Présentation des équipes de la Coupe du monde: dans le groupe A, les Pays-Bas et le Sénégal ne feront aucun cadeau au pays hôte

Le Qatar pourra-t-il passer le premier tour dans la Coupe du monde qu'il organise ? (Photo by Mohammad Karamali/DeFodi Images via Getty Images)

Chaque jour, nous vous présenterons en résumé les différents groupes de la Coupe du monde de football. Entraîneur, vedette, ambition et statistique à retenir, chaque équipe est passée au crible. A tout se(a)igneur tout honneur avec le groupe A du pays hôte, le Qatar. Pourra-t-il rivaliser avec les Pays-Bas et le champion d’Afrique, le Sénégal ? Quel rôle pourra jouer l’Equateur dans le jeu de quilles.

Le Qatar

L’entraîneur: Félix Sanchez

Au Qatar, c’est Félix Sánchez qui est assis sur le petit banc. Un entraîneur inconnu qui a passé la grande majorité de sa carrière au Qatar. L’Espagnol y a entraîné plusieurs sélections nationales de jeunes et en est devenu l’entraîneur principal en 2017. Avec Sánchez aux commandes, l’équipe nationale qatarie est entrée dans l’histoire. En 2019, elle a remporté la Coupe d’Asie, un tournoi quadriennal organisé depuis 1956. Le Qatar n’a encaissé qu’un seul but pendant le tournoi. En finale, il a battu le Japon 3-1, un exploit remarquable car les Samouraïs bleus sont en principe bien plus forts.

La vedette: Akram Afif

Le nom d’Akram Afif pourrait bien vous rappeler quelque chose si vous avez suivi les prestations d’Eupen ces dernières années. Il a joué une quarantaine de matches au Kehrweg : une saison en deuxième division et plus tard quand le club des Cantons de l’Est a fait son retour parmi l’élite. Après un détour à Villarreal, où il n’a pas souvent reçu sa chance, il est retourné dans son pays natal. Depuis lors, l’ailier gauche de 25 ans y enchaîne les buts et les passes décisives. Il est assurément l’un des meilleurs joueurs du controversé pays organisateur.

L’ancien eupenois Akram Afif est depuis lors rentré au Qatar où il empile les buts et les passes décisives. (Photo by Robbie Jay Barratt – AMA/Getty Images)

L’ambition: accéder au tour suivant, une ambition démesurée

Le Qatar est le petit poucet du groupe. Il est qualifié d’office parce qu’il accueille la plus grande compétition footballistique du monde. Comme on vous l’expliquait un peu plus haut, la nation hôte a montré par le passé qu’elle pouvait parfois déjouer les pronostics. Pourtant, il semble improbable de voir les Qatariotes disputer plus de trois rencontres sur leurs terres. Même si les dirigeants de l’état pétrolier rêvent sûrement d’un 1/8e de finale.

Le chiffre: 10 milliards

C’est le coût total de la construction des huit stades de la Coupe du monde. Sept nouvelles arènes sont sorties de terre et une a été entièrement rénovée. Les travailleurs détachés qui sont morts dans le processus sont une tache indélébile qui souille cette Coupe du Monde.

L’Equateur

L’entraîneur: Gustavo Alfaro

L’Argentin Gustavo Alfaro, 60 ans, dirigera l’Équateur à la Coupe du monde. Le successeur de Jordi Cruijff (le fils de Johan) a pris ses fonctions en 2020 et s’est depuis lors tenu devant le banc de touche des Équatoriens à 29 reprises. Il a conduit La Banana Mecánica à la quatrième place de la zone sud-américaine et a ainsi réussi à décrocher directement son billet pour le Qatar. Il a ainsi devancé des nations comme le Chili, le Pérou et la Colombie. Avant d’endosser le costume de sélectionneur d’El Tri, Alfaro était en charge de Boca Juniors, l’un des géants du football argentin.

La vedette: Enner Valencia

La star de l’Équateur évolue à Fenerbahçe où il prend de la lumière à Michy Batshuayi. Enner Valencia a effectué ses débuts en Premier League à West Ham, voici huit ans. Cependant, il n’a jamais su s’y imposer. Il n’a marqué que 11 fois en 71 apparitions. Ainsi, après un passage à Everton et des pérégrinations au Mexique, il s’est désormais installé en Turquie, où il est de retour en pleine forme. Il est aussi le meilleur buteur de l’Equateur avec 35 buts à son actif.

L’Enner ne fait pas toujours la chanson (Photo by Eric Verhoeven/Soccrates/Getty Images)

L’ambition: ne pas terminer dernier du groupe et espérer une surprise

En résumé, c’est la troisième équipe sur le papier de ce groupe qu’elle partage avec le Qatar, les Pays-Bas et le Sénégal. Pourtant, lors des éliminatoires de la zone sudaméricaine, l’Équateur a réussi quelques coups d’éclat. Il l’a emporté 4-2 contre l’Uruguay et 6-1 contre la Colombie. Ce serait donc une erreur de sous-estimer une nation méconnue mais qui est capable de se montrer dangereuse.

Le chiffre: 2

C’est nombre de joueurs de la sélection qui sont passés récemment sur les terrains belges. Angelo Preciado est toujours l’arrière droit de Genk dans l’ombre de Daniel Munoz, et Moises Caicedo, fait son trou à Brighton après avoir tenté d’écoper l’eau pendant six mois dans un navire du Beerschot en perdition.

Le Sénégal

L’entraîneur: Aliou Cissé

Aliou Cissé est l’un des meilleurs entraîneurs africains de la nouvelle génération, selon le New York Times. Cet éloge est justifié. Après tout, au début de cette année, le Sénégal a réussi à remporter la Coupe d’Afrique sous sa direction. Cissé est un entraîneur moderne qui combine son sens tactique avec le flair qu’il faut pour sélectionner ses joueurs. L’entraîneur sénégalais aime être présent le long de la ligne de touche. Ce n’est pas un homme de bureau.

La vedette: Sadio Mané

Il ne faut pas chercher bien loin la star absolue des Lions de la Teranga. Sadio Mané a réalisé un beau transfert au Bayern Munich cet été et veut briller au Qatar avec son pays. Il a été le premier grand nom que Jürgen Klopp a attiré à Liverpool en 2017. L’ailier garantit des dribbles rapides et sait aussi trouver souvent le chemin des filets. Mais sorti blessé contre le Werder Brême juste avant le coup d’envoi du Mondial, sa participation reste entourée d’un point d’interrogation. C’est désormais tout un peuple qui retient son souffle.

Sadio Mané a porté son pays vers un titre continental en Afrique et voudrait briller sur la scène mondiale comme ses aînés de la génération 2002. (Photo by CHARLY TRIBALLEAU / AFP) (Photo by CHARLY TRIBALLEAU/AFP via Getty Images)

L’ambition:

En phase de groupe, le Sénégal devrait logiquement rivaliser avec les Pays-Bas pour la première place. S’il veut aller loin dans la compétition, il ferait bien de terminer en tête. Le fait que les Lions de la Teranga ont déjà remporté un tournoi cette année pourrait aussi jouer mentalement à leur avantage. Le coach Cissé se servira certainement de cela pour motiver ses ouailles.

Le chiffre: 3

Ce n’est que la troisième fois que le Sénégal participe à la Coupe du monde. C’était en Russie, en 2018, et lors de l’édition organisée par le Japon et la Corée du Sud en 2002. C’était d’ailleurs en Asie qu’ils ont décroché leur meilleur résultat avec un quart de finale. Les Turcs avaient finalement mis fin au rêve d’un pays qui s’était offert le scalp d’une France championne en titre lors de la rencontre d’ouverture du tournoi.

Les Pays-Bas

L’entraîneur: Louis van Gaal

Qui d’autre que Louis van Gaal pourrait aider les Pays-Bas à s’offrir un nouveau succès dans un tournoi international ? Après une longue période de mauvais résultats marquée par l’absence à la Coupe du monde en Russie, le natif d’Amsterdam doit restaurer l’honneur des Pays-Bas sur la scène internationale. Les Oranje ont repris confiance en leurs moyens grâce au Pélican et l’ont montré, notamment, contre nos Diables rouges lors de la dernière Ligue des Nations. Ils veulent poursuivre sur cette lancée en signant une bonne performance au Qatar. Quant à savoir si cela réussira, pour le dire à la manière de Louis Van Gaal, c’est une autre paire de manches.

La vedette: Virgil van Dijk

Les Pays-Bas n’ont plus l’opulence d’antan, mais ils conservent une équipe de qualité. Dans un pays où les grands noms ont souvent été des attaquants, le pion le plus important à l’heure actuelle est un défenseur central: Virgil van Dijk. Le redoutable défenseur de Liverpool, maître dans les duels, est le patron incontesté de l’arrière garde néerlandaise. À Liverpool, Van Dijk est devenu l’un des meilleurs défenseurs de Premier League et a également soulevé le trophée de la Ligue des champions. La seule chose qui pourrait l’empêcher de réaliser une bonne Coupe du monde est sa fragilité physique.

Dans un pays où les meilleurs joueurs de l’histoire sont des attaquants, le défenseur Virgil van Dijk s’impose comme l’atout numéro 1 des Oranje. (Photo by Peter Lous/Orange Pictures/BSR Agency/Getty Images)

L’ambition: Aller le plus loin possible grâce aux tirs au but

Les Néerlandais sont très confiants par nature et certainement lorsqu’il s’agit de leurs Oranje. Dans une poule avec l’Équateur, le Qatar et le Sénégal, beaucoup de choses sont cependant possibles. De plus, Van Gaal a déjà prouvé qu’il pouvait mener la sélection très loin dans le tournoi mondial. En 2014, les Néerlandais avaient terminé troisièmes et le Pélican en a gardé une certaine obsession pour les séances de tirs au but. Et il semble avoir envie que l’histoire se répète.

Le chiffre: 42

Avec ses 42 buts sous le maillot Oranje, Memphis Depay, 28 ans, n’est qu’à huit réalisations du record du meilleur artificier de tous les temps: Robin van Persie. Peut-il grignoter une partie de son retard au Qatar ?