En octobre 2012, Dieumerci Mbokani est revenu avec une fracture du nez du match perdu 2-1 par le Congo contre la Guinée équatoriale. De retour en Belgique, il s’est rendu à l’hôpital pour obtenir un masque de protection et a raté un entraînement, au moment où une équipe de l’UEFA venait effectuer des contrôles à Neerpede.

Les clubs qui participent à la Ligue des Champions et à l’Europa League peuvent s’attendre à plusieurs contrôles antidopage inopinés en cours de saison. Un tirage au sort détermine les dix joueurs qui doivent procurer un échantillon d’urine. En prévision de ces contrôles, tous les clubs doivent transmettre à l’UEFA les programmes d’entraînements et les lieux de séjour des joueurs – les fameux whereabouts. Il convient de signaler tout changement le plus vite possible. Dans le cas de Mbokani, le team manager avait négligé de le faire.

Début décembre, l’attaquant, ne se doutant de rien, a encore été victime de la négligence de son club. De retour de Malaga, où Anderlecht avait réalisé un nul 2-2 lors de son dernier match de Ligue des Champions, l’équipe devait effectuer un décrassage. Mbokani a demandé une dispense à John van den Brom, afin de rejoindre au plus vite son fils, malade.

L’entraîneur a accepté et en a infirmé le kinésithérapeute du club. À peine Mbokani avait-il quitté le complexe d’entraînement que les contrôleurs de l’UEFA, emmenés par le Belge Hans Cooman, arrivaient sur le parking. Le kinésithérapeute a essayé de persuader Cooman que Mbokani se trouvait quelque part dans le bâtiment mais l’homme a percé le mensonge.

Si Mbokani était un coureur cycliste, il ne pourrait plus rater le troisième contrôle, sous peine d’être suspendu deux ans. Heureusement pour lui, les footballeurs bénéficient d’un traitement de faveur : ils peuvent se permettre de rater six rendez-vous avant d’être bannis des terrains.

Le règlement antidopage de l’UEFA stipule qu’un joueur peut commettre trois infractions de ce type en l’espace de cinq ans sans risquer de suspension. Les trois premières infractions débouchent sur une sanction administrative. Le code de l’AMA, l’agence mondiale antidopage, ne prend effet que s’il rate encore trois whereabouts dans les 18 mois qui suivent. A ce moment, le joueur risque une sanction disciplinaire.

Mbokani est loin du compte. La seule conséquence de ses deux infrac-tions est qu’il est contrôlé plus scrupuleusement par l’UEFA, de même que toute la sélection. On ne tire plus au sort : il est une cible et il le restera s’il est transféré dans un autre club. L’UEFA s’est prononcée en première instance au sujet d’Anderlecht également. Elle inflige une amende de 20.000 euros au club pour sa négligence et le kinésithérapeute doit verser 5.000 euros pour avoir délibérément induit en erreur les contrôleurs.

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