Sébastien Delferière : " Un clasico ou un topper sera toujours compliqué! "

29/06/17 à 14:00 - Mise à jour à 13:34

Source: Sportmagazine

La Champions League, le semi-professionnalisme, la vidéo, les pressions, l'arbitre belge numéro un n'élude aucun sujet. Extraits.

Sébastien Delferière : " Un clasico ou un topper sera toujours compliqué! "

Sébastien Delferière, l'arbitre belge n°1. © BELGAIMAGE

Il te reste une étape à franchir pour passer dans la catégorie Elites de l'UEFA et siffler par exemple des matches de poule en Ligue des Champions. C'est jouable ?

DELFERIÈRE : En théorie, oui. J'ai 35 ans, il me reste une dizaine d'années. Ce n'est pas l'objectif mais je serais preneur, évidemment. J'ai déjà sifflé quelques beaux matches en Europa League. À Dortmund, à Villarreal, à la Fiorentina, à Nicosie. J'ai fait des matches qualificatifs pour l'EURO et la Coupe du Monde. Je suis allé en Espagne, en Ukraine, en Russie. Quand tu as arbitré à Dortmund devant 60.000 personnes, quand tu as affronté le Mur Jaune, tu abordes plus facilement les gros matches du championnat de Belgique, tu gères mieux la pression.

Tu fais partie des huit arbitres belges qui deviennent semi-professionnels en juillet. Concrètement, qu'est-ce que ça va changer ?

DELFERIÈRE : Il y a trois ans, j'ai déjà choisi de travailler à temps partiel, à trois cinquièmes temps. J'investis deux jours par semaine dans la préparation des matches et la récupération. Comme sept collègues, je passe à mi-temps, ça ne changera donc pas grand-chose pour moi. Le principal changement, c'est que j'aurai sept collèges qui s'entraîneront deux fois par semaine avec moi. Ce sera plus agréable. On travaille mieux en groupe, on pourra échanger nos idées. Ce n'est pas parce qu'on devient semi-pros qu'on ne fera plus d'erreurs. Mais le niveau va augmenter, j'en suis persuadé. Je sens que mon niveau monte clairement depuis trois ans. Parce que je prends le temps de bien préparer mes matches en analysant les équipes. C'est important, par exemple, de savoir si elles jouent la zone ou l'individuelle, comment elles préparent leur reconversion, comment elles négocient les phases arrêtées. Je sélectionne des images, je fais des découpages, des montages, et je les montre ensuite à mes assistants. On diminue la marge d'erreur. Même si on ne sera jamais au risque d'erreur zéro.

Il y a des matches pourris, sur le papier ?

DELFERIÈRE : Il y a des matches plus tendus que les autres... Tu es presque sûr à l'avance qu'un Standard - Anderlecht ou un Bruges - Anderlecht va être très difficile. Surtout si un joueur est passé d'un club vers l'ennemi. C'est important de savoir à l'avance comment ça risque de se passer et de préparer la bonne réaction à avoir. Tu te prépares à tout, et quand une situation particulière se présente, tu ne dois pas trop réfléchir, tu ouvres directement le bon tiroir. Parce que tu es prêt, parce que tu as anticipé.

La vidéo arrive enfin dans l'arbitrage : content ?

DELFERIÈRE : En 2017, ce serait dommage de s'en priver. C'est une nécessité. On ne doit pas avoir peur que ça découpe les matches, que ça casse le rythme. Parce que la vidéo se limite à quatre situations bien précises : but, penalty, exclusion, carte donnée à un mauvais joueur. Et on n'aura jamais dix situations scabreuses par match. Dans le cas d'un hors-jeu, si l'arbitre vidéo voit qu'il y a effectivement hors-jeu, c'est clair et il ne doit pas appeler l'arbitre principal pour regarder les images avec lui. L'arbitre principal ne sera appelé que pour des décisions de la zone grise, comme on dit dans le milieu. Des situations qui peuvent donner lieu à une interprétation.

Par Pierre Danvoye

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