Marc Degryse
Opinion

11/03/15 à 11:15 - Mise à jour à 11:15

"Pour les play-offs, je suis inquiet de la qualité du jeu"

Pour Marc Degryse, le chroniqueur de Sport/Foot Magazine, quatre facteurs seront déterminants durant les play-offs : la qualité du jeu, la pression, les décisions arbitrales et la tactique.

"Pour les play-offs, je suis inquiet de la qualité du jeu"

L'absence de Victor Vazquez est un coup dur pour la qualité du jeu qui sera déployée durant les play-offs. © BELGA

Si je dois donner mon pronostic pour les play-offs 1 et 3, je dirais que Genk va accrocher le top-6 et que le Lierse et le Cercle vont disputer les PO3. Pourquoi ? Car, le Standard a déjà la tête aux play-offs, il suffit de voir les trois cartes jaunes prises par ses joueurs. Et à cela s'ajoute la blessure d'Imoh Ezekiel. Quant aux PO3, je ne vois pas comment le Cercle va s'en sortir alors qu'il n'arrive pas à marquer un but. Il n'en a inscrit que 19 jusqu'à présent. Mais j'aimerais me projeter et développer les quatre points cruciaux qui vont influencer les play-offs.

1. La qualité du jeu. Quand je vois les blessures de Dennis Praet, Victor Vazquez, Steven Defour, Ezekiel, Pelé Mboyo, je m'inquiète pour la qualité des play-offs. Je pense que cela va influencer la conviction des candidats également. Les matches décisifs vont se jouer sur des détails et s'apparenter à des batailles. Et l'équipe qui émergera sera celle qui parviendra à oser jouer.

2. La pression. Quelle équipe a le moins de pression ? La réponse risque de fournir le nom du champion. Je ne parle pas seulement de la pression extérieure mais également de celle mise à l'intérieur du club. Il va falloir gérer cette pression et on remarque que l'entourage et les joueurs sont de plus en plus nerveux. Par contre, à Anderlecht, je vois un Aleksandar Mitrovic de plus en plus présent dans les grands rendez-vous. Cela ne trompe pas. C'est le signe d'un grand joueur. Ceux-ci sont toujours là dans les grands matches. Il marque beaucoup et montre à ceux qui n'en étaient pas persuadés qu'il a des qualités prometteuses pour un attaquant.

3. Les décisions arbitrales. A Mouscron, l'arbitre Jonathan Lardot a fait basculer le match en faveur des Hurlus. A la place du Cercle et de Waasland-Beveren, je ne serais pas trop satisfait. On commence alors à insinuer des choses, ce que je n'aime pas trop. Ce n'est pas la première fois que l'arbitrage est décisif. Durant toute la saison, on a entendu le même refrain. Regardez Genk ! Les Limbourgeois vont sans doute émerger sur le fil et auront bénéficié d'un but fantôme et d'un corner fantôme. Il y a trop souvent eu de mauvaises décisions et le mot incompréhensible est beaucoup trop souvent ressorti. Je trouve que cela a déjà influencé la compétition mais que se passera-t-il si cela se reproduit dans les matches capitaux des play-offs ? Les arbitres, comme certains joueurs, doivent, eux aussi élever leur niveau de jeu ! On parle beaucoup de Bart Vertenten comme de notre prochain numéro un mais je n'ai pas été convaincu par son arbitrage à Bruges. Il n'a certes pas été décisif mais je ne l'ai pas toujours compris.

4. La tactique. Ce sera important mais selon moi pas décisif. Seulement peut-être pour 10 %. Je pars du principe qu'on perd plus facilement un match pour une tactique foireuse qu'on ne le gagne. Mais cela peut permettre aux équipes d'avoir un plan B. Je prends l'exemple du Club Bruges. Contre Charleroi, Michel Preud'homme a utilisé un schéma qu'il estimait, il y a encore un mois, inadapté à son équipe. A Courtrai, il avait critiqué le jeu physique des Courtraisiens mais il a utilisé la même tactique face à Charleroi : un jeu de guerriers avec un entrejeu composé de Claudemir, Timmy Simons et Ruud Vormer, et de longues balles vers Tom De Sutter. Certes, il était privé de nombreux techniciens mais j'espère pour lui et pour les play-offs que ce sera plus technique dans un mois car tu ne gagneras pas à chaque fois de la sorte. Pour gagner, il faut avoir la dominance d'une autre manière. Cependant, cela lui procure une corde en plus à son arc. Il doit simplement espérer alors que De Sutter ne se blesse pas. La question consiste donc à savoir si l'attaquant brugeois est capable de disputer 13 à 15 matches d'affilée d'ici la fin du championnat.

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