Théo Bongonda : le retour du fils prodigue

16/01/18 à 14:00 - Mise à jour à 14:27
Du Sport/Foot Magazine du 17/01/18

Trois ans après son départ, Théo Bongonda (22 ans) revient à Zulte Waregem, pour y relancer sa carrière.

Théo Bongonda : le retour du fils prodigue

Théo Bongonda face au Barça avec le Celta Vigo. © belgaimage

Francky Dury a réagi avec beaucoup de nervosité à Marbella, à propos du dossier Théo Bongonda. Zulte Waregem avait un accord avec le Celta Vigo pour louer le Belge six mois, avec une option d'achat acceptable, mais Trabzonspor, auquel le club espagnol le louait pour la saison, a tardé à donner son fiat. Du coup, les règlements de la FIFA empêchaient Bongonda de s'entraîner (officiellement), ne serait-ce que parce qu'il n'était pas assuré.

Les vacances de ski du président de Trabzonspor, qui devait signer le document, semblaient très longues. D'après des sources turques, c'était surtout dû à un contentieux financier entre le joueur et le club. Trabzon n'est en effet pas satisfait de Bongonda, qu'il a loué pour 400.000 euros plus un salaire brut d'un million d'euros, prime à la signature comprise.

Après un accueil royal à l'aéroport, le Belge a été remplacé à la 69e de son premier match, après des débuts agités. En août, il est entré au jeu pour quatre minutes et a été remplacé une autre fois après 57 minutes. Hormis 83 minutes en trois matches de coupe, Bongonda a ensuite été écarté, après des frictions avec l'entraîneur, Ersun Yanal.

Ce n'est pas neuf : l'extérieur avait déjà eu des problèmes au Celta Vigo. Le club l'a acheté début 2015 pour 1,25 million plus 15 % en cas de revente. L'argent était bienvenu à Zulte. C'était même beaucoup pour un joueur de 19 ans qui n'avait disputé que 35 % du temps de jeu de la saison. Le Wallon n'avait pu continuer sur la lancée de ses brillants PO1 en 2013-2014. La saison suivante, durant laquelle Zulte Waregem a longtemps été en bas de tableau, sa VO2Max baisse. En outre, son jeu de plus en plus égoïste et son manque de professionnalisme ont excédé Dury.

Pourtant, le Celta, un club-formateur, croyait dans les qualités offensives de Bongonda. Il est entré au jeu à huit reprises durant son premier semestre et a été titularisé 14 puis 16 fois (sur 38) en 2015-2016 et en 2016-2017. Puis il est tombé en disgrâce. À cause d'un rendement trop faible (cinq buts et neuf assists en 77 matches) mais surtout à cause de son comportement en dehors du terrain : il a abusé de sa Porsche et de ses euros dans la vie nocturne, suivant trop les traces de John Guidetti, l'ancienne star du Celta. Il est souvent entré en conflit avec le coach, Eduardo Berizzo, comme avec les supporters.

Durant l'été 2016, Bongonda a aussi rompu avec ses pères footballistiques, Thomas Caers, qui l'a formé à la JMG Academy de Tongerlo, et Jesse De Preter, le manager qui l'a amené gratuitement à Waregem en janvier 2013, pour s'associer au manager Fouad Ben Kouider. À la grande déception de Caers, qui n'a longtemps plus eu de nouvelles de Théo mais a fini par le convaincre, dit-il, de revenir à Zulte Waregem. Il dit que Bongonda a absolument besoin d'un bon accompagnement et de temps de jeu. Reste à voir si Caers et Dury parviendront à ramener le fils prodigue sur le bon chemin.

Par Jonas Creteur

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