Une Redoute raccourcie de 300 mètres sur Liège-Bastogne-Liège

Remco Evenepoel lors de son attaque décisive sur la Redoute en 2022. BELGA PHOTO POOL PETER DE VOECHT
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Le parcours a subi quelques petits changements dans les 30 derniers kilomètres. ASO entend ainsi donner libre cours aux inspirations des audacieux. Qui succèdera à Remco Evenepoel en 2023 ? Le Belge avait devancé ses compatriotes Quinten Hermans et Wout van Aert à Liège.

Un changement de parcours au niveau de la côte de la Redoute dynamisera les courses masculine et féminine à Liège-Bastogne-Liège le 23 avril prochain. Les coureurs et coureuses obliqueront vers la droite, à quelque 300 mètres du sommet, dans la partie la plus dure de la côte emblématique de la « Doyenne » pour aller chercher, après une descente, la côte de Cornémont, non officiellement répertoriée, et attaquer la côte des Forges avant la montée finale de la Roche-aux-Faucons.

Christian Prudhomme, directeur du Tour de France et du cyclisme chez Amaury Sport Organisation (ASO), a commenté le changement de parcours dans La Redoute à Liège-Bastogne-Liège. Le parcours de la Doyenne « peut donner libre cours » aux imaginations

« Le parcours de Liège-Bastogne-Liège évolue toujours, année après année, par petites touches », a expliqué mercredi à Liège Christian Prudhomme. « Quand on revoit le démarrage en 2022 de Remco Evenepoel dans La Redoute on est toujours stupéfait par la violence de ce démarrage, alors qu’il était parfaitement caché. »

« Le parcours 2023 dans La Redoute prendra vers la route dans la partie la plus rude et conduira les coureurs vers la montée vers Cornémont, qui n’est pas classée parmi les côtes de Liège-Bastogne-Liège mais qui peut certainement compter avant d’aller chercher la finale vers les Forges et la Roche-aux-Faucons qui est devenue classique. »

Le patron de l’organisation a évoqué les possibilités qu’auront grands favoris de s’exprimer. « On sait aujourd’hui que les plus grands champions sont capables d’attaquer un peu partout et souvent loin. Nous aurons deux archétypes, Evenepoel et Pogacar, parmi d’autres car un troisième larron peut gagner. Mais le terrain est fait pour qu’ils puissent donner libre cours à leur imagination. Nous avons la chance d’avoir des coureurs qui brillent, qui n’ont pas froid aux yeux, même si, au printemps Evenepoel n’a eu recours qu’à une seule accélération. »

La course passera par la route où s’était produit une très grosse chute dans le peloton qui avait coûté cher au Français Julian Alaphilippe, grièvement blessé dans l’incident.  » Nous étions passés des dizaines de fois à l’endroit de cet incident. On espère tous qu’il n’y aura pas ce genre de chute monumentale en 2023. Les chutes, on ne sait jamais où elles peuvent se produire. »

Les élus liégeois ont profité de l’occasion de la présentation des classiques ardennaises pour faire de nombreux appels du pied aux responsables d’ASO, organisateurs du Tour de France, d’accueillir de nouveau la Grande Boucle en terre liégeoise. « Cela veut dire qu’il y a une envie d’attirer le Tour. On a des grands souvenirs des passages et départ du Tour à Liège et en province de Liège en 2004, 2012. On a la chance, par ailleurs, d’avoir beaucoup de candidatures, notamment à l’étranger. De plus en plus d’ailleurs. Les succès populaires des grands départs dans le Yorkshire en 2014, tout récemment au Danemark, font que d’autres s’intéressent aussi au Tour de France, qui devient un événement formidable en termes sportifs mais aussi en termes de mise en valeur des régions, des terroirs, comme lien social. Le vélo rassemble, dans un monde qui se scinde de plus en plus. Bien sûr que les élus, dans quelque région que ce soit, ont envie d’avoir cela. Ça devient donc très compliqué pour tout le monde car il faut partager davantage. La demande de Liège, réitérée et sympathique, est donc parfaitement légitime. »