’homme modeste derrière les succès de l’Union Berlin. (Photo by Boris Streubel/Getty Images)

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