Jacques Sys

Lionel Messi est le meilleur de tous les temps !

Jacques Sys Jacques Sys, rédacteur en chef de Sport/Foot Magazine.

Il faudrait un miracle pour que Lionel Messi ne soit pas sacré meilleur joueur de l’année écoulée et ne puisse ajouter un nouveau Ballon d’Or à son palmarès, ce lundi soir à Zurich.

Par Jacques Sys
Ce lundi soir, au Kongresshaus de Zurich, Sepp Blatter connaîtra un nouveau moment de gloire : pendant l’attribution du trophée du Joueur FIFA de l’Année, un événement qui s’éternise beaucoup trop, le président de la Fédération mondiale monte cinq fois sur le podium, pour rendre hommage aux lauréats et s’adresser au monde du football.

Lionel Messi aussi devrait connaître un grand moment de gloire. Même s’il est difficile de comparer les générations, l’attaquant argentin de 25 ans de Barcelone s’érige en meilleur footballeur de tous les temps. S’il est souvent moins dominant, voire moins brillant que Pelé, Johan Cruyff ou Diego Maradona, c’est surtout parce qu’il est modeste : Messi ne donne pas d’ordres sur le terrain, il n’irrite ni ne provoque et il se dispute rarement avec les arbitres. Il ne se comporte pas davantage en relais de l’entraîneur et il est en fait d’une simplicité… décevante, même en-dehors du terrain. L’Argentin ne conduit pas de coûteux bolide, il ne se livre pas à de folles escapades, il ne se fait pas non plus remarquer en compagnie de beautés dans la vie nocturne.

Footballistiquement, Messi n’a pas son pareil. Il est nettement plus polyvalent que les autres grands du football. Lionel Messi est le symbole d’un collectif parfait, celui de Barcelone. L’aisance avec laquelle il signe ses performances et aligne les records ne cesse de surprendre, comme l’année dernière, quand il a inscrit 91 buts au total.

Lionel Messi n’est jamais blessé, il ne connaît jamais de passage à vide, il est le roi de la régularité. Il déchire les défenses avec élégance, il fonce comme un ouragan en évitant les tacles sauvages de ses adversaires, il marque de tous les angles possibles et imaginables, il fait le désespoir des gardiens par ses lobs magistraux et ses subtils tirs en arc, il régit, temporise, il est à la fois numéro neuf et numéro dix. Au terme d’un match, on ne le voit jamais se traîner, épuisé, jusqu’au vestiaire.

Naturellement, Messi a la chance de se produire pour la meilleure équipe du monde, pour un onze de vedettes qui ne se comportent pas en solistes. Elles connaissent par coeur la mélodie de Barcelone et le maniement de leur instrument. Messi respecte également ce qui a été convenu. Cela sied à sa modestie.

Fait étrange, Messi ne se fait jamais remarquer en-dehors du terrain et certainement pas dans les interviewes, durant lesquelles il accumule les clichés. Généralement, il se contente d’observer ce qui se passe. Il sombre rarement dans l’exubérance après un but, pas plus qu’il ne montre d’émotion quand il reçoit une distinction. Lundi soir à Zurich, ce sera la même chose : Messi, flanqué d’un Blatter brillant, associera ses coéquipiers à son succès. Ensuite, il s’empressera de descendre du podium et de disparaître. C’est Lionel Messi dans sa splendeur : un footballeur d’élite sans le statut de dieu.

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