Pitroipa : "À Anvers, je reviens sur terre"

08/03/18 à 16:30 - Mise à jour à 16:46

Source: Sportmagazine

En débarquant à l'Antwerp, Jonathan Pitroipa se rappelle aux bons souvenirs du football continental, après un exil de trois ans aux Émirats.

Pitroipa : "À Anvers, je reviens sur terre"

Jonathan Pitroipa : du lourd à Deurne ! © BELGAIMAGE

Jonathan Pitroipa à propos...

...de sa période sans club : "Si je me suis retrouvé sans club, c'est la faute à une blessure lors la dernière CAN. J'aurais pu répondre favorablement à certaines propositions alléchantes par après mais je n'avais plus envie de repartir pour une destination exotique, donc j'ai pris le temps de me retaper et de faire un choix qui me correspondait. Plus proche de ma famille aussi, qui est toujours à Rennes. Et puis, il ne faut pas mésestimer l'impact du discours de László Bölöni et de Lucien (D'Onofrio, ndlr) dans cette décision. Ils m'ont fait comprendre qu'ils allaient me laisser ma chance et j'ai été séduit par le projet. C'était important de me sentir désiré par un club ambitieux. Je comprends que certains peuvent être surpris de me voir débarquer ici mais pour moi, signer à l'Antwerp, c'est avant tout une manière de me remettre en question."

...de son passage aux Emirats : "Cela m'a permis de m'évader, de découvrir un autre univers. J'ai vécu à Abou Dabi et Dubaï ! J'ai disputé la Champions League asiatique, ce sont quand même des choses magnifiques pour moi, l'enfant de Ouagadougou. Même si je suis conscient du côté irréel de ce que j'ai vécu, je suis content de l'avoir fait. En fait, en signant à Anvers, j'ai eu l'impression de revenir sur terre. De revenir à la normalité, après une luxueuse parenthèse de trois ans. Je comprends que certains puissent tomber dans une certaine culture de la nonchalance en signant aux Émirats mais ça n'a jamais été mon cas. Après, c'est normal qu'on m'ait un peu oublié, je comprends cela. Je comprends aussi qu'on ait pu penser que c'était la fin pour moi. Mais non, les Émirats, ce n'est plus forcément une destination qu'on rejoint pour finir sa carrière. Les choses ont bien changé en quelques années, le niveau d'exigence s'est considérablement accentué. Là-bas, on ne veut plus de mercenaires qui débarquent juste pour se remplir les poches, c'est pour ça que beaucoup de joueurs étrangers y font de mauvaises expériences. Parce que si tu n'es pas performant, on va te faire rapidement sentir que tu ne mérites pas ta place."

...de sa courte période à Anderlecht : "En arrivant en Europe, j'ai d'abord débarqué à Auxerre en plein mois de novembre. C'était en 2003. Comme beaucoup de joueurs d'Afrique de l'Ouest, je ne jurais que par la Ligue 1 mais cela n'a finalement pas été plus loin avec l'AJA. Du coup, je suis parti un mois en stage à Anderlecht. Je me souviens, je logeais dans le même immeuble qu'un certain Jonathan Legear. Cela m'a amusé de voir qu'il jouait encore en Belgique, à Saint-Trond, cette saison. D'autant qu'on s'est recroisés en Europa League quelques années plus tard, quand je jouais à Hambourg. Je me souviens aussi que c'étaient les débuts de Romelu Lukaku. On avait eu une théorie spéciale de la part du coach (Bruno Labbadia, ndlr) pour nous briefer sur cet avant belge de 16 ans, forcément encore méconnu. Il avait d'ailleurs marqué un but contre nous. Au Sporting, il y avait aussi un autre Burkinabé en la personne de Lamine Traoré. Sans compter, l'immense star ivoirienne qu'était Aruna Dindane à l'époque. Finalement, là aussi, comme à Auxerre, je n'ai pas eu de suite mais je n'ai jamais su exactement pourquoi."

Par Martin Grimberghs

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