Tite veut mener le Brésil au titre mondial: « Nous avons aussi réalisé que les autres équipes ne tremblent pas devant notre maillot jaune »

Adenor Leonardo Bacchi, dit Tite, est le sélectionneur du Brésil. (Photo by Buda Mendes - FIFA/FIFA via Getty Images)
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Divers sélectionneurs ont été interrogés par nos confrères de WorldSoccer. La parole est donnée ce jeudi à Tite, qui veut aider le Brésil à remporter une sixième étoile après son échec de 2018 contre la Belgique. Morceaux choisis.

Par Tim Vickery

En quoi la préparation de cette coupe du monde est-elle différente de la précédente ?

TITE: Le premier cycle a été difficile (Tite a repris les rênes de l’équipe alors qu’elle avait disputé un tiers des qualifications pour le Mondial russe 2018, ndlr) parce qu’il n’a pas été complet, avec un début, un milieu et une fin. Je n’ai donc pas pu réaliser toutes les expérimentations nécessaires, avec leurs erreurs et leurs variations, contrairement à la campagne en cours.

Et le tournoi lui-même ? Que vous a apporté l’expérience de la Russie ?

Une série de facteurs, surtout émotionnels. Nous pouvons mieux nous concentrer maintenant, ayant subi différents types de pression. Nous avons aussi réalisé que les autres équipes ne tremblent pas devant notre maillot jaune – ni devant quiconque. Mes joueurs sont tous extraordinairement fiers de représenter leur pays et donnent le meilleur d’eux-mêmes, quelle que soit leur adversaire.

Depuis, vous avez gagné une Copa América, mais vous en avez perdu une autre. Est-ce un problème ?

Notre construction offensive s’est beaucoup améliorée depuis la Copa America de l’an dernier. Nous varions beaucoup plus nos attaques. Nous nous appuyons sur notre jeu de position mais avec beaucoup de liberté.

Dans quelle mesure tenez-vous compte de l’adversaire dans la composition de votre équipe ?

Je n’aime pas adapter mon onze à l’adversaire. Il vaut mieux s’appuyer sur une routine. L’habitude permet aux joueurs d’être plus créatifs dans le dernier tiers du terrain. Evidemment, chaque adversaire a ses caractéristiques et j’y prépare mes footballeurs mais sans jamais me départir de mon style de jeu.

Et comment définissez-vous ce concept ?

Nous ne misons pas sur le contre. Nous ne sommes pas attentistes ni opportunistes. Nous voulons presser l’adversaire très haut, l’empêcher de sortir, tout en restant bien regroupés derrière le ballon. Nous évoluons en 4-4-2 et je considère que nous alignons quatre milieux de terrain car à mes yeux, Neymar est un médian. Il est à la fois l’arc et la flèche. Nous attaquons en 2-3-5 ou d’autres variantes, en construisant depuis l’arrière, avec des gardiens qui savent jouer des pieds.  Ces derniers mois, l’équipe s’est adaptée et peut jouer avec deux ailiers agressifs et rapides. Nous pouvons donc être plus directs, jouer avec moins de passes tout en conservant la même philosophie. Je crois en une solidité défensive assortie de créativité et de buts. Nous voulons le ballon – dans les matchs à enjeu, notre taux de réussite est de 60%.  

Dans quel état d’esprit partez-vous au Qatar ?

Je veux être en paix avec moi-même. Je ne veux pas faire fi de mes principes et gagner à tout prix. Je ne dis pas ça pour trouver des excuses en cas de défaite. J’ai tout gagné dans ma carrière, la seule chose qui me manque, c’est la coupe du monde. Nous voulons donc gagner en étant les meilleurs, équitablement, avec la fierté d’être techniquement plus développés, plus rapides, avec plus de qualité, plus de créativité, plus de buts. Pas grâce à un sale football, en provoquant l’adversaire. C’est la voie que je choisis.