Marc Degryse
Opinion

31/10/17 à 14:00 - Mise à jour à 14:30

VAR, un premier bilan en forme de flop

Pour Marc Degryse, le chroniqueur de Sport/Foot Magazine, l'arbitrage vidéo est encore loin d'être au point.

VAR, un premier bilan en forme de flop

Y'a quelqu'un ? © belgaimage

Après 13 journées, on ne peut pas dire que le test de l'arbitrage vidéo soit une réussite. Il y a eu des soucis dès les premiers matches de la saison et ça ne s'arrange pas. Ce week-end encore, ça a bien discuté autour du VAR. Comme si le système n'arrivait toujours pas à progresser.

Déjà, il y a des questions essentielles à se poser, au-delà des phases sur lesquelles on peut remettre le VAR en question. Le système n'est pas présent sur tous les matches. Je me doute que c'est impossible, d'un point de vue pratique, de l'installer déjà partout en D1A, chaque week-end. Mais ce n'est pas normal qu'aussi peu de matches soient concernés.

Et puis, alors qu'on sera bientôt à la moitié de la phase classique, on ne comprend toujours pas l'importance et le pouvoir exact de décision de l'arbitre vidéo. Ce qu'on a vu dans le match Charleroi - Gand est saisissant. Sébastien Delferière était arbitre principal. Notre meilleur arbitre. Mais sur des phases sensibles, il n'estime pas utile d'aller jusqu'à l'écran pour se faire une opinion. Il estime que ce n'est pas nécessaire et il prend les mauvaises décisions. CQFD : à quoi a servi l'installation du VAR dans ce match ?

Je vais revenir plus loin sur le comportement de personnes comme Ivan De Witte, Michel Louwagie et Yves Vanderhaeghe, je ne suis évidemment pas d'accord avec tout ce qu'ils disent et tout ce qu'ils font dans les moments chauds, mais il y a un point sur lequel je suis d'accord avec eux : prévoir le VAR sur un match pour ne pas en faire une vraie utilisation, ça n'a aucun sens. Si notre meilleur arbitre estime qu'il n'a pas besoin du VAR... alors il faut supprimer le VAR !

On n'éliminera jamais les erreurs d'interprétation. Mais il y a clairement des situations dans lesquelles l'assistance vidéo peut être bénéfique. À condition qu'elle soit bien utilisée, et donc, là-dessus, j'ai des doutes. Le VAR, j'y crois toujours mais il y a encore pas mal d'adaptations à faire.

Je reviens à De Witte, à Louwagie, à Vanderhaeghe et à d'autres... Et l'arbitrage est toujours concerné. On vient encore d'avoir de sacrés dérapages. Même si l'arbitre s'est trompé et a pénalisé son club, est-ce qu'un homme du statut de Michel Louwagie a le droit de s'exciter publiquement comme il l'a fait à Charleroi ? Non !

Et puis, peut-être plus grave encore, il y a eu le nouveau show de Laszlo Bölöni et Ricardo Sa Pinto dans un Antwerp - Standard qui sentait la poudre. Ils n'ont pas attendu que le match soit fort avancé pour mettre la gomme. Ils gesticulent, ils crient, ils critiquent, ils mettent la pression, ça devient pathétique. On avait déjà vu le style Bölöni quelques jours plus tôt dans le match à Bruges, il a remis ça. Et quand il fait semblant de ne pas comprendre pourquoi l'arbitre l'envoie en tribune...

Il le fait exprès ou quoi ? Et le plus inquiétant, c'est qu'il ne s'est pas arrêté là. La conférence de presse de Bölöni et Sa Pinto, c'était du surréalisme en plein. Avec une cible commune : les arbitres. Là, Bölöni a encore franchi les limites de l'acceptable en sous-entendant que les grands clubs étaient systématiquement favorisés. Donc, il mettait en doute l'honnêteté, l'intégrité des arbitres. Si tu t'exprimes comme ça en Premier League ou en NBA, tu passes à la caisse. Tu prends une très grosse amende. Elle ne te fait peut-être pas très mal, vu ton salaire, mais elle est symbolique pour le grand public. Ici, on condamne Bölöni à une sanction de 1.000 euros, dont 500 avec sursis. C'est ridicule.

Pendant ce temps-là, on a deux jeunes entraîneurs débutants qui travaillent aussi avec une grosse pression parce qu'ils n'ont pas nécessairement un noyau, sur le papier, pour viser une saison tranquille : Philippe Clement à Waasland Beveren et Jonas De Roeck à Saint-Trond. Mais ils sont cool, relax, et je ne pense pas qu'ils aient déjà fait une seule déclaration négative depuis qu'ils sont là-bas. Quel contraste ! Rafraîchissant !

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