" Van Buyten et moi, on se reverra, mais là c'est trop tôt "

21/03/17 à 14:00 - Mise à jour à 15:26

Source: Sportmagazine

La saison du Standard, le cas Adrien Trebel, sa relation avec Daniel Van Buyten : Olivier Renard s'est confié à Sport/Foot Magazine. Extraits.

" Van Buyten et moi, on se reverra, mais là c'est trop tôt "

"On n'a pas fait une erreur en laissant partir Trebel, on n'avait pas le choix !" © BELGAIMAGE- CHRISTOPHE KETELS

" Le plus frustrant, c'est de terminer à la neuvième place, à dix points des play-offs 1, avec plein de joueurs que des bons clubs aimeraient avoir. Des joueurs pour lesquels il y a des offres. Et pas des offres à 100.000 euros, hein ! "

La pilule ne passe pas. Pourtant, ces infâmes play-offs 2, il va falloir les jouer. Et y montrer quelque chose, de préférence. Olivier Renard nous accueille pour un entretien grande taille et tout en franchise.

Tu n'étais pas fan de la mentalité d'Adrien Trebel. Mais avec Trebel dans l'équipe après la trêve, le résultat est peut-être différent ?

RENARD : C'était un joueur plus qu'intéressant pour nous, un chaînon important. Quelques jours avant son départ, je lui ai dit que je le considérais comme un des meilleurs 8 du championnat. D'ailleurs, son départ a créé beaucoup de vagues. Sur le terrain, à l'intérieur du club, à l'extérieur.

Mais sa mentalité...

RENARD : Il n'y a pas que moi qui n'étais pas fan. C'était le club entier, le groupe. Je suis très proche du vestiaire, j'avais des retours. Maintenant, ce qui est bizarre, c'est que tu fais ton mercato avec l'objectif de réinstaller une bonne mentalité, et après ça, c'est encore pire au niveau de la cohésion !

Avec le recul, tu ne dis pas que vous avez fait une erreur en le laissant partir ?

RENARD : Mais on n'avait pas le choix ! Je sais qu'on a donné un mauvais signal en le laissant partir après son boycott du stage, je ne suis pas fou. Mais on n'est pas Manchester City. Trebel avait une certaine valeur financière, on ne pouvait pas se permettre de l'écarter. Parce qu'alors, on perdait tout. À City, tu le mets deux mois en U21, et ça, c'est un très bon signal que tu envoies au noyau. Et puis, en stage, le groupe m'a fait comprendre qu'il ne voulait pas que Trebel revienne. Maintenant, je suis persuadé que la situation sportive l'a influencé dans sa décision d'aller au clash. Si on est dans le top 6 fin décembre, je pense qu'il ne fait pas ça. Enfin bon, à partir du moment où il avait décidé de s'en aller, on préférait qu'il aille à Anderlecht plutôt qu'à Gand...

Adrien Trebel avec le maillot du Standard.

Adrien Trebel avec le maillot du Standard. © BELGA

Les supporters n'ont pas le même raisonnement !

RENARD : Attention, on ne l'a pas influencé dans son choix. C'est lui seul qui a décidé au dernier moment d'aller à droite alors qu'on l'attendait à gauche pour la signature. Je comprends que pour un supporter du Standard, c'est toujours une catastrophe de voir un bon joueur filer à Anderlecht. Notre capitaine, en plus. Mais imagine qu'il soit allé à Gand. On était en lutte avec eux. Ils viennent chez nous pour un des derniers matches et Trebel marque le but de la victoire. Les supporters disent quoi ? Qu'est-ce qu'on se prend encore comme critiques ? Et ça, c'est un de mes problèmes.

On est arrivés à un stade, au Standard, où les gens critiquent toutes nos décisions. Tu décides A, tu prends. Tu décides B, tu prends aussi. Trebel est parti dans un club qui était quand même bien devant nous au classement, Anderlecht n'était pas un concurrent direct comme Gand. Je l'ai dit à Trebel : -Si tu vas à Gand, tu les bonifies de 25 %. Ça, c'était dangereux pour nous. Et puis, imagine qu'on batte Bruges à la reprise, qu'on entre dans une spirale positive et qu'on se qualifie pour les play-offs. Qu'est-ce qu'on dit alors à propos Trebel ? Les gens disent qu'on a bien fait de le vendre, que la pomme pourrie est partie. Ce n'était pas une pomme pourrie, mais bon, c'est ce qu'on aurait sans doute entendu. Je te répète que c'est devenu très compliqué de prendre des décisions qui plaisent.

Dès que tu es arrivé, on a dit : Bruno Venanzi, Daniel Van Buyten et Olivier Renard, ça fait une personne en trop. Ça s'est confirmé. On a l'impression qu'à la fin, Van Buyten et toi, vous n'étiez carrément plus d'accord sur rien.

RENARD : On a dit beaucoup de choses, Daniel Van Buyten s'est lâché dans une interview au moment de son licenciement. Je pourrais répondre au cas par cas. Entre nous deux, ça aurait pu exploser. C'est le respect qu'on a toujours l'un pour l'autre qui a permis que ça n'explose pas. Maintenant, dire qu'il y avait une personne en trop... non, je ne suis pas d'accord. Simplement, il aurait peut-être fallu qu'on délimite mieux les responsabilités de chacun. Tu glisses un peu sur le territoire de l'autre, tu prends de la place, ça devient difficile.

Olivier Renard et Daniel Van Buyten.

Olivier Renard et Daniel Van Buyten. © BELGA

Tu n'as jamais été un ami de Ferrera mais tu étais un ami de Van Buyten. Cette amitié-là, c'est terminé. Ce n'est pas ça, le plus malheureux dans l'histoire ?

RENARD : Je laisse passer le temps. Il est trop tôt pour qu'on se revoie parce que la blessure est encore là des deux côtés. Mais on se reverra, c'est sûr pour moi. On n'était plus d'accord mais je le considère toujours comme quelqu'un de bien, avec beaucoup de valeurs. C'est toujours un ami. On se recroisera, on discutera, je sais qu'il y aura du respect des deux côtés.

Par Thomas Bricmont et Pierre Danvoye

Retrouvez l'intégralité de l'interview d'Olivier Renard dans votre Sport/Foot Magazine

Nos partenaires

Ce site utilise des cookies pour améliorer votre expérience d'utilisateur. En continuant à surfer, vous acceptez notre politique de cookies. Plus d'infos