Présentation des équipes de la Coupe du monde: un groupe B promis à l’Angleterre, un duel explosif entre l’Iran et les Etats-Unis

L'Angleterre attend toujours un titre international depuis son sacre mondial à domicile en 1966. (Photo by Daniel Chesterton/Offside/Offside via Getty Images)
Steve Van Herpe
Steve Van Herpe Steve Van Herpe est rédacteur de Sport/Voetbalmagazine.

Chaque jour, nous vous présenterons en résumé les différents groupes de la Coupe du monde de football. Entraîneur, vedette, ambition et statistique à retenir, chaque équipe est passée au crible. Aujourd’hui, cap sur le groupe B avec l’Angleterre, l’Iran, les Etats-Unis et le pays de Galles. La géopolitique et l’histoire seront forcément en toile de fond des duels au programme.

L’Angleterre


L’entraîneur: Gareth Southgate

Avec une quatrième place à la Coupe du monde en Russie et une deuxième place au Championnat d’Europe, Gareth Southgate a obtenu de bons résultats à la tête des Three Lions, malgré une qualité de jeu qui laisse parfois à désirer. Après une mauvaise campagne en Ligue des Nations, il a cependant été remis en question, même si Debbie Hewitt, directrice de la Fédération anglaise de football, maintient sa confiance au sélectionneur anglais : « Gareth a montré sur et en dehors du terrain qu’il est l’entraîneur le plus performant que nous ayons nommé au cours des 55 dernières années. Grâce à ses résultats, les joueurs sont à nouveau fiers lorsqu’ils portent le maillot de l’Angleterre ».

La vedette: Harry Kane

« Nous avons déjà joué une demi-finale et une finale. Maintenant, nous sommes à nouveau parmi les favoris pour la victoire finale ». Le capitaine Harry Kane sera le fer des lance des Three Lions au Qatar. L’attaquant de Tottenham occupe déjà la deuxième place du classement des meilleurs buteurs de l’histoire de l’Angleterre, avec 50 buts en 71 matches. S’il parvient à en marquer trois de plus, il dépassera Wayne Rooney. Lors de la Coupe du monde, l’équipe de Gareth Southgate comptera donc sur son capitaine pour fournir des buts. Mais il ne faudra pas espérer non plus une pluie de pénalties pour y parvenir.

Harry Kane partage un point commun avec l’Angleterre et Tottenham: l’incapacité à remporter des titres. (Photo by Catherine Ivill/Getty Images)

L’ambition: un titre international qui lui échappe depuis 1966

Depuis plusieurs années, l’Angleterre a retrouvé de sa superbe dans le concert du football international. Les Anglais figurent donc parmi les favoris au sacre final. Passer la phase de groupe ne devrait pas être un problème, mais après cela, les choses risquent de devenir un peu plus délicates. Dans la phase à élimination directe, les Three Lions se trouvent dans la moitié de tableau de l’Argentine, de la France et des Pays-Bas. Pour faire aussi bien que la génération 1966, il faudra se dépasser.

Le chiffre : 0

Lors de l’Euro 2021, l’Angleterre n’a perdu aucune rencontre. Elle a récolté sept points en phase de groupe avec des victoires contre la Croatie et la République tchèque avant de partager contre l’Écosse. Elle a également gagné contre l’Allemagne, l’Ukraine et le Danemark lors des tours suivants. La finale, contre l’Italie, s’est terminée par un match nul. Les tirs au but ont décidé du vainqueur du tournoi et ont sanctionné certains choix douteux du sélectionneur.

L’Iran

L’entraîneur: Dragan Skocic

L’Iran se rendra au Qatar sous la direction du Croate Dragan Skocic. Un homme à la carrière footballistique plutôt insignifiante qui a déménagé à Las Palmas et à Compostelle pour jouer au football au milieu des années 1990. En pleine guerre de Yougoslavie, il est ainsi devenu le premier footballeur croate à quitter le championnat local. En tant qu’entraîneur, il ne dispose pas non plus de références qui impressionnent beaucoup de monde. Skocic s’est assis sur les bancs de neuf clubs au cours de sa carrière longue de 15 ans avant de s’installer en Iran. Il a connu quelques succès modestes dans les championnats slovène, croate et iranien, mais n’a jamais tenu plus de deux saisons à la tête d’une équipe. A la tête de l’Iran, il a réalisé du bon travail jusqu’à présent en se qualifiant sans effort pour la Coupe du monde avec un bilan de 25 sur 30.

La vedette: Mehdi Taremi

La star de cet Iran est sans aucun doute Mehdi Taremi, l’attaquant du FC Porto. Ce dernier a joué au Qatar jusqu’à l’âge de 25 ans avant de rejoindre le club portugais de Rio Ave. Son transfert est un succès inattendu et un an plus tard, Porto l’acquiert pour 10 millions d’euros. Un investissement que les Dragons ne regrettent pas puisque Taremi est déjà une garantie d’au moins 20 buts chaque saison. Sous le maillot de l’Iran, Taremi se montre également efficace, avec 27 buts et 13 passes décisives en 60 apparitions internationales. Autant dire qu’il porte tous les espoirs d’une nation.

Mehdi Taremi, le buteur de Porto peut-il porter l’Iran vers un exploit ? (Photo by Robbie Jay Barratt – AMA/Getty Images)

L’ambition: éviter la dernière place du groupe

L’Iran n’a jamais dépassé la phase de groupe lors d’une Coupe du monde et n’a même remporté que deux rencontres. Cette fois encore, il y a de fortes chances que l’aventure au Qatar se termine après seulement trois duels. Le groupe n’est pas forcément le plus relevé, l’Angleterre étant le seul grand favori. Mais les États-Unis et le Pays de Galles constitueront à coup sûr de solides écueils pour une équipe qui dispose de peu d’options, surtout en défense.

Le chiffre: 61

61 mètres, c’est la distance à laquelle le gardien iranien Alireza Beiranvand (ancien joueur de l’Antwerp qui y fut plutôt décevant) peut lancer le ballon. Il se trouve d’aulleurs dans le livre Guinness des records. Ce talent unique peut-il aider l’Iran à contre-attaquer rapidement. Avec un Taremi devant, il y aura déjà un attaquant capable d’exploiter efficacement ce type de ballons.

Les Etats-Unis

L’entraîneur: Gregg Berhalter

Gregg Berhalter est l’un des sélectionneurs les plus performants de l’histoire du football américain. Il est en poste depuis 2018 et a remporté 36 de ses 54 matches sur le banc des Etats-Unis. Un joli bilan, surtout si l’on considère que l’homme n’avait pas entraîné d’équipes importantes avant sa nomination. Il a également guidé les Etats-Unis vers une victoire à la Gold Cup de la CONCACAF en 2021. En finale, ils avaient pris le dessus sur le Mexique sur le score de 1-0.

La vedette: Christian Pulisic

Christian Pulisic évolue à Chelsea et n’a encore que 23 ans. Il est déjà le capitaine de cette équipe et certainement le joueur le plus connu, devant des Weston Mckennie de la Juventus, Sergiño Dest du FC Barcelone et Timothy Weah de Lille. Très jeune, Pulisic s’était distingué à Dortmund, ce qui lui a valu d’être transféré à Chelsea. L’ailier droit peut briller sur une action individuelle tout comme il est capable de conclure de belles combinaisons ou de les initier. Il n’est pas lent et marque régulièrement des buts sous les couleurs de la bannière étoilée. Il sera certainement la menace principale des Américains.

Christian Pulisic doit porter la sélection américaine. (Photo by John Dorton/ISI Photos/Getty Images)

L’ambition: les 1/8e de finale

Les hommes de Gregg Berhalter peuvent ambitionner de passer la phase de groupe. Ne serait-ce que, parce qu’ils ont de plus grands noms dans leur équipe que le Pays de Galles et l’Iran. La dernière fois que les États-Unis y étaient parvenus remonte à 2014. Les Américains avaient émergé d’un groupe compliqué puisqu’on y trouvait l’Allemagne, future lauréate de l’édition brésilienne du Mondial, le Portugal et le Ghana. Une performance qui ne semble pas impossible au vu de ses adversaires actuels.

Le chiffre: 16

C’est le nombre de tentatives de but que le gardien Tim Howard avait stoppé ou détourné lors du match mémorable contre les Diables Rouges en 2014 (La Belgique l’avait emporté 2-1 après prolongations). Dans ce huitième de finale, il a maintenu son pays à flot en multipliant les miracles devant les attaquants belges. Un mème « les choses que Tim Howard pourrait sauver » est même sorti sur internet après cette folle performance.

Le pays de Galles

L’entraîneur: Rob Page

Rob Page, l’actuel entraîneur national du Pays de Galles, a succédé à la légende de Manchester United, Ryan Giggs, en 2020. Cela ne devait être qu’un interim qui s’est finalement prolongé. Lui-même international à 41 reprises, Page a notamment défendu les couleurs de Cardiff et de Sheffield United. Sous sa direction, le Pays de Galles s’est qualifié pour la Coupe du monde après avoir battu l’Ukraine 1-0, lors des des barrages. La Coupe du monde sera le deuxième tournoi internaitonal de Page, qui avait mené les Dragons gallois en 1/8e de finale du dernier Euro.

La vedette: Gareth Bale

La star de la sélection galloise est et reste Gareth Bale. L’homme qui détenait autrefois le record des transferts à son nom joue depuis cet été au Los Angeles FC. Ses dernières années au Real Madrid se sont déroulées dans l’ombre alors qu’il avait mené les Merengue sur le toit de l’Europe en 2018 grâce à un retourné exceptionnel. Pourtant, il a déjà été démontré que Bale peut toujours permettre à sa nation de gagner des matches. Mais le pays de Galles s’est cependant adapté au déclin de sa vedette et d’autres joueurs commencent à sortir de l’ombre, même si Bale reste le facteur x de son pays.

Champion de MLS avec Los Angeles, la légende galloise espère briller encore une fois sur la scène internationale avec le pays de Galles. (Photo by Visionhaus/Getty Images)

L’ambition: les 1/8e de finale

L’Angleterre a toutes les chances de remporter la victoire de ce groupe B. Le pays de Galles devrait, sauf surprise, se battre donc pour la deuxième place. Dans cette bataille, les États-Unis apparaissent comme le plus grand rival. Qui sait, peut-être que la bête noire de nos Diables Rouges pourra encore surprendre le monde comme elle l’avait fait en 2016 lors de l’Euro en France.

Le chiffre: 23

C’est le numéro de maillot de Rabbi Matondo au Pays de Galles. Ce dernier s’est fait remarquer au Cercle Bruges l’année dernière et y est devenu la révélation de la saison dernière. Avec sa vitesse, l’actuel joueur des Glasgow Rangers a fait trembler plus d’un défenseur. Le coach Rob Page lui donnera-t-il un rôle plus important dans son équipe ?

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