Standard : ce qui a changé et ce qui va changer

09/11/15 à 17:04 - Mise à jour à 17:03

Source: Sportmagazine

Après le chaos du début de saison, on commence à y voir plus clair du côté de Sclessin. Explication d'un début de métamorphose.

Standard : ce qui a changé et ce qui va changer

En quelques semaines, Yannick Ferrera a su se faire respecter au sein d'un vestiaire difficile. © BELGA

Le Standard n'est définitivement pas un club comme les autres. Ou alors comment expliquer qu'au milieu de résultats historiquement catastrophiques du début de saison, on trouve trace de succès à Charleroi et face à Anderlecht. Comment expliquer également qu'un joueur soupçonné par son président d'avoir corrompu son ex-coach soit devenu deux mois plus tard le héros du Clasico.

Le flou Legear

La situation de Jonathan Legear est peut-être la parfaite illustration des errements du Standard depuis ce début de saison. Pour rappel, Legear avait été revalorisé en juin dernier avant d'être sali dans la presse début septembre peu après la sortie rocambolesque de Bruno Venanzi dans l'émission Carrément Steph.

Aujourd'hui, le Liégeois a pris une revanche éclatante sur un été indien tumultueux. Mais la hache de guerre est loin d'être enterrée entre Legear et sa direction qui l'empêche toujours, et de façon assez incompréhensive, de s'exprimer dans les médias. Un rapprochement entre les deux parties devra être trouvé prochainement, au risque d'un départ dès janvier.

Le retour aux affaires de Legear n'est, par contre, qu'une demi-surprise. Depuis deux semaines, la montée en puissance de l'ex-Anderlechtois à l'entraînement sautait aux yeux de tous. Son vécu et son efficacité sont les bienvenus dans un effectif où d'autres retours devraient renforcer l'effectif.

Celui d'Alexander Scholz, notamment, qui a regoûté aux terrains la semaine dernière et s'est rapidement fait remarquer par sa faculté à diriger ses partenaires, ce que ni Jorge Texeira, ni Dino Arlanagic ne sont en mesure de faire. Eyong Enoh est également attendu et pourrait même envoyer Adrien Trebel sur le banc, lui dont les dernières prestations sont très éloignées de celles de l'an dernier et qui s'expliquent notamment par des douleurs aux adducteurs. A l'inverse, et malgré sa perte de balle coupable à Saint-Trond, Sambou Yatabaré sera difficile à déloger, surtout au coeur d'une équipe qui pense aujourd'hui à prendre des points avant de produire un jeu plus ambitieux.

L'infatigable milieu de terrain franco-malien, qui s'était rendu une première fois à Sclessin il y a quatre ans pour y parapher un contrat avant de se rétracter et de bondir sur l'offre de Monaco, semble aujourd'hui faire figure d'incontournable.

L'inconnue devant

Christian Brüls a également marqué des points lors de ces deux dernières montées au jeu (à Saint-Trond et face à Anderlecht). De la concurrence nouvelle donc pour Anthony Knockaert qui devrait l'obliger à garder les pieds sur terre alors que la cote de Matthieu Dossevi monte en flèche grâce à sa qualité technique et sa faculté à percuter. Devant, par contre, c'est toujours la grande inconnue. Après le match à Saint-Trond, Ferrera a fait comprendre à ses attaquants qu'aucun élément ne se dégageait pour le rôle de neuf. Ce qui explique, en partie, pourquoi Mohamed Yattara est passé en moins d'une semaine du statut de titulaire à une place en tribune.

Benjamin Tetteh pourrait très bien mettre tout le monde d'accord. Du côté de Sclessin, ils sont nombreux à être persuadés que malgré son jeune âge, le Ghanéen est l'attaquant qui possède le plus gros potentiel et est l'un des seuls à apporter de la profondeur, une donne particulièrement utile pour une équipe qui joue aujourd'hui assez bas. Le contraste est saisissant avec les débuts de Ferrera, qui s'était montré trop ambitieux lors de sa prise de fonction. Après le match amical d'il y a un mois à Düsseldorf (défaite 3-2) où sa défense avait une nouvelle fois pris l'eau, Ferrera a tourné le bouton et est en revenu aux basiques, à savoir une défense solide et rigoureuse.

Knockaert recadré

Si sa tactique trop frileuse à Saint-Trond a été un échec et mal comprise par une partie du groupe, le coach bruxellois a préparé son Clasico en semaine en misant sur un gros travail de récupération. La consigne étant de laisser le ballon à Anderlecht et d'exercer un pressing dès que l'un des éléments du trio du milieu (Dendoncker-Tielemans-Defour) entrait en possession du cuir dans la moitié de terrain du Standard.

Une tactique non-concluante en première mi-temps, où Defour jouissait de trop de liberté et qui explique le retrait à la pause de Renaud Emond qui, comme Knockaert, n'était pas à la hauteur dans leur travail défensif.

Malgré son manque de planches, Ferrera a su en quelques semaines se faire respecter au milieu d'un vestiaire difficile, n'hésitant pas à remettre régulièrement les joueurs à leur place. Ferrera a également pris une décision forte auprès de Knockaert après que ce dernier eut refusé de s'aligner lors du match amical Seraing-Standard du 10 octobre prétextant une blessure.

Une semaine plus tard, le remuant Français était écarté du onze qui devait affronter Westerlo. Depuis ce jour, les joueurs ont compris que les choses avaient changé au Standard et qu'il serait difficile d'y faire sa loi comme l'an dernier où un joueur avait snobé un entraînement la veille d'une rencontre de play-offs et avait imposé d'être titulaire le lendemain.

Dès la nomination de Ferrera, la direction a également fait passer le message que cette fois ce ne serait plus le coach qui payerait les conséquences de mauvais résultats mais bien les joueurs.

L'influence d'Henrotay

Au Standard, les choses évoluent sur le terrain mais également en coulisses. Lors du déplacement d'Anderlecht à Tottenham, la presse a fait écho au même moment du trip londonien du trio Venanzi-Van Buyten-Henrotay parti à la rencontre du président de Tottenham, Daniel Levy et du directeur technique de Chelsea, Michael Emenalo, avec qui l'agent, Christophe Henrotay a plusieurs fois traité précédemment.

Si l'agent historique et ami de Daniel Van Buyten, mais aussi proche de Bruno Venanzi, tente de rester le plus discret possible, son ombre est de plus en plus présente du côté de l'Académie. On a pu l'apercevoir observer l'entraînement des pros alors qu'il est très attentif aux prestations des U21 du Standard.

La marque de fabrique de Christophe Henrotay est d'attirer le blé en herbe très tôt, à l'image des coups qu'il a réalisés au préalable du côté de Neerpede (Tielemans, Lukaku, Musonda). Si Henrotay s'est naturellement rapproché du côté de Sclessin, il reste également présent à Anderlecht puisqu'il vient de mettre la main sur Wout Faes, capitaine des U17 aux derniers championnats du monde.

Aujourd'hui, les connexions d'Henrotay ont permis le départ de Geoffrey Mujangi Bia et ont facilité la venue du duo Dossevi-Yatabaré (arrivé en prêt de l'Olympiakos par l'intermédiaire d'autres agents) mais son empreinte devrait être renforcée à l'avenir.

S'il n'a pas encore de fonction officielle, Big Dan prend lui aussi de plus en plus de place à Sclessin. Sudpresse a annoncé que l'ex-joueur du Bayern Munich touchait 500.000 euros brut par an, un montant très important alors qu'en comparaison Axel Lawarée, le directeur technique officiel, tourne autour des 8000 euros brut mensuels. Une différence de traitement évidente qui devrait amener Lawarée à occuper à l'avenir une position moins en vue.

Par Thomas Bricmont

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