Marc Degryse
Opinion

18/10/16 à 13:27 - Mise à jour à 13:32

Un topper pour convalescents

Pour Marc Degryse, le chroniqueur de Sport/Foot Mgazine, le choc du week-end prochain opposera deux équipes qui font grise mine.

Un topper pour convalescents

Nicolae Stanciu n'a pas encore répondu aux attentes. © BELGA

C'est Bruges - Anderlecht ce week-end et on ne peut pas dire que les deux équipes qui vont se retrouver au Jan Breydel fassent beaucoup rêver en ce moment ! Des deux côtés, c'est poussif, difficile, ça ne tourne pas. Le Club n'a pas été mauvais du tout à Charleroi, le match aurait même dû être plié à son avantage dès la mi-temps, mais quand il y a une transversale, l'un ou l'autre gros raté et un Nicolas Penneteau en forme, ça complique les choses...

Bruges ne méritait pas de perdre, et quand il dit que son équipe n'avait jamais été aussi bonne sur le terrain de Charleroi depuis qu'il est rentré en Belgique, Michel Preud'homme ne raconte pas n'importe quoi. Mais bon, le résultat est là, il y a eu ce but tardif des Carolos qui a suffi, et il y a aussi un Bruges qui présente un bilan indigne de quatre défaites en six matches loin de chez lui. Indigne d'un champion en titre. Charleroi après Ostende, Courtrai et Waasland, ça fait vraiment beaucoup de pas de travers.

Heureusement qu'il y a le tout bon bilan à domicile, sans quoi le Club serait bien loin dans le classement. On peut faire une comparaison avec la saison dernière. L'équipe n'était pas non plus transcendante dans la première ligne droite, mais à ce moment-là, ça semblait calculé. Michel Preud'homme avait bien fait comprendre qu'il la préparait calmement en vue des play-offs.

Cette fois, c'est différent, on ne voit pas de calcul mais un Club qui peine naturellement. Le problème offensif est criant. Si on analyse les statistiques des joueurs censés marquer des buts, ça fait mal. On a des attaquants blessés, d'autres qui recherchent leur forme, d'autres qui ne sont pas du tout en confiance. José Izquierdo, Lior Refaelov, Abdoulay Diaby, Jelle Vossen, Hans Vanaken, c'est combien de buts à eux cinq ?...

Anderlecht ? En tête du championnat ! A part ça... C'est une jolie performance de se retrouver aussi vite à la première place après un mercato agité, avec des arrivées tardives. Mais on ne va retenir que ce résultat brut. Parce que, point de vue jeu, ce n'est toujours pas terrible du tout. On a cru que l'équipe était lancée dès que Nicolae Stanciu a fait ses premiers pas dans notre championnat, tellement il avait été brillant ce jour-là. Mais qu'est-ce qu'on a déchanté entre-temps !

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" Izquierdo, Refaelov, Diaby, Vossen et Vanaken, c'est combien de buts à eux cinq ? Côté mauve, je retiens la méforme persistante de Stanciu. "

Quand on voit toutes les circonstances favorables nécessaires pour battre, à la maison, un adversaire comme Lokeren, on n'est pas rassuré. A côté des joueurs qui n'apportent pas ce qu'on attend d'eux, il y a la recherche toujours pas aboutie d'un système huilé. Uros Spajic et Frank Acheampong comme backs, ça se résume en quatre petits mots : ça ne va pas ! Leur positionnement est insuffisant, leur efficacité défensive est une lacune pour toute l'équipe.

A partir du moment où René Weiler a des soucis chaque fois qu'il pose une défense à quatre, pourquoi n'essaie-t-il pas autre chose ? Pourquoi ne s'inspire-t-il pas de Roberto Martinez qui est subitement passé, avec pas mal de réussite, à un trio central défensif ? Avec Spajic, Bram Nuytinck et Kara Mbodji, ça pourrait marcher. C'est une organisation qui devrait convenir à ces trois joueurs.

Dans ce cas, on peut confier le flanc gauche à Acheampong et le droit à Massimo Bruno. Leander Dendoncker et Youri Tielemans ont assez de qualités pour faire le boulot défensif au milieu. Un système comme celui-là pourrait libérer quelques gars qui semblent chercher leur place dans la disposition actuelle. Je pense à Stanciu, à Sofiane Hanni et d'autres.

Weiler ne doit pas se laisser aveugler par la place de leader. Cet Anderlecht n'est pas suffisant depuis le mois d'août. Maintenant, il risque de faire à Bruges ce qu'il a tenté et réussi au Standard : attendre l'adversaire, miser sur un nul en espérant une victoire s'il y a l'une ou l'autre circonstance favorable.

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