Standard : le bordel était bien réel !

01/10/15 à 11:00 - Mise à jour à 10:56

Source: Sportmagazine

Au-delà de la supposée affaire de corruption, le chaos régnait la saison dernière dans le vestiaire du Standard.

Standard : le bordel était bien réel !

Le Standard de Liège. © BELGA

"On apprend de ses erreurs", doit tenter de positiver aujourd'hui le jeune président, Bruno Venanzi. Car en ce début de mois de septembre, le nouveau king de Liège a multiplié les boulettes d'envergure. Il y eut ce clash contre Roland Duchâtelet lors d'une interview accordée au magazine économique Trends-Tendances mais surtout cette incompréhensible sortie médiatique dans l'émission Carrément Steph ! Une communication qui n'a fait que rajouter de l'huile sur un feu pourtant bien alimenté depuis le début de saison calamiteux du Standard. Toute cette agitation médiatique aurait pu être évitée si Venanzi s'était rendu, comme cela était initialement prévu, à l'émission de Stéphane Pauwels une semaine plus tôt. La rumeur de corruption de l'un de ses joueurs n'est arrivée à ses oreilles que quelques jours avant l'émission. Mais cela n'explique toujours pas la volonté de balancer une telle bombe. Voulait-il montrer à son vestiaire réputé difficile qu'il était au courant des moindres agissements ? Cette justification serait la moins loufoque.

Là où on ne peut pas donner tort à un président, particulièrement surexcité par le rachat du club de son coeur, c'est que le foutoir était bien réel la saison dernière. Trois joueurs cadres qui arrivaient continuellement en retard, un capitaine qui brossait les obligations "commerciales", des joueurs qui tapotaient sur leur gsm quelques minutes avant de monter sur le terrain, trois joueurs du noyau que l'on retrouve en boîte de nuit jusqu'à six heures du matin trois jours avant d'affronter Charleroi pour le match décisif des play-offs, etc. Le déficit était aussi structurel ; des joueurs arrivant par exemple en test de l'étranger qui ne trouvaient personne pour les accueillir.

Le choix de Slavo Muslin avait pour but de remettre dans l'ordre et faire régner la discipline. Mais un travail physique d'un autre temps, un entraîneur adjoint qui ne parle ni anglais, ni français ou l'incompréhension tactique des joueurs devant les choix de Muslin ont mis rapidement un terme à la prise de pouvoir du Serbe. Désormais il faut tout reconstruire. Une tâche particulièrement complexe pour Yannick Ferrera et cette nouvelle direction qui préfère aujourd'hui se muer dans le silence depuis ce communiqué : "Face à la gravité des faits et à l'ampleur du préjudice causé, le Standard de Liège a estimé indispensable de confier le dossier à la justice afin qu'une enquête impartiale soit menée pour établir de manière indiscutable la véracité des faits et l'identité des personnes concernées." En espérant pour l'image du club et la crédibilité de son président que toute cette histoire n'accouche pas d'une souris.

Par Thomas Bricmont

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