Ndongala : " Je devais mourir "

14/10/15 à 10:55 - Mise à jour à 11:06

Source: Sportmagazine

Courtisé par le Standard, Dieumerci Ndongala a pensé à un retour dans son club formateur. Finalement resté à Charleroi, le Belgo-Congolais évoque avec pudeur certaines étapes douloureuses de la Ndongalife.

Ndongala : " Je devais mourir "

Dieumerci Ndongala : "Aujourd'hui, mon enfant est en bonne santé. C'est une preuve que Dieu existe." © BELGAIMAGE

L'homme qui valait dix millions se fait plutôt calme et discret. Entré en douceur dans la salle de presse carolo, il se livre à voix basse, dans un fin mélange de pudeur et de franchise. Comme épris d'une sagesse de Saint qu'il s'est imposée. Ou qui s'est imposée à lui. Quelques éclats de rire, quelques regards dans le vide, rien de plus. Dieumerci Ndongala passe sa main dans ses tresses colorées. Lentement.

Parce que Dieumerci en a des choses à révéler. Parce que la Ndongalife n'a pas toujours été une bénédiction. Souviens-toi l'été dernier.

Après un début de saison mouvementé, on te sent plus investi sur le terrain.

Dieumerci Ndongala : C'est clair que, quand t'as des sollicitations, dans ta tête, ça joue. Tu te poses des questions... Surtout quand ce sont des grands clubs qui s'intéressent à toi. Tu te dis que ça peut être un pas en avant, sportivement comme financièrement. Ça fait partie du plan de carrière d'aller plus haut. Mais maintenant, c'est fini et je n'y pense plus. Je suis concentré à 100% sur Charleroi.

Tu voulais vraiment partir ?

Ndongala : Je ne voulais pas absolument partir mais j'ai quand même voulu discuter avec la direction pour connaître leurs intentions. Mehdi (Bayat, ndlr) m'a appelé et m'a clairement dit que le Standard et Genk étaient intéressés. Il ne voulait laisser partir personne, même avant de vendre Kebano et Dewaest. Et puis, ils sont partis et on a eu une réunion où il m'a fait comprendre qu'il voulait que je reste. Il m'a dit qu'il me ferait part des offres en me donnant son point de vue. Je respecte beaucoup la direction de Charleroi, c'est eux qui m'ont permis de jouer en D1.

Après les ventes de Kebano et Dewaest, il a même dit : " Si on me propose 10 millions pour Ndongala, je refuse ". Tu es conscient du nouveau statut et des nouvelles responsabilités dont tu disposes ?

Ndongala: Oui. La direction me l'a fait comprendre et le coach aussi. Mehdi m'a même surnommé " Monsieur Dix Millions " (il rit). Ça prouve que je grandis et que le club me donne plus de respect et plus d'importance. Il n'y a que comme ça que je peux progresser. On a un nouveau système qui s'est mis en place (4-4-2) et on est en train de voir avec le coach pour que je me sente à l'aise et que je puisse jouer mon meilleur football.

Tu as fini ta formation au Standard mais tu n'as pas réussi à t'imposer en Première. Tu n'avais pas envie de montrer que tu as finalement ta place là-bas ?

Ndongala: En fait, avec le Standard, je pouvais rester... Mais chez les jeunes. Ça ne m'intéressait plus, d'autant plus que la direction avait changée (Duchâtelet est arrivé, ndlr). J'avais besoin d'une expérience professionnelle, de jouer avec des adultes pour pouvoir situer mon niveau. J'avais des contacts avec plusieurs clubs mais ça ne s'est pas fait. C'est comme ça que je me suis retrouvé au Luxembourg (à la Jeunesse Esch, ndlr). Je n'avais pas envie de rester sans club et être cramé.

Quand on me parle du Standard, j'y repense. Je me dis que si j'ai l'occasion d'y retourner par la grande porte et d'exploser tout le bazar là-bas, ça peut être bien aussi. Mais je suis très heureux à Charleroi. Sportivement, on a fait presque pareil qu'eux l'année passée. Et aujourd'hui, on est devant eux au classement. Historiquement, c'est un plus grand club et financièrement, ça aurait été mieux pour moi, mais je n'ai pas de regrets.

Le décès de ton cousin a été une étape douloureuse ?

Ndongala : Oui. Après les play-offs 2 (en 2014, ndlr), j'ai eu un coup de mou et c'est aussi dû à ça. C'est la première fois que je perdais quelqu'un de très proche. Il m'a fallu du temps pour digérer. Maintenant, j'essaye de me servir de cette force-là pour me battre. Il n'y a pas que ça, j'ai eu une naissance compliquée. Je devais mourir. J'ai eu la même expérience il y a quatre mois avec mon fils. Le club était au courant. On lui prédisait le pire, comme moi. Il y avait 90% de chances pour qu'il ne survive pas. Il avait un problème au coeur. J'ai gardé la foi, j'ai prié et j'ai fait confiance à Dieu. Ok, les médecins disent un truc mais, pour moi, c'est Dieu qui aura le dernier mot. Et aujourd'hui, mon enfant est en bonne santé. C'est une preuve que Dieu existe.

Par Nicolas Taiana

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