" Si j'avais triché, je n'aurais eu aucun problème à accepter mon licenciement "

13/12/16 à 14:09 - Mise à jour à 14:19

Source: Sportmagazine

L'incompréhension, la colère, la détermination. Laurent Henkinet passe par tous les sentiments depuis son licenciement. Pour la première fois, il se livre. A coeur ouvert.

" Si j'avais triché, je n'aurais eu aucun problème à accepter mon licenciement "

Laurent Henkinet est désormais sans club. © BELGAIMAGE

Le 28 septembre, le club du Freethiel licencie le portier de 24 ans pour " faute grave " à 21 salaires du terme de son contrat. La cause ? Un pari avoisinant les 5 euros sur une victoire des siens. La Commission des jeux cite aussi Olivier Deschacht, Knowledge Musona et Tuur Dierckx. Seul l'Anderlechtois a joué la défaite. Mais seul Henkinet est remercié. Une situation qu'il ne digère toujours pas.

Deschacht, Dierckx et Musona ont tous été soutenus par leur club, pas toi. Comment tu te sens par rapport à ça ?

HENKINET : J'en veux à mon ancien club. J'ai envie de dire à ses dirigeants qu'ils auraient au moins pu attendre la fin de l'enquête. A ce moment-là, si vraiment j'avais triché, je n'aurais eu aucun problème à accepter mon licenciement. Ils ont dit vouloir m'aider malgré tout, mais je n'ai toujours rien vu venir. J'ai du respect pour les joueurs, le staff, les supporters de ce club. Mais la direction a trouvé une excuse. Je suis libre et je n'ai plus rien à perdre. Je ne me laisserai pas faire. Je pense que Waasland-Beveren s'en foutait même que j'ai pu parier sur eux.

Selon toi, c'était un prétexte pour te licencier ?

HENKINET : Quand on en a parlé, ils n'étaient pas choqués. Ils m'ont dit qu'ils allaient régler ça. A partir du moment où ils prennent LaszloKöteles le 30 août (arrivé en prêt de Genk, ndlr), à un jour de la fin du mercato, c'était déjà compliqué pour moi de me retourner. A partir du moment où le club a quatre gardiens, une affaire comme celle-ci devient le bon moyen de faire sauter un salaire.

Parier sur son équipe n'est pas éthique, quelle que soit la mise.

HENKINET : Je reconnais ma faute et la payerai. Je suis le premier à être droit dans mes bottes. Tout le monde a trouvé la nouvelle choquante parce qu'elle m'arrivait à moi. Si j'étais un gamin de merde, si je foutais le bordel dans les clubs, si les coaches ne m'aimaient pas, ça pouvait se comprendre. Mais j'ai toujours eu une bonne mentalité.

En gros, tu te sens fautif mais pas coupable...

HENKINET : Je ne me sens pas coupable d'avoir falsifié quelque chose. C'est une simple erreur contractuelle pour laquelle j'étais prêt à payer et à m'excuser. Quand on me licencie pour " faute grave ", je n'ai même pas le droit au chômage. Tu rentres chez toi avec zéro euro tous les mois. Derrière, j'ai un prêt de maison sur 20 ans et un fils qui arrive dans deux mois...

Tu te sens aussi fautif par rapport à tes proches ?

HENKINET : Non. Mes proches savent qui je suis et sont tout autant révoltés que moi. Je n'ai rien fait de mal. On est plus dans l'injustice qu'autre chose. Je suis encore plus déterminé pour revenir, parce que je veux revenir et je sais que je vais revenir au plus haut niveau. Je ne suis pas abattu, au contraire. Cette épreuve m'a renforcé. Je me promène dans ma ville, les gens me regardent bizarrement... (Il souffle) Mais je marche la tête haute.

Tu comprends le regard des gens ?

HENKINET : Bien sûr. Le premier jour où l'affaire est sortie, j'ai été dans le vestiaire des coaches pour m'excuser. C'est un problème éthique, certes, mais il ne se résume pas qu'à quatre joueurs. Il faut arrêter de penser qu'on a mis les malfrats en prison.

Par Nicolas Taiana

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