Fernando Santos (Portugal): « Ronaldo n’a plus 20 ans mais il peut encore apporter beaucoup à cette équipe »

Fernando Santos débute son quatrième tournoi majeur à la tête du Portugal. (Photo by Mohamed Farag/Getty Images)
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Divers sélectionneurs ont été interrogés par nos confrères de WorldSoccer. Ce jeudi, c’est le contesté Fernando Santos, sélectionneur vainqueur de l’Euro 2016 à la tête du Portugal, qui répond à leurs questions. Morceaux choisis.

Par Samindra Kunti

Comment faites-vous pour exploiter le talent du Portugal ?

FERNANDO SANTOS: Le talent à lui seul ne suffit pas, même s’il est précieux. Il faut le placer au service de l’équipe et imposer notre jeu, en ne laissant pas l’adversaire nous submerger. Toutes les grandes équipes combinent le talent avec l’organisation et l’engagement. C’est ce que nous essayons de faire.

Pouvez-vous encore vous permettre de construire l’équipe autour de Cristiano Ronaldo ?

Ronaldo est important pour notre équipe. Tout le monde sait – lui aussi – qu’il n’a plus 20 ans, mais il peut encore apporter beaucoup à cette équipe.

Bruno Fernandes et Bernardo Silva sont-ils compatibles dans le même onze de base ?

Je les ai alignés de concert à plusieurs reprises. C’est la dynamique de l’équipe qui fait la différence. Ces deux joueurs peuvent évoluer au sein de différents systèmes et modèles car, en plus d’avoir un énorme talent, ils possèdent un grand sens tactique.

Que pensez-vous du groupe H ?

C’est un groupe difficile, avec des adversaires forts. L’Uruguay nous a éliminés de la coupe du monde 2018. Il a beaucoup de talent et joue intensément. La Corée du Sud est l’un des poids lourds du football asiatique et a un très bon entraîneur portugais, Paulo Bento, qui connaît parfaitement notre équipe. Le premier match contre le Ghana est très important. Un bon début de tournoi est toujours crucial.

Quel devrait être l’objectif du Portugal ?

Malgré les difficultés que nos adversaires vont nous poser, il est clair que nous allons à cette Coupe du monde avec l’ambition de la gagner.

La domination de l’Europe peut-elle être mise à mal par une nation en particulier ?

Oui. Les Sud-américains, par exemple, sont très forts. Le Brésil et l’Argentine figurent parmi les favoris, sans exclure une équipe surprise d’un autre continent.

Cette coupe du monde d’hiver se déroule avec une préparation très courte mais des footballeurs en pleine forme. Comment gérez-vous cette situation particulière ?

Toutes les équipes sont confrontées aux mêmes conditions, mais c’est un facteur nouveau et nous devons le gérer – de la convocation à la courte préparation, en passant par notre programme d’entraînement et la forme des joueurs. Nous devons tenir compte de ces éléments dans la préparation de cette Coupe du monde, mais je suis très optimiste quant à nos performances.

Vous êtes à la tête du Portugal depuis 2014. Cette longévité à la tête de l’équipe vous donne-t-elle un avantage ?

Il y a une forme de stabilité, mais je fais en sorte que nous ne stagnions jamais. Nous jouons très différemment de l’époque où nous avons remporté l’EURO 2016. En fait, nous avons joué différemment en Ligue des Nations et nous avons encore gagné. Chaque tournoi a son histoire. Nous nous sommes adaptés, en nous concentrant sur les jeunes joueurs mais en conservant les autres. Nous cherchons sans arrêt à nous améliorer et à évoluer collectivement. Chaque match, chaque tournoi est un défi différent. Une seule chose ne change pas : l’objectif de gagner.