Le succès du Club Bruges: les bons choix à tous les niveaux

BRUGGES, BELGIUM - OCTOBER 4: Ferran Jutgla of Club Brugge KV is celebrating his goal with Hans Vanaken (c) of Club Brugge KV, Abakar Sylla of Club Brugge KV during the Group B - UEFA Champions League match between Club Brugge KV and Atletico Madrid at the Jan Breydelstadion on October 4, 2022 in Brugges, Belgium (Photo by Joris Verwijst/Orange Pictures)
Steve Van Herpe
Steve Van Herpe Steve Van Herpe est rédacteur de Sport/Voetbalmagazine.

Neuf sur neuf en Ligue des Champions et une qualification quasi assurée pour les huitièmes de finales : c’est historique ! Grâce aux décisions des blauw-zwart sur le terrain et en-dehors.

Ce mercredi matin sur le  site de l’UEFA: ‘Round-up: Bayern, Napoli, Club Brugge shine’. Il faut se frotter les yeux en voyant un club belge cité dans la même phrase que deux grandes puissances européennes. Le 5-0 du Bayern contre Viktoria Pilsen était prévisible. Le succès de Naples à l’Ajax ne constituait pas une surprise compte tenu de la différence de valeur marchande des noyaux (480 millions contre 295) mais le score (1-6) en était une.

Le choix de Carl

Sur le banc amstellodamois: Alfred Schreuder. Le courtois Néerlandais a conduit le Club Bruges au titre avec un football très conservateur pour un Ajacide. Vous souvenez-vous de l’identité de l’arrière gauche dans le déplacement crucial à l’Union? Charles De Ketelaere.

Les joueurs appréciaient Schreuder mais la direction n’était pas vraiment convaincue et n’a pas tiqué quand l’Ajax a souhaité le ramener à l’ArenA.

Peu après, Vincent Mannaert et Cie ont sorti la carte Carl Hoefkens, suscitant pas mal de froncements de sourcils : accorder sa chance à un jeune entraîneur belge, c’était bien mais Carl était-il le bon homme à la bonne place ?    

Carl Hoefkens donne des indications. Son mérite dans le 9 sur 9 en Ligue des champions ne doit pas être sous-estimé. (Photo par Joris Verwijst/Orange Pictures)

La réponse est sans équivoque, pour l’instant: oui! Simon Mignolet a déclaré que la victoire 2-0 contre l’Atlético était une plume au chapeau de l’entraîneur car ses plans tactiques avaient fonctionné dans les trois joutes européennes.

C’est certainement le cas mais la direction brugeoise mérite sa part de compliments. Elle a fait preuve d’audace en nommant Hoefkens à ce poste et elle en récolte les fruits. Il constitue le bon choix. Evidemment, on ne pourra effectuer de bilan qu’à l’issue de la saison mais ce 9 sur 9 en Ligue des Champions, quasi synonyme de qualification pour les huitièmes de finale, est une fameuse performance.

Mister 50%

Quatre tirs cadrés, deux buts. Ce sont les statistiques de Ferran Jutglà après trois matches de LC. Autrement dit, quand il peut cadrer son envoi, il a 50% de chances de marquer. Un chiffre hallucinant.

Des avants du calibre d’Erling Haaland et de Kylian Mbappé font encore mieux, avec trois goals sur quatre et cinq tirs cadrés, mais Robert Lewandowski – par exemple – a marqué trois buts seulement sur sept tentatives.

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Roman Jaremtshouk, l’homme qui a coûté 16 millions, manque justement d’efficacité. L’Ukrainien a besoin de beaucoup d’occasions pour marquer et traîne cette réputation. Il ne faut donc pas s’étonner que Hoefkens lui préfère Jutglà en pointe. Ici, aussi, c’est le bon choix.

Pourtant, le Catalan de 23 ans n’a découvert son sens du but que la saison passée. Dans un long entretien avec Sport/Foot Magazine, il a expliqué que Xavi avait été le premier entraîneur à le poster en pointe, il y a moins d’un an. Dans ses équipes précédentes, il évoluait sur l’aile ou dans l’entrejeu. Aucun entraîneur n’avait décelé son sens du but auparavant. Ça montre une fois de plus à quel point tout est relatif en football et comme une carrière peut brusquement changer de cap.

La stabilité, grâce à Simon

Flashback. Eté 2019. “Si vous me demandez d’établir la liste des meilleurs professionnels avec lesquels j’ai travaillé -et je parle d’une carrière de plus de 30 ans-, Simon Mignolet concourrait pour la première place. Le Club Bruges peut être heureux de l’avoir embauché. Compte tenu de ses qualités et de sa forme, il peut encore jouer dix ans pour cette équipe. »  

Jürgen Klopp ne tarit pas d’éloges sur Simon Mignolet, sur le site de Liverpool. Le Club Bruges a puisé dans ses poches (7 millions d’après transfermarkt.com) pour attirer le numéro deux national au Jan Breydel mais il ne le regrette certainement pas. Bruges a remporté trois titres d’affilée depuis que le Trudonnaire défend son but. Il a apporté à la défense brugeoise la stabilité dont elle manquait depuis longtemps.

Mignolet ne doit pas regretter son choix non plus. Durant l’été 2019, il aurait tout aussi bien pu se lancer dans une aventure au sein d’une formation du subtop européen mais il a préféré revenir à la modeste ligue de bière. La bonne décision, puisqu’en un rien de temps, le Limbourgeois est devenu un monument du Club.

Trois clean sheets en autant de matches de Ligue des champions : quel exploit. (Photo par KENZO TRIBOUILLARD/AFP via Getty Images)

Il a sauvé les meubles à moult reprises dans cette Ligue des Champions. Manuel Neuer est le seul autre portier à se targuer de trois clean sheets. Mais l’Allemand n’a dû effectuer que neuf sauvetages, tandis que Mignolet a écarté le but de sa cage à treize reprises.

On vous l’accorde, il a parfois eu un brin de chance -nous pensons au but annulé du Bayer Leverkusen et au penalty d’Antoine Griezmann sur la latte- mais on peut forcer la chance. Notamment en effectuant les bons choix…

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