"Weiler, par rapport à moi, il n'avait pas de couilles!"

14/02/17 à 16:00 - Mise à jour à 16:46

Source: Sportmagazine

Par la magie du mercato, le remplaçant d'Anderlecht est devenu la star de Charleroi. Mis en valeur par son nouveau Sporting, Hamdi Harbaoui est dans son élément. Le Tunisien raconte ses six mois perdus entre Udine et Neerpede.

"Weiler, par rapport à moi, il n'avait pas de couilles!"

"Je suis resté professionnel jusqu'au dernier jour, ça tout Anderlecht peut vous le dire". © BELGAIMAGE

Tu es encore frustré par ton début de saison ?

HARBAOUI : Non, parce que j'ai toujours assumé mes choix. À l'Udinese, après deux mois, j'ai vu que l'entraîneur ne comptait pas sur moi. Si j'avais eu 20 ou 25 ans, j'aurais encore attendu, parce que j'ai parlé avec des joueurs qui étaient là avant moi et qui m'ont expliqué qu'en Italie, il fallait beaucoup de patience. Parce que les joueurs qui arrivent d'autres championnats sont toujours négligés, jusqu'à ce qu'ils prouvent qu'ils ont leur place. Ça, c'est le Calcio. Mais moi, j'avais 31 ans, ce n'était pas possible pour moi de patienter, ça allait être la fin de ma carrière.

Et donc, tu choisis d'aller à Anderlecht.

HARBAOUI : Là, ça ne s'est pas passé comme je l'aurais souhaité. Mais ce n'est pas grave, ça arrive dans le foot. Ce n'étaient que six mois de perdus, ce n'est pas trop. Là, j'essaie de rattraper ce temps perdu, de continuer à jouer et à marquer, parce que c'est ça qui me fait durer dans le football. Moi, je ne me satisfais jamais d'avoir un contrat et de rester sur le banc, ou dans les tribunes.

Tu as l'impression que Charleroi t'a redonné les cartes en mains ?

HARBAOUI : Mais oui ! Ici, on m'a fait confiance directement. On connaît mes qualités, ma valeur, et ce que je peux apporter à l'équipe. Ailleurs, les clubs ont fait des choix... Des choix que je respecte, mais je pense aussi à ma carrière.

Le traitement qu'on t'a réservé à Anderlecht, ça t'a touché ?

HARBAOUI : Quand je suis sorti à la mi-temps contre Westerlo, j'avais compris. Cette semaine-là, j'avais marqué deux buts : je rentre vingt minutes contre Genk et je marque, puis je joue en Coupe contre Louvain et je suis le seul à marquer. Après, il y avait une pression des médias sur l'entraîneur pour qu'il joue avec Harbaoui et Teodorczyk. On commence contre Westerlo à deux devant, on ne marque pas, et il me fait sortir. J'étais le seul à être sorti, parce qu'il a estimé qu'on ne courait pas. Moi, je n'étais pas d'accord avec lui, ce n'était pas ça le problème. S'il avait été un peu patient, je pense qu'on aurait marqué parce que tous les deux, on pesait quand même sur la défense adverse. J'ai toujours senti que je n'ai jamais vraiment eu cette confiance de l'entraîneur. Lui, il ne voulait absolument pas changer son équipe. J'étais de plus en plus étonné du peu de temps de jeu qu'il m'offrait.

Tu veux dire que pour toi, c'est plus la presse que Weiler qui te met sur le terrain contre Westerlo ?

HARBAOUI : Mais oui, c'est sûr. C'était plus fort que lui, il avait la pression de tout le monde. Il a essayé, mais il n'a pas été patient. Moi, j'estimais qu'Anderlecht était une équipe très offensive, qui doit toujours jouer vers l'avant. C'était son choix, et je l'ai accepté. Je n'étais pas frustré, au contraire, j'étais peut-être même trop relax. J'étais surtout étonné après le match d'Ostende parce qu'il reste peu de temps quand je rentre, on est mené 0-1 à domicile et en cinq minutes, je ramène un penalty de nulle part. Je pars en équipe nationale, je reviens, puis je ne joue plus. Je me retrouve même dans les tribunes contre le Standard.

Et c'est Deschacht qui finit le match en pointe.

HARBAOUI : Il y a des entraîneurs qui ont des couilles, qui ont du caractère, et d'autres qui n'en ont pas. Et voilà, c'est tout. Weiler, par rapport à moi, il n'avait pas de couilles, ça je le dis. Je n'ai pas apprécié sa manière d'être, parce que moi j'ai toujours été un homme avec les gens. J'ai toujours été correct. Je n'ai pas parlé sur lui comme il l'a fait dans la presse. C'est sa façon d'être, et moi j'en ai une autre. Mais bon, j'ai respecté ses choix, j'ai continué à m'entraîner, j'ai aidé l'équipe réserve à gagner des matches... Je suis resté professionnel jusqu'au dernier jour, ça tout Anderlecht peut vous le dire. Et je n'ai aucune rancune. Je sais qu'on ne peut pas plaire à tout le monde.

Par Guillaume Gautier

Retrouvez l'intégralité de l'interview de Hamdi Harbaoui dans votre Sport/Foot Magazine

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