L’avenir incertain du FC Bruges en Ligue des Champions

Selon Vincent Mannaert, des clubs comme le Real Madrid n'envisagent pas l'avenir du football avec la présence de club du style du FC Bruges en Ligue des Champions. (Photo by TF-Images/Getty Images)
Steve Van Herpe
Steve Van Herpe Steve Van Herpe est rédacteur de Sport/Voetbalmagazine.

Avec la réception, ce soir, du Bayer Leverkusen, les Blauw en Zwart commencent une nouvelle campagne en Ligue des champions. Pour la dernière fois ?

216 millions d’euros est le montant perçu, selon le site Transfermarkt, par l’Ajax sur ses transferts sortants cet été. Les Amstellodamois ont même reçu 95 millions d’euros de Manchester United pour le seul Antony. La cerise sur le gâteau.

A côté, les 55 millions d’euros de revenus de transfert du Club de Bruges font un peu pâle figure. Ces dernières années, le Blauw en Zwart ont suivi l’exemple de leurs voisins néerlandais pour se hisser dans le subtop européen. Mais année après année, il semble que la barre soit relevée en Ligue des champions.

Le champion de Belgique s’est donné beaucoup de mal pour renforcer son noyau ces dernières semaines et pas seulement pour décrocher les lauriers nationaux pour la quatrième fois consécutive. Les Brugeois ambitionnent aussi de passer l’hiver européen et de préférence dans la plus prestigieuse des compétitions : la ligue des champions. Une manière de démontrer qu’ils ont leur place parmi les grands d’Europe.

Tout le monde ne le pense pas et Vincent Mannaert, le CEO du Club Bruges, l’a récemment illustré dans le podcast MIDMID en racontant une anecdote : « Le vice-président du Real Madrid m’a dit que c’était très bien que nous soyons en Champions League, mais que selon sa vision de l’avenir du football international, le Real ne devrait plus jouer contre le champion belge. C’est un langage clair qui appelle à une certaine modestie. Nous ne sommes que la Belgique au niveau international. Nous n’avons pas grand-chose à dire. C’est aussi la crainte de l’Ajax, alors qu’il s’agit d’une marque mondiale. Elle n’était pourtant pas invitée à la table des négociations lorsque la Super League a été élaborée », poursuit Mannaert.

Vincent Mannaert fait remarquer que même un club comme l’Ajax n’a pas été invité à la table des négociations de la Super League. (Photo by HATIM KAGHAT/BELGA MAG/AFP via Getty Images)

Des billets plus chers

Ces neuf dernières années, le champion belge s’est qualifié directement pour la phase de groupe de la Ligue des champions. Grâce à la position de notre pays dans le classement du coefficient de l’UEFA.

Mais à partir de la saison prochaine, ce passe-droit prendra fin. L’équipe qui décrochera le titre en mai 2023 devra d’abord éliminer deux autres clubs au cours de l’été avant d’avoir le droit de se vautrer dans les millions de la Ligue des champions.

Et à partir de 2024, un billet pour participer à la Ligue des champions deviendra encore plus cher, car le format va changer. Même si l’UEFA le nie dans toutes les langues, la nouvelle mouture est en fait un tremplin vers la tant décriée Super League.

Au lieu de huit poules de quatre équipes comme aujourd’hui, il y aura une mini-compétition entre 36 équipes. Il y aura donc quatre places supplémentaires pour la Mecque du football européen. Cependant, l’UEFA ne les attribuera pas aux champions des petites nations parce qu’elle ne veut pas baisser la qualité de son produit le plus vendeur. Un seul de ces quatre billets terminera donc dans les mains d’un champion d’un plus petit pays.

Les clubs belges doivent donc d’abord de remonter dans le classement du coefficient de l’UEFA. Cette responsabilité n’incombe pas qu’au FC Bruges, mais aussi aux autres représentants belges engagés en Europa et en Conference League.

Des stars comme Hans Vanaken et Roman Yaremchuk font-elles vraiment rêver au niveau mondial ? (Photo by KURT DESPLENTER/BELGA MAG/AFP via Getty Images)


L’évolution du football

Pendant et juste après la crise du coronavirus, on a brièvement (et naïvement) pensé qu’il y aurait un frein aux dépenses dans le football. Mais, c’est déjà le contraire que l’on constate. L’argent qui circule dans le secteur ne fait qu’augmenter. Les grands clubs du Big Five du continent pensent donc qu’ils ont droit à une plus grosse part du gâteau parce qu’ils sont la vitrine de leur sport et qu’ils doivent pouvoir continuer à payer les meilleurs joueurs à des salaires astronomiques. Il suffit de regarder l’exemple du FC Barcelone, qui hypothèque ses revenus futurs pour pouvoir s’offrir des joueurs de classe mondiale comme Robert Lewandowski.

Le président du Club Brugeois, Bart Verhaeghe, se montre également bien conscient de l’évolution du football. Dans les colonnes du quotidien Het Nieuwsblad, il déclare ceci : « Le football devient le sport numéro un. Aujourd’hui, même aux États-Unis, les jeunes de 18 ans accordent plus d’attention au football qu’au basket, au baseball ou au football américain. Ça ne s’arrête pas. C’est pourquoi les Américains se montrent si intéressés par les clubs et n’hésitent pas à en racheter. Les footballeurs deviennent des stars encore plus grandes qu’elles ne l’étaient déjà« , conclut Verhaeghe.

Le football continue de se développer et il est important de ne pas manquer le train. Mais si l’Ajax craint déjà pour sa place, quel espoir reste-t-il pour le FC Bruges ?

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