Anna Van der Breggen, double championne du monde sur route et directrice sportive de Lotte Kopecky: « Si elle a franchi un cap, c’est parce qu’elle est mieux entourée »

Lotte Kopecky peut-elle rêver d'un titre mondial avec la Belgique aux championnats du monde ? (Photo by DIRK WAEM / BELGA MAG / Belga via AFP) (Photo by DIRK WAEM/BELGA MAG/AFP via Getty Images)

Depuis l’hiver dernier, la double championne du monde sur route et quadruple lauréate du Giro, Anna Van der Breggen est en charge de la direction sportive de l’équipe SD Worx. Elle aborde la progression de Lotte Kopecky cette saison.

Vous connaissiez bien Lotte Kopecky lorsqu’elle est arrivée dans l’équipe SD Worx l’hiver dernier ?

ANNA VAN DER BREGGEN: « Pas très bien, non. Mais je me souviens encore du moment où elle a attiré mon attention pour la première fois. C’était au Giro il y a deux ans, dans une étape avec une arrivée plate, précédée dans le final par une ascension difficile. Un certain nombre de coureuses ont essayé de fausser compagnie aux sprinteuses dans cette ascension. Ça a été terriblement dur. Je pensais que je grimpais bien, quand soudain quelqu’un m’a dépassée à une vitesse incroyable. Je me suis dit: « Wah, Lotte est capable d’autre chose que de sprinter, elle peut même très bien grimper, elle est bien meilleure que je ne le pensais ».

Kopecky a remporté les Strade Bianche, puis elle a ajouté le Tour des Flandres à son palmarès. Vous attendiez-vous à cela avant le début de la saison ?

VAN DER BREGGEN: « Pour être honnête, ça ne m’a pas surprise, car j’ai couru contre elle et je savais à quel point elle était forte. Dans le cas de Lotte, son évolution a été très progressive: petit à petit, elle s’est découverte et a déplacé ses objectifs et ses limites. Quand elle était encore chez Liv, elle avait déjà montré de très belles choses dans les grandes courses et elle faisait déjà la course aux avant-postes. Elle était déjà une cycliste de classe mondiale, mais elle avait encore besoin d’une grande victoire. Si elle a aujourd’hui franchi un cap, c’est aussi parce qu’elle est mieux entourée, par de meilleures coéquipières. Du coup, elle engrange des victoires. Et lorsqu’on gagne, on prend confiance. On se surprend soi-même, même si on a toujours cru qu’on en était capable. Cette victoire dans les Strade Bianche l’a beaucoup aidée pour les courses suivantes. Sa confiance en a été renforcée. »

Lotte Kopecky s’était offert son premier grand succès le 5 mars dernier sur les Strade Bianche. (Photo by Luc Claessen/Getty Images)

Au Tour de France, elle n’a pas pu confirmer le statut qu’elle a acquis ce printemps.

VAN DER BREGGEN: « Lotte n’avait pas les jambes qu’elle aurait espéré. Actuellement (début août, ndlr), il est difficile de dire pourquoi. On essaie de le découvrir. Avait-elle encore le Giro dans les jambes? Elle n’a pas ce sentiment. Le Tour d’Italie a été une bonne préparation. Elle a eu quelques problèmes de dos au Giro, mais après, ça allait mieux. Est-ce la pression? Je ne pense pas: Lotte sait garder la tête froide. Elle a également affiché une mentalité de battante. Par exemple lors de cette étape dans les graviers: combien de fois n’a-t-elle pas été lâchée, avant de revenir? Elle doit également s’en souvenir lors des prochaines courses. »

Comment l’aidez-vous à supporter cette pression ?

VAN DER BREGGEN: « En termes très simples, Lotte ne devrait pas trop se préoccuper de ce que pense son entourage et simplement s’en tenir à son programme. Et si ce n’est pas le moment d’accorder une interview, elle ne doit pas en accorder. Pour une personne comme Lotte, qui est très gentille et veut faire plaisir à tout le monde, c’est compliqué. C’est pourquoi on travaille davantage avec des conférences de presse aujourd’hui

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Lire cette interview complète d’Anna van der Breggen au sujet de Lotte Kopecky dans notre « Spécial Vuelta 2022 » de Sport/Cyclisme Magazine.