Cyclocross: En attendant les retours de van der Poel et van Aert, un autre « Big Four » a dominé la saison

Lars van der Haar, Laurens Sweeck et Michael Vanthourenhout ont dominé la première partie de la saison dans les labourés avant le grand retour des stars que sont Mathieu van der Poel et Wout van Aert. (Photo by Luc Claessen/Getty Images)

Jamais quatre coureurs n’avaient autant dominé le début de la saison de cyclocross qu’Eli Iserbyt, Laurens Sweeck, Michael Vanthourenhout et Lars van der Haar. Une hiérarchie qui sera (sans doute) réorganisée dès le week-end prochain.

Dans une interview pour le numéro spécial d’automne de Sport/Cyclisme Magazine, Eli Iserbyt ne s’en était pas caché : oui, Wout van Aert et Mathieu van der Poel sont d’une autre catégorie. Et donc, comme les années précédentes, son ambition était claire : être le meilleur dans les courses où ils n’étaient pas présents.

C’est ce qu’a fait le Flandrien Occidental en remportant cinq des sept premiers cross de la saison, dont quatre qui sont des classiques de la discipline. Les deux autres courses sont revenues à son coéquipier de Pauwels Sauzen-Bingoal, Michael Vanthourenhout, qui a levé les bras à Kruibeke et à Beringen. Iserbyt y avait pris à chaque fois la place de premier dauphin, à la grande joie du patron de son équipe, Jurgen Mettepenningen.

Laurens Sweeck et/ou Lars van der Haar ont pour leur part terminé, à chaque fois, deuxième ou troisième lors de ces sept cross initiaux. Ces résultats s’expliquent en partie en raison de la blessure au dos d’Iserbyt. A partir de la manche de Coupe du monde à Maasmechelen, Sweeck s’est montré le plus costaud dans quatre des sept courses suivantes, à chaque fois en devançant Lars van der Haar, qui a pour sa part triomphé dans le très relevé cross du Koppenberg.

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Mais c’est Michael Vanthourenhout qui a raflé les deux épreuves les plus convoitées de ce début de saison dans les labourés : le titre européen à Namur, et une victoire dans la « Mère de toutes les croix « , dimanche dernier, lors de la manche de Coupe du monde d’Overijse.

Ce n’est pas le fruit du hasard, mais le champion d’Europe l’a emporté au terme d’un duel acharné avec le champion du monde Tom Pidcock. Le premier membre du Big Three à retrouver les labourés, avant que ce ne soit le tour de Mathieu van der Poel (Hulst, dimanche 27 novembre) et Wout van Aert (Anvers, le 4 décembre).

Cela constituera un tournant dans une saison de cyclo-cross dont la première partie a été complètement dominée par le quatuor Iserbyt/Sweeck/Van der Haar/Vanthourenhout. Dans les dix premières courses, trois d’entre eux sont à chaque fois montés sur le podium.

Une telle domination entre quatre coureurs n’avait plus été vue depuis l’introduction de la Coupe du monde lors de la saison 1993-94. Même à l’époque de Bart Wellens et de Sven Nys, ou dans un passé plus récent, lorsque Van der Poel et Van Aert disputaient une saison complète de cyclocross. A chaque fois, au moins trois coureurs différents se disputaient la dernière place du podium.

Pidcock se réchauffe à Overijse

Cette mainmise a été interrompue dimanche à Overijse par Tom Pidcock, qui s’est classé deuxième entre Vanthourenhout (premier), Van der Haar (troisième) et Sweeck (quatrième). La veille, la puce britannique avait « seulement » pris la septième place pour son cross de reprise, à Merksplas. C’était d’ailleurs le quatrième plus mauvais résultat au XXIe siècle pour un champion du monde de retour à la compétition.

Seuls Lars Boom (18e à Ruddervoorde en 2018), Bart Wellens (12e à Erpe-Mere en 2004) et Zdenek Stybar (8e à Renaix en 2014) ont obtenu un moins bon classement que le maillot arc-en-ciel actuel. « J’ai toujours besoin de temps pour m’échauffer », affirmait d’ailleurs Pidcock une fois sa première ligne d’arrivée coupée. Ses résultats des dernières années ont tendance à confirmer ses propos.

Alors qu’à Merksplas il a perdu du temps dans les virages et le sable, le Britannique a trouvé un parcours qui lui convenait mieux à Overijse. Des enchaînements de montées et des descentes glissantes qui sont taillées pour ses caractéristiques. Ce type de circuit lui rappelle ceux qu’il avait l’habitude d’affronter au cours de sa jeunesse en Grande-Bretagne, et aussi lors des deux dernières saisons de VTT.

Seul Michael Vanthourenhout a été en mesure d’aller encore plus vite que lui dans le Brabant Flamand, notamment en se montrant plus habile techniquement dans les descentes. Dans l’interview qu’il avait accordée à Sport/Cyclisme Magazine, Eli Iserbyt n’avait pas manqué de souligner l’agilité sur le vélo de son coéquipier. Selon lui, seul un Mathieu van der Poel est encore meilleur dans ce domaine. La façon dont le Brugeois a gardé le contrôle de sa machine tout au long de la course, à l’exception de deux petites erreurs, était phénoménale. Du même niveau que lors de sa prestation couronnée d’un titre européen, du côté de Namur.

Le récent champion d’Europe Michael Vanthourenhout a dominé le champion du monde Tom Pidcock lors de la manche de Coupe du monde d’Overijse. (Photo by Luc Claessen/Getty Images)

Pourtant, Pidcock aurait pu gagner s’il n’avait pas trébuché sur les pavés dans l’avant-dernier tour (bien que limiter les fautes soit évidemment le principe d’une telle course) mais surtout, s’il n’avait pas perdu 20 secondes au départ à cause d’un problème de chaîne. Un problème sur lequel il n’a pas forcément de prise. Mais la manière dont le coureur d’INEOS Grenadiers est revenu par la suite a impressionné tous les observateurs. En signant des chronos au tour de 9’02 » et 9’00 », il a ainsi effectué une « remontada » de la dernière à la première place.

Seul Vanthourenhout s’est approché des temps de passage au tour du Britannique en signant un 9’04 » au premier tour et un 9’03 » au troisième). Les autres coureurs n’ont pas été en mesure de descendre une seule fois en-dessous de 9’12 ».

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Lars van der Haar n’a trouvé son meilleur rythme que dans la deuxième partie du cross des raisins et est parvenu à compléter le podium d’une course pour la quatorzième fois d’affilée. Une série qui n’a été établie ces dernières années que par les inévitables Van der Poel et Van Aert. A cette nuance près que le champion d’Europe déchu à Namur n’a remporté « que » deux victoires, au Koppenberg et à Woerden (sans opposition majeure).

Laurens Sweeck a vu sa série de victoires s’arrêter à Overijse, en terminant que quatrième place sur un parcours trop vallonné pour lui. Cependant, avec quatre bouquets depuis le début de la saison, il a déjà presque égalé son total de toutes les années précédentes… Libéré mentalement depuis son changement de structure, le Campinois s’est aussi beaucoup mieux entraîné avant le lancement des hostilités.

Une domination à quatre réduite à trois dans deux semaines ?

La question est de savoir si Sweeck, même sur des parcours plus plats avec beaucoup de sable, sera capable d’enrichir son palmarès dans les semaines à venir. Et si le « Big Four » du début de la saison devra céder la place au « Big Three ».

Compte tenu du niveau déjà affiché par Pidcock pour son deuxième cross et de la domination attendue de Van Aert et Van der Poel, les chances semblent minces. Comme le disait Iserbyt dans notre magazine, « Van Aert et Van der Poel font partie des meilleurs coureurs du monde. Il est dès lors normal qu’ils gagnent les doigts dans le nez. Et nous n’avons certainement pas à nous sentir gênés d’être juste moins forts. »

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