Jacques Sys
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Jacques Sys, rédacteur en chef de Sport/Foot Magazine.
Opinion

05/01/16 à 16:00 - Mise à jour à 16:06

Nouvelle année, vieux problèmes

En 2016 plus que jamais, Marc Wilmots va devoir faire ses preuves à la tête des Diables Rouges.

Nouvelle année, vieux problèmes

Marc Wilmots reçoit son Globe Soccer Award à Dubaï. © AFP

Le Globe Soccer Award qu'a reçu Marc Wilmots juste avant le Nouvel An a beau ne rien représenter, il a permis au sélectionneur de se placer en vitrine. La presse internationale a fait un large écho de cette distinction, sans toujours la remettre dans le contexte du théâtre joué à Dubaï. Le journal italien La Gazzetta dello Sport a sorti une sorte de double interview de Marc Wilmots et du sélectionneur de la Botte, Antonio Conte, lui demandant dans la foulée quels joueurs Azzurri il aimerait adjoindre aux Diables Rouges. Wilmots a parlé des défenseurs de la Juventus et de Marco Verratti, le meneur de jeu du PSG.

Marc Wilmots a été invité à parler de son travail avec les Diables Rouges sur le site de la FIFA. Il a annoncé être ouvert à tout. La seule question est où et quand, a ajouté Wilmots, en insistant qu'il appréciait les projets et pensait toujours à long terme. Jorge Mendes, le manager de Wilmots, qui faisait partie de ce jury peu crédible, aura lu tout ça avec grand plaisir. Impossible de mieux faire la pub de quelqu'un.

Marc Wilmots n'a jamais manqué d'assurance. Le dualisme est pourtant réel: on doute de lui, au pays, alors que la Belgique est numéro un mondial. Il y a quelques semaines, on a demandé au manager gantois Michel Louwagie s'il voyait en Wilmots un successeur à Hein Vanhaezebrouck. Il a finement répondu qu'il devrait d'abord assister à quelques-uns de ses entraînements. Les récits qui circulent sur des séances trop monotones et le caractère répétitif des exercices pendant la Coupe du Monde ont la vie longue.

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Marc Wilmots a été mis en vitrine à Dubaï.

La force de Wilmots, c'est qu'il est capable de faire abstraction de ce genre de choses. Son indépendance financière lui confère une grande sérénité intérieure. Dans les mois à venir, Marc Wilmots va passer un nouvel examen d'importance. Le patriotisme suscité par l'équipe nationale continue à prendre des formes grotesques et nul ne se satisfera de moins qu'une place en finale.

Plus que jamais, Marc Wilmots va devoir faire ses preuves. Malgré le joli parcours signé durant les qualifications, cette levée ultra douée sur le plan technique n'a pas assez progressé en tant qu'équipe. Une série de matches ont été trop mous, ils ont souvent manqué de rythme, de profondeur, de mouvement et d'animation. Trop fréquemment aussi, le groupe a signalé que certaines choses devaient changer. Tout cela a été jeté aux oubliettes quand les Diables Rouges sont devenus premiers du classement FIFA et qu'ensuite, ils ont assez bien joué contre l'Italie, en match amical.

En ces temps où on pense de manière extrême, voyant tout en blanc ou en noir, il suffit pourtant d'un regard plus profond pour constater que les footballeurs qui brillent dans les championnats étrangers obtiennent un rendement insuffisant en équipe nationale. Marc Wilmots n'a jamais fourni de réponse claire quant à sa solution. Il préfère sortir des statistiques. Donc, les anciens problèmes risquent de perdurer en cette nouvelle année.

Tout peut changer très vite. Dans ce magazine, nous établissons un classement des meilleurs footballeurs de Jupiler League, par lignes, sur base de notre classement par points du Top Foot. Il en ressort que William Dutoit (Saint-Trond) est le meilleur gardien, que Nana Asare et Sven Kums, meilleurs défenseur et médian, personnifient la domination de Gand et que Fernando Canasin (KV Ostende) est en tête de liste du côté des attaquants.

Les rapports de force étaient bien différents il y a un an. Matz Sels était alors le meilleur gardien devant Olivier Werner, du Cercle Bruges, et un autre Gantois, Rami Gershon, était en tête des défenseurs. Victor Vazquez précédait Denis Praet dans la ligne médiane et Teddy Chevalier, qui a quitté Courtrai depuis lors, emmenait la liste des avants.

Les étrangers dominent ces classements et pendant la période des transferts, une nouvelle levée de mercenaires va certainement débarquer. Leur afflux est impossible à freiner, depuis des années. Les clubs tentent, pendant cet examen annuel de repêchage, de redresser leurs erreurs. Ils sacrifient systématiquement leur stratégie sur l'autel de la vue à court terme. De ce point de vue, une nouvelle année n'engendre pas un nouveau mode de pensée.

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