Cyclocross: Mathieu van der Poel et Wout van Aert n’ont pas tardé à retrouver leurs rangs

Les deux patrons du cyclocross ont sifflé la fin de la récréation à Anvers. (Photo by Luc Claessen/Getty Images)

Premier Mathieu van der Poel, deuxième Wout van Aert. Pours leur premier duel de cyclocross cette saison, à Anvers, les  deux cadors de la discipline ont sifflé la fin de la récréation pour rappeler à tous qu’ils restaient les maîtres incontestés des labourés. Analyse.

La manche de Coupe du monde de cyclocross, qui se déroulait sur la plage de Sint-Anneke, a commencé par un fait inédit. Jamais dans le long livre de leurs duels épiques dans la discipline, Mathieu van der Poel et Wout van Aert n’avaient pris le départ au-delà de la première rangée d’une course disputée chez les professionnels. Le Néerlandais devait s’élancer de la quatrième ligne, le Campinois de la seconde.

Cela ne s’est pas avéré être un désavantage pour les deux cadors des labourés, malgré une ligne de départ longue de seulement 75 mètres d’asphalte. WvA s’est retrouvé en deuxième position à l’entrée des premiers sentiers boueux alors qu’MvdP pointait déjà aux alentours de la cinquième ou sixième position. Deux départs canon.

A la fin du premier tour, les deux ténors occupent déjà les deux premières places. Peu après, Van der Poel déploie ses ailes et profite de sa capacité à rester sur le vélo dans une descente technique pour distancer son éternel rival, contraint de mettre pied à terre. Exactement la même tactique que lors de ses deux premiers cyclo-cross de la saison, à Hulst et à Boom. Sauf que lors de ce dernier, il est tombé dans un virage alors qu’il était suivi comme son ombre par Tom Pidcock et qu’il a dû se contenter d’une treizième place.

Cette fois, rien ni personne ne pouvait l’arrêter sur sa route vers un deuxième succès en Coupe du monde cette année. van der Poel bouclait le deuxième tour en 8 minutes et 20 secondes, en devançant de 10 secondes le deuxième coureur le plus rapide, Michael Vanthourenhout, et van Aert de 13.

Au quatrième tour, Van der Poel grignotait encore 4 secondes sur son tour le plus rapide en signant un 8 minutes et 16 secondes. Le champion de Belgique passait la ligne avec encore 11 secondes de retard supplémentaires sur le leader de la course.

Après cela, Mathieu van der Poel a commencé à gérer son rythme pour couper la ligne en vainqueur avec 23 secondes d’avance sur Wout van Aert et 34 sur Michael Vanthourenhout.

Une recette qui a fait ses preuves et lui a permis de s’offrir 144 bouquets dans les labourés, au sein de la catégorie des élites. Dans 33% des cas, il a laissé ses rivaux sur place dès le premier quart de la course. Dans 27 %, il a démarré sa chevauchée en solitaire à partir du deuxième quart de la course. Dans 60% de ses victoires, MvdP s‘est donc isolé avant la moitié de l’épreuve.

Comme à Anvers, le Néerlandais enchaîne un ou deux tours 10 secondes plus rapidement que la concurrence. Un rythme impossible à suivre et qui lui permet d’avoir une marge de sécurité pour gérer, sans prendre de risque excessif, après avoir porté cette estocade.

Malgré cette facilité presque insolente, le Néerlandais a toujours compris l’art de ne pas trop dominer. Dans 64 % de ses 144 victoires, il a terminé avec moins d’une demi-minute d’avance sur son premier poursuivant. Dans 37% de celles-ci, il a coupé la ligne avec une avance comprise entre 11 et 30 secondes, comme dimanche, à Sint-Anneke.

Le lauréat a d’ailleurs terminé son tour d’honneur 15 secondes plus lentement que Vanthourenhout et 6 secondes moins rapidement que Laurens Sweeck et Van Aert.

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Une autre statistique à retenir est que van der Poel a remporté son 18ème cross d’affilée dans les sables. Paradoxalement, dimanche, il n’était pourtant pas le meilleur dans la portion sur la plage. Selon les calculs du spécialiste des données, Arie Zijlstra, le Néerlandais a roulé 13 secondes moins rapidement que le roi des dunes, Laurens Sweeck et 10 secondes plus lentement que le duo van Aert-Vanthourenhout.

Evidemment, cela peut s’expliquer par le fait qu’en tant que leader de la course, il devait plus souvent tracer le sillon le premier. Mais cela montre surtout qu’il a dominé ses rivaux sur tous les autres terrains du parcours anversois.

van Aert en avance sur son calendrier

La deuxième place du champion de Belgique n’est au final pas une surprise, même s’il avait affirmé en préambule de la course actant son retour, qu’une place sur le podium serait difficile à obtenir. « Avec le top 10, je suis déjà heureux« , s’est contenté de dire van Aert à l’arrivée. Mais il reconnaîtra ensuite que sa forme actuelle est déjà bien meilleure que sur le calendrier qu’il avait établi.

Il a déjà été en mesure de laisser derrière lui des garçons comme Vanthourenhout, Sweeck, Eli Iserbyt et Lars Van der Haar, soit les quatre coureurs qui avaient dominés les courses jusqu’à son retour et ceux ,avant le sien, de Pidcock et van der Poel. Le quatuor avaitt alors toujours occupé toutes les places du podium lors des 10 premières épreuves de la saison.

La hiérarchie connue et établie semble déjà d’application. Pour la 11ème fois consécutive, Van der Poel et Van Aert ont terminé premier ou deuxième (ou vice versa) dans un cross qu’ils ont tous les deux terminé (l’on ne prend pas en compte l’abandon de MvdP l’année dernière à Heusden-Zolder).

Le nombre de cross consécutifs gagnés par l’un des deux cadors lorsqu’ils étaient présents en même temps sur la ligne de départ est de… 32. Le dernier à les avoir battu de concert est Toon Aerts, le 1er novembre 2018, au Koppenberg. A 21 reprises sur ces 32 courses, le Néerlandais et le Belge ont pris place sur les deux premières marches du podium. Mathieu van der Poel est celui qui est le plus souvent monté sur la plus haute, à 17 reprises.

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Une série qui aurait pu être encore plus longue si Van der Poel n’avait pas été gêné par son dos la saison dernière et si van Aert avait pu rouler à plein régime lors de la saison 2019-20, alors qu’il était encore en train de se remettre d’une grave blessure, après une lourde chute au Tour de France.

Pidcock, le troisième homme, mais loin derrière ?

Tom Pidcock sera-t-il réellement en mesure de se mêler à la lutte entre les deux plus grands rivaux de cette décennie et de la précédente ? Sera capable de les battre en même temps, ce qu’il n’a pas encore réussi à faire en 21 cross.

A Anvers, le champion du monde a dû se contenter d’une huitième place, en partie à cause d’un mauvais départ. Mais il n’a pas été en mesure de signer des chronos au tour qui étaient dignes des coureurs ayant lutté pour le podium.

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Le Britannique n’est pas non plus le plus à l’aise dans le sable. Sur le difficile parcours de Tomorrowland à Boom, ce samedi, il était bien plus à son avantage. Nous ne saurons jamais s’il aurait pu battre van der Poel, sans la chute de ce dernier. Il était en revanche bien au-dessus des Iserbyt et compagnie ce jour-là.

Il faudra patienter jusqu’au cross de Gavere, le 26 décembre, pour que l’homme de Leeds puisse peut-être faire tomber les icônes des labourés. Le parcours très vallonné pourrait favoriser ses desseins.

D’ici là, le Belge et le Néerlandais continueront d’afficher leur domination presque insultante pour la concurrence. Etre devenus des coureurs de route n’a pas semblé diminuer leur emprise sur la discipline. Sans doute car ils ont conservé l’amour qu’ils éprouvaient pour ces champs où tout a commencé.

Pour le plus grand bonheur des organisateurs, heureux de voir les spectacteurs affluer quand le duo Mathieu van der Poel et Wout van Aert annonce sa présence au départ.

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